1 février 2018
Le magazine en ligne de la Gestion Privée Caisse d’Epargne pour vous guider dans vos projets patrimoniaux.
Le commodat ou « prêt à usage » consiste à prêter à une personne physique (particulier) ou morale (entreprise) un bien pendant une durée déterminée, dans des conditions définies par les parties. Une opération qui permet d’encadrer certaines situations et projets patrimoniaux.
Organisé par les articles 1875 à 1879 du Code civil, le commodat (ou « prêt à usage ») est un contrat qui régit le prêt gratuit et temporaire d’un bien déterminé « qui ne se consomme pas par l’usage ». Il ne concerne donc pas les biens « fongibles », comme des sommes d’argent, mais plutôt des meubles ou immeubles. « Il ne s’entend que pour des biens de valeur importante qui ne vont pas se dévaluer, comme des bijoux, des vêtements, du matériel…, explique Maître Guénolé Carlier, notaire à Cambrai. Dans la très grande majorité des cas, cela porte sur des immeubles. »
« L’emprunteur doit être quelqu’un que le prêteur connaît bien : il y a toujours un lien particulier entre les deux », précise le notaire. Ainsi, les cas les plus courants d’utilisation du commodat sont :
Le commodat comporte « trop de conditions à prévoir pour que ce ne soit pas écrit », estime Maître Carlier. Il est donc toujours plus prudent de faire appel à un notaire pour rédiger un tel acte. Le contrat de prêt à usage doit indiquer :
À la différence de la location, le commodat ne prévoit pas forcément de contribution financière de la part de l’emprunteur (loyer, caution…). C’est aussi le propriétaire qui continue de payer la taxe foncière et d’assumer les travaux importants. Cependant, l’emprunteur a des obligations :
L’emprunteur n’étant pas propriétaire du bien, il n’a aucune déclaration fiscale à remplir. C’est le prêteur du bien qui doit, le cas échéant, inscrire sa valeur dans sa déclaration d’impôt sur la fortune immobilière (IFI), en mentionnant l’existence d’un commodat sur ce bien. L’administration fiscale minore alors la valeur du bien, considérant que le propriétaire est privé de son usage (cession temporaire d’usufruit).
En cas de décès du prêteur, ce sont les héritiers qui devront acquitter les droits de succession : ils héritent alors du commodat et sont tenus aux engagements du contrat conclu avec l’emprunteur jusqu’au terme prévu.
Rédaction achevée au 09/09/2013, mise à jour au 21/06/2019 sous réserve d’évolutions de l’actualité économique et financière, ainsi que des dispositions fiscales, juridiques et réglementaires.