Le sprint final est lancé. On serre les dents. On se concentre. Beaucoup de choses peuvent se jouer dans ces derniers miles de courses. Ce n’est pas le moment de divaguer, perdre un podium ou louper une opportunité pour l’accrocher. On donne tout, plus besoin de se ménager. La stratégie est assez simple: tout droit, le plus vite possible, vers Saint Barth. Certes, il y a Barbuda [une île des Antilles, ndlr] sur la route, quelques bascules de vent à négocier, mais dans l’ensemble rien de très compliqué, si ce n’est que ce sont les dernières cartes à jouer. Il n’y aura pas de revanche possible. Tu loupes le dernier coup et l’espoir de podium s’envole pour toujours…
Au bout de trois semaines de course, l’équipage et le bateau font corps. Trois semaines, ça crée des liens! Les bruits du bateau sont familiers, les gestes de son équipier sont sans surprise. Chaque petit grincement du bateau est intégré par l’équipage. Les corps et les esprits sont imprégnés par la glisse du bateau. Il n’y a plus besoin de regarder les instruments pour savoir si le bateau va vite ou pas, il faut écouter ses sensations, elles ne se trompent plus. C’est une belle satisfaction pour le sportif de goûter à cette sensation de cohésion avec son équipier et son bateau.
Les bateaux passeront certainement à proximité de Barbuda. Ils auront le plaisir de revoir un bout de terre. Pour les premiers ce ne sera que des lumières dans le ciel étoilé. Mais la présence de ce petit bout de terre marque fortement les esprits et représentent une rupture avec la grande traversée océanique. Si par bonheur, ils hument les odeurs de cette île tropicale, ils ne seront pas déçus par la surprise de cette réapparition de la vie terrestre. Petit à petit, l’océan disparaît dans le sillage.
Ces dernières heures de course sont riches et intenses. Humainement, sportivement. Chaque sentiment, chaque sensation est décuplée. Il ne faut rien louper de tout cela. Il faut profiter de ces belles dernières heures en mer…
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