A Essaouira, ou Mogador pour les nostalgiques de l’époque coloniale, il y a le bleu du ciel et des volets peints et le blanc des murs des maisons et, parfois, des rares nuages. En mai, il y a le soleil brûlant de cette ville du Maroc déjà méridionale et la douceur océane d’un port de l’Atlantique où le vent souffle parfois avec force et peut apporter une certaine fraîcheur. C’est une ville close par des remparts de couleur ocre clair et mais aussi une cité portuaire donc ouverte, à l’histoire cosmopolite dont il demeure des traces nombreuses, parfois vivantes, toujours vibrantes. Un cimetière chrétien, une église en activité, une des seules du pays, un cimetière juif très émouvant. Essaouira est aux confins du monde du Nord arabe et du Sud berbère, il est vrai, étroitement entremélés au Maroc, au point que la langue berbère est enseignée à l’école, dans l’ensemble du pays. Il y a aussi les traces, de la communauté gnaouas, ces descendants d’esclaves capturés en Afrique noir et qui pratiquent une religion syncrétique, à l’instar du vaudou en Haïti, un mélange d’animisme et d’Islam ici. On croise pas mal de Noirs dans la ville.

Elle a été occupée par les Portugais, des catholiques donc, au Moyen Age. Et les rues de la medina sont, pour une large part, tracées à angle droit, parce que le plan de la ville fut dessiné par un architecte français au 18ème siècle. Et elle fut au 19ème siècle une ville où vivaient plus de juifs que de musulmans. Le Mellah, le quartier juif, porte la trace de l’importance de cette communauté avec son entrelacs d’impasses et de ruelles. Il porte aussi la marque de sa brutale disparition, après la guerre des six jours. Les juifs sont partis abandonnant littéralement leurs maisons, aujourd’hui, plus ou moins en ruines et plus ou moins squattées par des miséreux, des prostituées, des alcoolos…Un petit Bronx maghrébin.
En mai, à Essaouira, on est incontestablement au Maroc. Les touristes sont ici et là mais pas trop nombreux. La medina est le théâtre de l’activité intense d’une ville commerçante d’Afrique du Nord, foisonnante de vie : boucheries, épiceries, marchands de fruits et légumes. Spectacle dont on ne se lasse jamais, ânes portant des charges de poids lourds et hommes poussant des carrioles jouant le même rôle, vieillards en Djellaba à capuches, enfants courant partout, chats sans propriétaire attentionné se nourrissant de ce qu’ils trouvent, etc.…
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La plage, immense, magnifique mais hélas d’une propreté très relative est le théâtre de défoulement de nombreux locaux : les uns, les jeunes hommes jouent au foot comme des Brésiliens tandis que les autres, les jeunes femmes, nous éloignent radicalement du Brésil, eu égard à leurs tenues de plage plutôt couvertes. Les vagues, fortes en certains endroits, attirent les adeptes du kite surf et de planches à voile.
Comme la ville n’est pas étrangère, loin s’en faut, au tourisme, il est possible sur la plage de faire une promenade à dromadaire. Et avouons le, c’est fort agréable surtout en fin de journée quand la lumière s’adoucit, laissant apparaître les reliefs des dunes. Il est aussi possible de ne pas rompre avec la nouvelle tendance ou orientation politique de notre cher pays d’origine : le bling-bling. Il suffit de prendre un thé à la menthe ou un jus d’orange, dans le plus cher hotel de la ville, un magnifique riad, l’Heure bleue, dont la cour est en grande partie occupée par un figuier aux dimensions étonnantes. L’addition paraîtra salée, à l’aune des prix en vigueur ailleurs, mais reste très douce si l’on compare aux prix français, tout cela dans un environnement de très grand luxe.
L’arrière pays de cette ville de pêcheurs et de commerçants est constitué de quelques oasis, lieux enchanteurs, mélange de Normandie et d’Orient. On y voit des vaches, un peu efflanquées, paître une herbe verte, des champs de pommes de terre ou des oliveraies splendides. Loin de l’agitation de la ville, il y règne une douceur et une paix atemporelle.
Notre coup de coeur
Difficile de trouver dans la petite cité fortifiée de Mogador, un hébergement accueillant, pour tout dire propre, et accessible. Le voyageur saoul d'odeurs épicées et fatigué par l'incessant brouhaha de la medina aura donc plaisir à rencontrer Martine. Cette chaleureuse bourguignonne tombée amoureuse du Maroc a ouvert fin 2007 un riad de huit chambres au pied du mur d'enceinte de la ville portuaire. Parfaitement tenu, décoré avec élégance et sobriété, le "cactus bleu" dispose d'une terrasse- sofa pour bronzer à l'abri des (nombreux) regards indiscrets. De merveilleux bouquets de roses, livrés chaque semaine de Marrakech, ajoutent au raffinement de l'endroit. cerise sur le gâteau: Martine, cuisinière hors pair, cuisine pour ses hôtes à la demande.
Le prix des chambres varie en moyenne saison de 35 à 50 euros la nuit petit-déjeuner compris. Compter de l'ordre de 10 euros par personne pour le dîner.
*LE CACTUS BLEU*
Martine* BRANCHE*
11 rue Regraga - Quartier Bab Doukkala / Massira
44000 *ESSAOUIRA * - MAROC
T. Fixe: +212 (0) 24.78.51.87

Commentaires
Frédéric Wilhelm
13H41 17 JUIN 2008
Autres commentaires de l'auteur : il ne m'a pas paru que le texte soit centré sur "Martine la bourguignonne" aussi sympa soit elle. J'aimerais que l'exégète du style "brelo-verlainien" qui se contente de deux lignes qui ne nous transportent pas d'émotion me donne quelques conseils, écrire n'est pas mon métier contrairement à lui, j'imagine, et donc je suis preneur. Enfin, je note cette propension à signer d'un pseudo. Toutes proportions gardées, ça nous rappelle des époques sombres de l'histoire française et conduit à penser que les auteurs de ces critiques brillantes sont probablement français et pas marocains. C'est un trait du caractère national que de flinguer derrière un rideau. Je n'imagine pas les marocains utiliser ce type de procédé (le pseudo) pour critiquer....J'ai rencontré à Essaouira beaucoup de marocains chaleureux, accueillants et généreux, à l'instar des syriens ou des libyens, par exemple, puisque j'ai séjourné assez longuement dans leurs pays respectifs. C'est pourquoi les accusations de bidochonnerie et franchouillardise me font rigoler car elles doivent émaner de grands aventuriers français en charentaise.
frédéric wilhelm
08H44 17 JUIN 2008
Réponse de l'auteur du petit texte : c'était un séjour avec deux petits enfants (2 et 4 ans). Le texte n'a pas la prétention d'être un reportage sur Essaouira. Nulle part il est dit qu'il ne faut pas dormir chez les marocains car, de toute façon, spéculation immobilière aidant, la plupart des hôtels sont tenus par des étrangers, les riads ayant hélas atteint des prix prohibitifs pour la plupart des marocains. Mais avec des enfants, éviter de dormir dans la Medina, présente l'avantage de ne pas avoir de bruits jusqu'à minuit. Quant aux "touristes français veaux abjects", je serai prêt à parier que Hicham, l'auteur est un grand militant antiraciste qui fait ses études ou habite en France. Il n'est pas dit que la plage est dégueulasse mais d'une "propreté très relative", c'est un constat. S'agissant du "colonialisme rampant", ça doit émaner d'une bonne conscience vigilante qui n'a jammais franchi la Porte de la la Villette....Enfin,concernant des projets immobiliers, la Medina étant heureusement protégée par son statut de patrimoine mondial de l'Humanité décerné parl l'Unesco, ça fait très peur. Les très belles côtes d'Essaouira risquent de subir un destin à l'Espagnol, perspective qui glace le sang....
forcemaghreb
17H16 16 JUIN 2008
Je connais ESSAOUIRA pour y avoir séjourné à plusieurs reprises. Par contre, je ne reconnais pas du tout la ville par le commentaire qui nous est présenté. Franchement, parler du Maroc en évoquant une française bourguignonne c'est prendre le touriste pour un amateur. Elle est où l'authenticité du pays avec ses habitants qui en font le charme ? Je n'ai rien contre la brave bourguignonne qui travaille aussi pour le tourisme marocain mais le typique, ce n'est pas d'ignorer l'autochtone avec un mépris néo-colonialiste. Pour terminer positivement, je vous recommanderais un petit restaurant très abordable et typiquement marocain "LA PETITE PERLE", situé dans une rue près de la grande place.
rmo
13H46 16 JUIN 2008
Mal écrit, dégoulinant de néo-colonialisme naïf, l'air de ne pas y toucher, et se prenant pour un brelo-verlaine sans le savoir.
Finalement, il n'y a de bonnes adresses que celles non tenues par des indig... pardon des "locaux"
Nini
13H09 16 JUIN 2008
Quel bonheur de trouver cet article en ce jour de grisaille, ça donne envie de partir tout de suite. J'ajouterai qu'Essaouira est une station très prisée et qu'il est difficile de s'y loger en pleine saison (juillet-août) si on a pas réservé. Mieux vaut prévoir avant (bien qu'on trouve toujours une solution, nombre de particuliers offrant des chambres d'hôtes, très honnêtement). C'est également assez branché et il n'est pas rare de croiser des têtes connues (pour ceux que ça pourrait déranger ou attirer).Mais également beaucoup de surfers et des familles marocaines en vacances. Souvenir prégnant de mon séjour à Essaouira: la lumière, singulière, et la beauté de cette harmonie en bleu et blanc.
On y mange aussi très bien, c'est l'occasion de se délecter des produits de la mer (homard, araignée de mer...) que des pêcheurs vendent sur le port ou la plage à des prix plus ou moins "touristes" (il faut chercher un peu) mais néanmoins très abordables. Enfin, station côtière oblige, il y fait moins chaud qu'à Marrakech. En résumé, c'est vraiment un très bel endroit, mais le Maroc est un merveilleux pays en général.
hicham
11H09 16 JUIN 2008
Effarant le point de vue du françaoui parisien en goguette à Essaouira... Cette plage est si sale, ce quartier ne serait-il pas "un petit Bronx maghrébin", un hébergement digne de ce nom est tellllement difficile à trouver... Heureusement il y a Martine, une bourguignonne, qui nous permet, nous autres franchouillards, de retrouver nos repères chahutés. Vite une adresse d'hôtel-refuge pour nos chers lecteurs-touristes industriels, histoire de se mettre à l'abri "des (nombreux) regards indiscrets". Autre refuge : l'arrière-pays et ses "oasis, lieux enchanteurs, mélange de Normandie et d'Orient". Ouf, un coin qui ressemble à la France... nous voilà sauvés.
En lisant les médias qui les poussent à partir, on comprend mieux pourquoi les touristes français sont considérés comme des veaux abjects !
ps : ce ne sont pas les vagues qui attirent ici kite et planches à voile, la baie étant très abritée de la houle, mais le vent.
ps2 : oubliez Libé et ses remèdes anti-tourista et venez dormir chez des Marocains, histoire que le voyage vous offre quand même autre chose qu'une rencontre avec une bourguignonne, aussi sympathique qu'elle soit.
ps3 : rien sur les projets touristiques et immobiliers consternants dans la zone ? Pour ne pas fâcher l'office du tourisme marocain, futur annonceur ou financeur du voyage ??