Prendre six mois ou un an pour voyager est un choix qui peut se révéler très positif. Tant du point de vue personnel que professionnel. Conseils et adresses utiles.
«J'avais déjà vécu un quart de siècle. C'était le bon moment pour partir.» Comme Julie, 24 ans, et une traversée de l'Amérique au compteur, ils sont de plus en plus nombreux à avoir des fourmis dans les jambes. Comme jadis leurs aînés qui, sac au dos et Guide du routard en poche, s'accordaient six mois pour découvrir l'Inde, le Népal ou l'Amérique latine, les jeunes du XXIe siècle rêvent toujours de grands espaces et de déserts sans fin. Une échappée belle avant de se lancer dans la vie active et ses CDD à répétition. Il faut dire que les choses ont beaucoup évolué en quelques décennies. Aujourd'hui pour l'étudiant désireux de découvrir le monde, les opportunités sont nombreuses : bourse, volontariat européen, travail contre hébergement. Tour d'horizon.
L'argent, nerf du voyage
Europe, Etats-Unis, Asie? Il faut d'abord choisir sa destination. Le choix dépendra grandement de vos économies et du voyage envisagé. «L'essentiel des départs des jeunes se fait de façon spontanée. Librement, ils vont se confronter à d'autres types de vie. On les appelle des "freemovers". Au contraire, les programmes d'échange intégrés dans un cursus sont minoritaires et concernent les écoles d'ingénieur, de commerce et certaines filières universitaires comme le droit», décrit Michel Muller, directeur du Centre d'information et d'orientation des enseignements supérieurs.
Si vous êtes un de ces «freemover», vous n'échapperez pas à la contrainte argent. Première solution, économiser avant le départ. En même temps qu'elle préparait le concours du barreau, Julie a mis de côté pendant une année en France. Elle a ensuite traversé l'Amérique, libre de tout souci matériel.
Deuxième choix, les pays réputés peu chers. Circuler et vivre en Inde, au Laos ou au Cambodge reste très abordable pour de jeunes Européens. Dernière solution, travailler sur place. La destination la plus simple est alors l'Europe, où il n'y a pas besoin de visa pour exercer des petits boulots. Si on se sent l'âme d'un aventurier, on pourra ainsi naviguer au gré des rencontres. Se fixer quelque temps comme professeur de français, serveur dans un restaurant, jeune fille au pair ou guide interprète avant de rebondir vers une autre destination. Hors Union européenne, sachez que vous n'êtes pas censés être embauchés sans le visa adéquat. Au Canada, au Japon, aux Etats-Unis, le Programme vacances travail, ou PVT, permet aux moins de trente ans d'alterner emploi et temps libre. Attention les quotas sont vite remplis.
Choisir son aventure
L'idéal, lorsque l'on part sans contrainte, est de créer un lien dans son périple. Faire un blog, une exposition photos à son retour, monter un partenariat avec une école, écrire ses aventures dans un journal local? A vous de trouver la bonne idée selon vos centres d'intérêts. «Cela permet de conserver une trace, d'éviter un vide et de montrer les compétences développées à ses futurs employeurs», défend le directeur du CIO.
Pour ceux qui ont besoin de donner un sens à leur aventure, d'autres formules plus cadrées existent. Depuis quelques années, le «woofing» se développe. En échange d'aide dans une ferme biologique ou sur des chantiers d'éco-construction, on vous offre logement et nourriture. Le SVE est aussi intéressant (lire encadré). Sans parler des chantiers, de la coopération ou des associations humanitaires (attention aux propositions payantes). Enfin si vous avez un projet d'envergure - la traversée du Kamtchatka, l'observation de la biodiversité sur la canopée amazonienne ou un suivi de projet microfinancé au Tamil Nadu -, n'oubliez pas les bourses de voyage. Toutes ont des critères d'âge et d'attribution différents. La bourse Zellidja pour les moins de 20 ans concerne un premier départ, la Guilde de l'aventure récompense une idée audacieuse, la mairie de Paris accorde également des bourses de 500 à 5000 euros aux Franciliens de moins de 30 ans? Vous trouverez une liste de ces aides sur le site internet Routard.com et au Centre d'information et documentation jeunesse (CIDJ).
Réussir le retour
L'essentiel est de lever l'ancre au bon moment dans sa vie. «Après le bac, c'est déconseillé. C'est le temps des inscriptions. Les bacheliers sont prioritaires pour obtenir une place à l'université, prévient Valérie Montembault, conseillère au CIDJ spécialisée dans les pays européens. Il vaut mieux faire un break à la fin de ses études. Après une licence ou avant de trouver son premier travail, on a déjà acquis un bon niveau, un diplôme. C'est moins perturbant.» De plus, ces initiatives sont de mieux en mieux considérées par les entreprises. «En l'espace de dix ans, les choses ont beaucoup évolué, précise la spécialiste. Après, tout est dans l'art et la manière de présenter son expérience, de la mettre en valeur sur son CV, de la défendre lors d'un entretien.»
Partir c'est apprendre une langue. C'est surtout une ouverture d'esprit, une faculté d'adaptation. Pour Sabine, 25 ans, pas de doute, le voyage a été formateur : «J'ai pris confiance en moi et j'ai gagné l'envie de faire les choses. On se dit que c'est possible si on se donne les moyens.» Même constat pour Julie. Un an après, elle confie : «J'ai mûri. Je me suis construite. Le fait d'y être allée seule, il fallait sans cesse s'assumer. Aujourd'hui les employeurs voient cela d'un bon oeil. Ils trouvent ça courageux. C'est sans conteste un plus sur mon CV.»
Adresses utiles
Le CIDJ peut vous accompagner pour concrétiser votre projet. Il possède des tas de documents, des offres d'emploi (regarder du côté du club Teli qui recense des annonces à l'étranger) et organise des ateliers de préparation. www.cidj.com
Le site des Guides du routard met en ligne des dossiers pratiques pour partir à l'étranger. Il recense les financements possibles. Il peut vous aider à organiser votre voyage au niveau pratique. www.routard.com
L'association Aventures du bout du monde est également une mine d'informations sur le voyage à l'étranger. www.abm.fr
Le SVE, service de volontariat européen. Ce programme se déroule principalement en Europe mais aussi dans quelques autres pays. Il s'adresse aux 18 - 30 ans et ne demande pas de qualification particulière. Il faut juste être motivé car le volontariat n'est pas considéré comme un travail. Les frais sont pris en charge (transport, hébergement, nourriture) mais vous n'êtes pas payés (sauf argent de poche). Pendant plusieurs mois, vous intégrez un organisme non lucratif : un parc naturel, un musée, une association? Les domaines d'activités sont très variés. Ils peuvent concerner l'environnement, le développement durable, la formation, l'art. «Le candidat apprend à organiser et suivre un projet. Il se confronte à d'autres méthodes, défend Oumou Kanté, responsable SVE au CIDJ. Cette expérience apporte une vraie valeur ajoutée dans un parcours scolaire.»
Commentaires
Visiteur
15H06 09 JUIN 2010
Cet été encore, ce sont près de 2 000 bénévoles de 15 nationalités différentes, étudiants ou salariés qui vont choisir de passer des vacances utiles. Autour des chantiers de bénévoles, ils vont découvrir le travail manuel et vivre une expérience inter culturelle inoubliable. Au total, il y a plus de 50 projets de chantiers de bénévoles en Provence Alpes Côte d’Azur.
Qu’il s’agisse de rénover une chapelle, des remparts, un lieu à caractère socio-éducatif, ou encore d’aménager des sentiers de randonnées, collectivités locales et associations ont retenu la formule "Chantiers de bénévoles" comme moyen alternatif de valoriser leur territoire. Ainsi, tout en contribuant au développement local, le chantier offre aux bénévoles une découverte quelque peu différente de la région, à la rencontre de son identité culturelle et de sa population locale.
"Un chantier de bénévoles, c’est l’art d’allier développement local, rencontres et citoyenneté"
Ces projets peuvent être réalisés grâce à l’implication et au soutien financier des Ministères de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale, Ministère de la Culture et de la Communication, de la Région PACA, des conseils généraux ainsi que des communes et associations qui accueillent les chantiers.
Retrouvez la liste des chantiers de bénévoles en PACA sur le site : www.corac.fr
Visiteur
09H51 09 JUIN 2010
Pour partir aux Etats-Unis, il existe ces visas de travail temporaire.
http://www.cidj.com/emploi-etudes-jobs.aspx?docid=2148&catid=4
Mais mieux vaut être rapide !
Visiteur
15H51 08 JUIN 2010
Il n'existe pas de programme vacances travail pour les Etats-Unis similaire au PVT du Canada... Juste comme ça... en passant...
Alex voyageur
14H51 08 JUIN 2010
A prof,
On parle ici de petit boulot temporaire pas de poste à temps plein. Pour avoir déjà donné des cours de Francais à l'étranger, tout le monde a les capacités de donner des cours à un débutant, même sans formation.
Est-ce que tous les étudiants qui donnent des cours de maths en France à des collégiens ont un diplôme d'enseignement? C'est la même chose...
Tinaby
14H50 08 JUIN 2010
Bonjour,
en réponse au commentaire apparament fait par un prof, je dirais qu'il s'agit bien plus certainement du travail d'assistant en langue, que l'on peut trouver en France pour l'Anglais, l'Espagnol, ou encore l'Allemand. En général, ça consiste à un "cours" de 1h/semaine, où on discute simplement avec une personne originaire d'un pays où la langue apprise est la langue nationnale, pour se familiariser avec l'accent et apprendre du vocabulaire supplémentaire.
Pour ce qui est du boulot des profs qualifiés, étant donné que l'article parle de l'étranger, je ne vois pas en quoi ça pose soucis ... à moins que vous n'ayiez étudier la question du chomage des profs de français en Finlande et en Slovaquie ?
Prof
10H42 08 JUIN 2010
Je trouve scandaleux que vous puissiez conseiller de devenir enseignant de français!
Je vous rappelle que des diplômes (FLE) pour cela existent pour une bonne raison: ce n'est pas un métier qui s'improvise.
Enfin, beaucoup d'enseignants qualifiés ont déjà du mal à trouver un emploi, n'allez pas encourager le premier venu à prendre le peu de postes disponibles!
Dernière chose; si vous partez, pensez à la couverture santé...