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Alsace





Après avoir franchi les Vosges, le « Français » découvre, dans un parfum de brioche et de bois, une planète à part, sortie d'un conte de Noël. Sous les sapins des villages ciselés, des vignes, des pignons gothiques, des cigognes, des colombages sous la neige, des kouglofs joufflus et des saucisses plantureuses... Au premier coup d'oeœil, l'Alsace se révèle comme « l'autre Germanie ». La bonne, la charmante, qui fit rêver Nerval et Hugo. Bien vite pourtant, les clichés s'estompent. On découvre que cette terre chaleureuse n'a rien d'une province allemande : elle est née bien avant l'Allemagne. Et elle a brillé durant sa longue histoire. Derrière les icônes de Hansi et l'or moelleux des « vendanges tardives » se profile une communauté inquiète mais soudée dans l'abondance, sans histoires et pourtant torturée par l'histoire. L'Alsace charme, émeut, impressionne. Pour le « Français », elle est une leçon d'optimisme, de courage et de solidarité, une sorte de modèle. L'Alsace, ce n'est plus vraiment la France, mais ce n'est pas l'Allemagne non plus !

Carte d'identité

- Superficie : 8 280 km 2, soit 1,5 % de la métropole.
- Préfecture régionale : Strasbourg.
- Préfectures départementales : Colmar, Strasbourg.
- Population : 1 775 000 hab.
- Densité : 214 hab./km 2.
- PIB/hab. : 214 24 804 €euros
- Population active : 214 824 350.
- Taux de chômage : 214 8,5 %.
- Principaux secteurs d'activité : 214 métallurgie, matériaux de construction, chimie, papier et carton, textile.

Économie

La vigne ne représente que 4,2 % de toutes les cultures. On voit aussi un peu partout des champs de choux et de houblon.
Mais l'Alsace, c'est d'abord l'industrie. Ca a commencé dans les Vosges : le bois alimentait les verreries et les forges, les rivières actionnaient les filatures. Puis l'activité a gagné la plaine. Bien avant Peugeot, le textile a enrichi Mulhouse. Colmar propulse sa réussite sur des roulements américains (Timken) et des pelleteuses allemandes (Liebherr). L'automobile s'est installée à Strasbourg et la pétrochimie sur le Rhin.
Les investisseurs étrangers ont un faible pour l'Alsace. Les Allemands sont les premiers servis : Daimler-Benz au nord, Siemens à Haguenau... Les Japonais, ensuite.
L'Alsace exporte aussi ses hommes. Comme ils sont 70 % à comprendre la langue allemande, les Alsaciens traversent chaque jour la frontière.

Infos pratiques

Adresses utiles

- La Maison de l'Alsace : 39, av. des Champs-Élysées, 75008 Paris. M. : Franklin-D.-Roosevelt. Tél. : 01-53-83-10-10 et 01-42-56-15-94. Ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 20 h et le samedi de 11 h à 17 h. Internet : www.maison-alsace.com .
- Comité régional du tourisme : 20 A, rue Berthe Molly, 68000 Colmar. Tél. : 03-89-24-73-50. Internet : www.tourisme-alsace.fr.
- Agence de développement touristique du Bas-Rhin : 9, rue du Dôme, BP 53, 67061 Strasbourg Cedex. Tél. : 03-88-15-45-80 (infos). Internet : www.tourisme67.com.
- Office du tourisme de Strasbourg :17, pl. de la Cathédrale. Tél. : 03-88-52-28-28. Internet : www.ot-strasbourg.fr. Ouvert 365 jours par an, de 9 h à 19 h.
- Association départementale du tourisme du Haut-Rhin (ADT) : 1, rue Schlumberger, BP 337, 68006 Colmar Cedex. Tél. : 03-89-20-10-68. Internet : www.tourisme68.com.
- Office du tourisme de Colmar :4, rue d'Unterlinden. Tél. : 03-89-20-68-92. Pour le service réservations et visites guidées : 03-89-20-68-95. Internet : www.ot-colmar.fr.Hors saison, ouvert du lundi au samedi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h ; d'avril à juin, en septembre et en octobre, du lundi au samedi de 9 h à 18 h ; en juillet et août, du lundi au samedi de 9 h à 19 h ; toute l'année, le dimanche et les jours fériés de 10 h à 13 h.

Hébergement

Gîtes de France

- Gîtes de France : 59, rue Saint-Lazare, 75009 Paris. M. : Trinité. Tel : 01-49-70-75-75. Internet : www.gites-de-france.fr. Pour commander les brochures.
- Relais départemental des Gîtes de France du Bas-Rhin : 7, pl. des Meuniers, 67000 Strasbourg. Tél. : 03-88-75-56-50. Internet : www.gites67.com. Service de réservation « Loisirs et Tourisme vert en Alsace »

Carte internationale d'étudiant

Elle permet de bénéficier des avantages qu'offre le statut étudiant dans le pays où l'on se trouve. Cette carte ISIC donne droit à des réductions (transports, musées, logements...).
Toutes les infos complémentaires sont sur : www.isic.fr.

Carte (FUAJ) internationale des auberges de jeunesse

Cette carte, valable dans 62 pays, permet de bénéficier des 4 000 auberges de jeunesse du réseau Hostelling International réparties dans le monde entier. Les périodes d'ouverture varient selon les pays et les AJ. À noter, la carte AJ est surtout intéressante en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient (au Japon notamment).
Pour connaître toutes les destinations ainsi que les tarifs et les modalités d'utilisation : www.fuaj.org ou dans tous les points d'information et de réservation FUAJ.

Jours férié

Ce sont les mêmes que dans les autres régions, avec en plus le Vendredi saint et le 26 décembre (Saint-Étienne), qui sont des jours fériés du fait du droit local. Tout est évidemment fermé
Un autre particularisme local : les boulangers ne fabriquent pas de pain le dimanche (à de rares exceptions près, notamment en saison touristique).

Activités

Le Club Vosgien

Une belle aventure que celle du Club Vosgien ! Fédération depuis le 27 mai 1995, il compte 34 000 membres, répartis en 105 sections, entretient près de 16 000 km de sentiers balisés, gère 27 refuges et même le bel hôtel du Grand Ballon, publie des cartes de randonnées très bien faites (en association avec l'Institut géographique national), des guides, une revue trimestrielle, construit des abris, élève des tours-belvédères, organise des excursions et des conférences.
Créé en 1872, deux années à peine après l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne, le Club Vosgien réunissait au départ une bande de bénévoles passionnés par la montagne et la randonnée. Citadins à la recherche d'air pur et de nature, ils habitaient Mulhouse, Colmar et Strasbourg, et rêvaient de grands espaces, de liberté, de loisirs simples et sains. Leur but était également pédagogique : découvrir et faire découvrir aux randonneurs les richesses (paysages, faune, flore...) du massif vosgien jusque-là fermé au grand public.

Noel, une fête bien ancrée !

Le sapin de Noel est né en Alsace

Avant de faire le tour du monde, le sapin de Noël naquit un jour en Alsace. Le sapin avec des pommes accrochées aux branches figurait le pommier, l'arbre de la création. Quand les mystères cessèrent, le sapin ainsi décoré fut adopté dans les salles de réunion des corporations, se métamorphosant du coup en arbre de Noel.
Aux pommes vinrent s'ajouter des hosties, symboles de la naissance du Christ, puis des friandises, des fleurs de papier, etc. Les comptes de la ville de Sélestat en 1521 mentionnent pour la première fois la tradition de couper des sapins pour la fête de Noel.
Progressivement, l'arbre de Noel entra dans la tradition familiale et s'affirma comme une fête pour les enfants. Des gâteaux ( bredele) remplacèrent les hosties. Au XVIIIe siècle apparurent les bougies, puis au XIXe les boules (d'abord en verre). Elles remplacèrent une année les pommes, parce que la récolte avait été mauvaise.
Le sapin de Noël s'exporta bien. D'abord en Allemagne, en Scandinavie, puis en France. De nombreux Alsaciens, fuyant l'annexion, le popularisèrent grandement dans l'Hexagone. Puis, il gagna l'Angleterre, le Nouveau Monde...

Rituels et marchés de Noel

Dès la fin novembre apparaît la couronne de l'Avent, fabriquée avec des branches de sapin, de houx, de laurier, entremêlées de rubans. Dessus, quatre bougies dont une qu'on allumera chaque dimanche. Chaque matin du 1er au 24 décembre, les enfants ouvrent une petite fenêtre de leur calendrier de l'Avent. Une petite image apparaît, parfois un petit chocolat. Fin novembre, on invoquait souvent saint André, censé trouver un mari aux jeunes filles. À partir du 6 novembre, saint Nicolas rend visite aux enfants pour leur demander s'ils ont été sages. Le 26 décembre, la Saint-Étienne est un jour férié en Alsace. C'est ce jour-là que servantes et valets de ferme finissaient leur contrat annuel.

Les 12 jours entre Noel et l'Épiphanie symbolisent les 12 mois de l'année à venir et assurent la transition entre l'ancienne et la nouvelle.

Mais c'est le marché de Noel qui symbolise le mieux la tradition en Alsace. Il existe depuis 500 ans et on en trouve plus d'une quarantaine aujourd'hui. C'est une orgie de lumière, d'animation, de couleurs scintillantes, d'effluves chauds et odorants. Une petite fête magique avant la grande. On vient y faire emplette de son sapin, de guirlandes, friandises, pains d'épice, gâteaux de Noel, crèches et santons, jouets en bois, dans une joie et une bonne humeur extra. Dans les boulangeries, on trouve les mennele (petits bonshommes en brioche), les bredele (gâteaux secs à l'anis ou au beurre) et, dans certains villages, le berawecka.

Fêtes et manifestations

- Festival international de Musique de Strasbourg : en juin. Musique classique. Renseignements : 03-88-32-43-10.
- Musica à Strasbourg : Mi-septembre, début octobre. Festival des musiques d'aujourd'hui. Vingt ans d'existence et près de vingt mille spectateurs chaque année. Tél : 03-88-23-46-46.
- Jazz d'Or à Strasbourg : en novembre. Ça swingue et ça « jamme » à mort pendant le jazz d'Or. Tél : 03-88-36-30-48.
- Festival international de Colmar : tous les ans, la première quinzaine de juillet. Un des plus importants festivals européens de musique classique. Tél. : 03-89-20-68-97. Internet : www.festival-colmar.com.

Marché

- Marché de Noel de Strasbourg : du dernier week-end de novembre à fin décembre, sur la place de Broglie. Une tradition de plus de cinq siècles. Mais le marché original où l'on ne vendait que des décorations de Noël s'est transformé en mégafoire. Attention, foule énorme et des hébergements pris d'assaut.
- Marché de Noel de Colmar : de fin novembre à début janvier. La plus alsacienne des villes alsaciennes se devait d'avoir son marché de Noel. Elle en a même cinq répartis en ville ! Deux marchés de Noël traditionnels, place des Dominicains (avec village de maisonnettes en bois) et place de l'Ancienne-Douane ; un marché pour les enfants, place des Six-Montagnes-Noires ; un marché dédié à la gastronomie et aux saveurs alsaciennes sur la place Jeanne-d'Arc, et enfin un marché artisanal sur le Koifhus.

Culture et traditions

Habitat

Les maisons de plaine, aux toits interminables cuirassés de tuiles en "queue de castor", charpentent leurs torchis par d'étranges assemblages de poutres. Insoupçonnable de l'extérieur, une vaste cour intérieure joue les places publiques domestiques, avec ses hangars, granges, étables et quelques pièces spécifiques comme le fumoir à viande, la distillerie, la cave à vin ou la cave à pommes de terre... Au rez-de-chaussée, la Stub, salle commune chauffée par un grand poêle en faience, concentre l'activité sociale
Cloîtrés dans leurs remparts, les villages viticoles, eux, sont des villes en miniature qui cultivent la prospérité depuis le XVIe siècle. Les blasons à grappe et serpette affichent fièrement la corporation du propriétaire auteur des plus beaux bâtiments de la ville. Les loggias, fenêtres à meneaux, portes sculptées dans du grès rose, l'enduit ocre ou blanc, proclament qu'on est chez un notable. Plus tard, les toits adopteront un style Régence. Devant tant d'opulence débridée, la maison vosgienne joue les Cendrillon. Austère et trapue, adossée à un pan de roche, ses moellons recouverts d'enduit ont pour seul colifichet le linteau de la porte cochère. Le hêtre charpente, le chêne meuble.

Religion

Rendez à Dieu …

L'Alsace est un pays de petits saints. En gros, les protestants sont au nord, les catholiques au sud. Ceux qui sont au milieu font comme ils peuvent... On cite Sainte-Marie-aux-Mines, pour moitié catholique et francophone, pour l'autre protestante et alsaco. Mais chaque village dispose ses quartiers par religion.

Le Concordat conclu en 1801 entre Napoléon et Pie VII

Les prélats sont rétribués par l'État. La France a supprimé le Concordat en 1905, lors de la séparation de l'Église et de l'État. Mais comme l'Alsace, à l'époque, était aux mains des Allemands, le Concordat y est resté... Curés, pasteurs et rabbins sont donc rémunérés par l'État. Idem leurs lieux de culte, sauf ceux bâtis après 1919, et qui sont en fait nombreux...

La soupe aux langues

En Alsace, on parle encore l'alsacien. Né par fusion des idiomes alaman et franc il cousine avec l'alémanique suisse. Si Louis XIV s'en accommoda, les Jacobins - centralisme oblige - l'ont combattu. Napoléon s'en fichait : « Qu'importe s'ils parlent l'allemand », disait-il de ses généraux, « pourvu qu'ils sabrent à la française. »
Les Alsaciens se réjouiront-ils, après 1870, des retrouvailles avec l'allemand ? Non, ils se démarquent en revigorant le dialecte. La nazification tentera la table rase. On proscrit les prénoms français.
En 1945, les Alsaciens délaissent le dialecte. C'est un miracle qu'on le parle encore. Il arrive même qu'on s'emmêle dans les langues : une phrase commencée en dialecte est conclue en français. Il y a aussi la fonction paravent. Secret, l'Alsacien se réfugie derrière le dialecte en présence de Français, mais parle le français devant des Allemands.

Figures célèbres

- Hans Arp : l'un des plus grands sculpteurs du XXe siècle, mais aussi un poète qui trouva dans les Vosges l'inspiration de ses derniers instants.
- Bartholdi : le Colmarien Frédéric-Auguste Bartholdi (1834-1904) reste l'Alsacien le plus célèbre aux États-Unis car il est le créateur (avec l'ingénieur Gustave Eiffel) de la fameuse statue de la Liberté
- Alfred Dreyfus : patriote francophile, né à Mulhouse, le capitaine Dreyfus a le tort d'être juif. Accusé d'espionnage, expédié au bagne et réhabilité douze ans plus tard.
- Jacob Amman : fondateur du mouvement amish, une minorité religieuse puritaine.
- Goethe : Goethe, ce n'est pas seulement Weimar. À 21 ans, il fait le potache à Strasbourg. Il flashe surtout sur la cathédrale, où il voit l'exemple le plus achevé du « génie allemand » ! Ce chaud lapin prend le temps de draguer la fille d'un pasteur. Cela fait, il plante les études et la chérie.
- Gutenberg : né à Mayence et exilé à Strasbourg, il crée 25 caractères en plomb et une presse. Mais ces « fantaisies » le mettent sur la paille. Saisi, il retourne à Mayence et commence à publier là-bas. Les créanciers allemands ne sont pas plus tendres. Ils saisissent la presse et publient, à leur compte, la fameuse bible dite à 42 lignes.
- Rouget de Lisle : en 1792, il passe la nuit à son piano et compose... La Strasbourgeoise. Repris par les volontaires de Marseille, « Allons enfants » devient La Marseillaise.
- Sainte Odile : patronne de l'Alsace.
- Victor Schoelcher : né en 1804, promu aux Colonies après la révolution de 1848, il fait abolir l'esclavage le 18 avril. Il luttera pour l'émancipation des femmes et l'abolition de la peine de mort. Ses cendres sont au Panthéon.
- Albert Schweitzer : prix Nobel de la paix.
- Tomi Ungerer : dessinateur colmarien. L'album L'Alsace en torts et de travers, est à lui seul tout un programme.
- Louise Weiss : elle travailla après 1918 avec Aristide Briand et milita dans l'entre-deux-guerres pour le vote des femmes. Elle fut élue en 1979 au Parlement européen - dont elle devint la doyenne.

Bonnes feuilles

C'est un Alsacien, Gottfried de Strasbourg, qui donnera au monde la parabole de l'amour ultime : Tristan et Isolde. Au Moyen Âge, Strasbourg est le rendez-vous des grosses têtes : Maître Eckart, Albert le Grand, Jean Tauler, bref, la crème des théologiens et des mystiques. Au XVIe siècle, ils sont toujours là, mais beaucoup - Sturm, Martin Bucer, Geiler de Kaysersberg, Jean Fischart...D sont passés à la Réforme. Au XVIIIe siècle, la relative liberté qui règne en Alsace attire Voltaire. Et c'est en face, à Kehl, que Beaumarchais publie ses oeuvres interdites en France.
La faculté de Strasbourg a de l'éclat. Anciens élèves : Metternich, Bonaparte, et Goethe lui-même. En fait, pas de romantique qui n'ait fourré ses guêtres en Alsace, qu'il soit français (Hugo - lire Le Rhin -, Musset, Lamartine, Vigny, Mérimée, Dumas, Nerval, Delacroix, Gautier, Balzac, Michelet, Taine, Stendhal...) ou germanique (Arnim, Brentano...).
Devenue allemande, la ville inspirera plus tard Nietzsche et l'étudiant Georg Buchner, futur auteur de Woyzeck. À nouveau française, elle est chantée par Claudel, décrite par Hemingway, Mac Orlan, Elias Canetti et Marek Halter.

Gastronomie

Cuisine

Comme le dit le proverbe local, « Manger et boire réunit le corps et l'âme... ». Les cartes de restaurant dévoilent un univers à part entière : poussin de la Wantzenau, coq au riesling, tourte au munster, carpe à la bière... Le baeckeoffe : cocktail de trois viandes au vin blanc mijotées avec des légumes. Les potages - aux noques (quenelles), aux grenouilles, aux quenelles de moelle ( markknepfle)... -, les charcuteries accompagnées de pommes de terre, les spatzle (nouilles rustiques façonnées avec de la farine, de la crème et des oeufs, pochées et servies poêlées au beurre) et les dampfnudeln (sorte de beignets cuits à la vapeur d'eau), tarte ou gâteau à l'oignon. Sans oublier, le week-end, la flammekueche, fine pâte garnie de crème fraîche, de lardons et d'oignons - la pizza alsacienne.
Chaque fête a son plat : oie rôtie pour la Saint-Martin, soupe aux cerises à Noel...

- La choucroute : c'est la sauerkraut, le « chou aigre » des Allemands. Jusque vers 1900, chaque Alsacien eut à coeur de confectionner sa choucroute. Aujourd'hui, il y a 35 choucrouteries en Alsace, et les puristes s'indignent : elles utilisent du chou hollandais au lieu du royal « quintal d'Alsace »
- La charcuterie : il y a 200 façons de manger du cochon froid. Les charcutiers sont des artistes. La saucisse de Strasbourg, la vraie : le knack, tartine de saucisse de foie ( leberwurst). Quant aux saucissons ! À la bière ( bierwurst), ou pistachés, ou noirs ( schwarzwurst), ou au sang ( blutwurst), ou au jambon ( schinkenwurs), ou encore géants, avec de grands morceaux de langue ( zungenwurst) pris dans une farce noire. Ajoutez-y la ribambelle des galantines, des charcuteries fumées (palette, schieffele, bacon, gendarmes, filet de porc...), sans oublier la ronde des hures, où trône le fameux presskopf (« tête pressée »), vedette des winstubs, dégusté en vinaigrette.
- Le foie gras : celui-là aussi est du cru, il fallait bien un bijou pour couronner la pyramide des charcuteries. Mais les Alsaciens, fous de pâtés en croûte, l'ont cuirassé de pâte.
- Le pain : chaque jour a son pain : au pavot, au cumin, aux noix, au seigle, au lard, au sésame, aux raisins, aux olives... On est déjà en Europe centrale. Notez que, par une bizarrerie de la tradition, le pain n'est jamais cuit la nuit du samedi. Si vous pique-niquez dans les Vosges un dimanche matin, fournissez-vous dans le département voisin (sauf si vous y allez en saison touristique).
- Le bretzel : biscuit croquant à base de pâte pochée à l'eau et parsemé de gros sel.
- Le gibier : les Vosges sont une des régions les plus giboyeuses de France. Elles inspirent mille et une recettes : faisan à la choucroute, perdreau aux choux, chevreuil aux fruits, marcassin aux cerises, civet de lièvre aux spaetzle...
- Le poisson : saumon du Rhin (raréfié par la pollution), truites (au bleu, aux amandes ou farcies), et brochet (au pinot rouge ou au riesling). Quant à la carpe frite, elle est si populaire dans le Sundgau que la région lui a dédié une route. Pour finir, dans le Ried, ne pas manquer la matelote, une succulente bouillabaisse de poissons de rivière. Pour le mercredi, il y a encore le sandre qui rejoint parfaitement la choucroute de poissons.
- Le Melfor : condiment aromatisé au miel et à l'infusion de plantes, utilisé dans toutes les salades alsaciennes.
- Le fromage : le munster est né à Munster (« le Monastère »). En Lorraine, il s'appelle géromé (de Gérardmer).
- Le kouglof : le nom est une contraction de kougelhopf, « la boule ». Marie-Antoinette a patronné la diffusion de cette brioche à la levure de bière, farcie de fruits secs, orgueil des mères de famille alsaciennes. Existe aussi avec lard et noix, pour caler les dégustations de vins.
- Les gâteaux : les intérieurs alsaciens sont une mine de tartes (myrtilles, rhubarbe, prunes...), beignets (fleurs de sureau, acacia...), petits pains ( bredele) farcis de mille friandises, soufflés, crêpes, macarons à l'anis... L'Autriche a suscité les strudels, les krapfen et le délicieux bettelmann (« mendiant »), un petit pain perdu aux fruits. Le pays de Bade a donné le gâteau de Forêt-Noire. De plus, chaque fête y va de sa douceur : osterfladen (flan aux oeufs) à Pâques, le berawecka tout l'hiver (petit pain aux poires lardé de fruits secs). Il faut respirer, avant Noel, les parfums d'anis et d'épices qui imprègnent chaque maison d'Alsace pour la fabrication des christstolles (pain aux fruits en forme de baigneur) ou, en terre protestante, des pains d'épice à l'effigie de saint Nicolas.

Vins et alcools

Les vins

Le riesling (sec, fin, élégant), le muscat (léger, fruité), le tokay (rebaptisé pinot gris) et le gewurztraminer (excessivement parfumé et corsé). Mais les « petits » cépages ont leur intérêt : le pinot blanc (souple, fruité) s'arroge 21 % du vignoble, le pinot noir sert aux vins rouges et aux rosés friands, le chasselas est bien facile à boire. Quant au sylvaner, « vin de soif » qui incarna longtemps l'Alsace, le laxisme qu'il avait favorisé le fit (par réaction) chasser de ses meilleurs terroirs.
Les vins moelleux sont une autre spécialité alsacienne, sans doute inscrite dans le goût local. Inoubliable impression de croquer le raisin : on ne regrette pas les grands sauternes, même - et surtout - sur le foie gras. Chères aussi, les « sélections de grains nobles », qui - à 15,2 ° et 16,6 ° - tiennent le dessus du panier. Les ascètes aspirant au nirvana attendront vingt ans pour les boire. Des viticulteurs attendent l'hiver pour récolter leurs raisins gelés, produisant ainsi un curieux « vin de glace ». D'autres les laissent sécher pour obtenir - comme en Arbois - un « vin de paille » au goût de noix. On vous souhaite enfin de goûter, en novembre, le vin nouveau de la Saint-Martin ( Neier Siasser). Ce breuvage trouble et sucré, que versent à flots les pichets des winstubs strasbourgeoises, est un rescapé des plus lointaines traditions d'Alsace.

Les bières

Avec 12 millions d'hectolitres, la province est première productrice et consommatrice. Il ne reste plus aujourd'hui que six brasseries industrielles, dont deux seulement n'appartiennent pas à un groupe étranger… Heineken possède Fischer et a racheté l' Espérance (la marque a disparu) ; même Kronenbourg est passé récemment dans le giron d'un grand groupe agroalimentaire.
Les bières des grandes brasseries alsaciennes ( Meteor, Schutzenberger, Fischer…), sont à la base des blondes légères de type Pils, moins houblonnées que les allemandes.
Aujourd'hui, l'éventail s'ouvre : ale, rousses, bières de mars ou de Noël et toute une gamme de bières aromatisées (à la tequila, au rhum), etc. Mais si les Alsator, Bière de Colmar et autre Tigre-Bock de la brasserie Hatt ont disparu, englouties par la concentration, de nouvelles petites marques (ici comme un peu partout en France) apparaissent. De vraies bières de tradition, artisanales, non pasteurisées (goûtez, vous comprendrez), brassées dans de petites structures (six micro-brasseries en Alsace).

Les alcools

Pour réchauffer leurs hivers, les Alsaciens (et les Lorrains) distillent les Vosges. En commençant par les coteaux : les meilleures cerises à kirsch se balancent au-dessus de Strasbourg et de Ribeauvillé. Récentes, mais craquantes : les eaux-de-vie de mirabelle, mûre, fraise, coing, poire williams (rouge !), cannelle, cassis, reine-claude, quetsche, myrtille, pêche, abricot, et surtout framboise ou prunelle... Celles de Villé sont fameuses.
À l'ombre de quelques maisons géantes, les petits bouilleurs de cru - ce peut être le facteur ou l'instituteur - continuent de distiller les vergers privés. Chères et rares : les eaux-de-vie de sorbier, d'alisier, d'acacia, de gratte-cul, de cumin, de baies de houx, de bourgeon de sapin noir et même de truffes !

Un peu d'histoire

Histoire : quelques dates

- 90 000 à 40 000 av. J.-C. : les Alsaciens chassent le rhinocéros.
- 1500 av. J.-C. :allez, les Gaulois ! 10 km de mur en moellons protégeaient leurs sanctuaires.
- 58 av. J.-C. :un géant suédois, le Suève Arioviste, traverse le Rhin avec une armée fleuve. Panique : on appelle César, qui le culbute au-delà du Rhin.
- Ier et IIe siècles : protégée par la province de Germanie supérieure, la plaine d'Alsace se romanise.
- IIIe et IVe siècles :les dieux celtes sont à la mode comme Vosegus (Vosges) et le père Rhin, ami du commerce.
- Ve siècle :en 407, un tourbillon de peuples (Vandales, Suèves...) emporte la Gaule ; Argentoratum préfère prendre un nom germain : Strateburg (la ville des routes). En 451, c'est le cyclone hun.
- VIe-VIIIe siècles : le duché d'Alamanie émerge sur la rive droite du Rhin, le duché d'Alsace occupant la rive gauche. Trois peuples cohabitent : Gallo-Romains, Francs et Alamans.
- IXe et Xe siècles :près de Colmar, Louis le Pieux, fils de Charlemagne, est déposé par ses trois bambins. Ils se partagent l'empire comme des chiffonniers. À Strasbourg, en 842, Charles et Louis s'allient contre Lothaire : mais c'est celui-ci qui fourre l'Alsace dans sa besace. C'est le célèbre serment de Strasbourg.
- XIe et XIIe siècles :à côté des évêques, promus princes d'empire, les puissants se partagent l'Alsace.
- XIIIe et XVe siècles :l'Alsace s'affirme comme un pays de cocagne. Avec le commerce les villes émergent. Dix d'entre elles s'organisent en ligue : la Décapole. Strasbourg fait cavalier seul. Vers 1240, elle s'offre une cathédrale. On s'y cultive avec Albert le Grand (maître de Thomas d'Aquin) et Gottfried de Strasbourg (auteur d'un Tristan). On y imprime dès 1458.
- XVIe siècle : Strasbourg mène la Réforme en Alsace, le XVIe siècle est un siècle d'or. On sculpte, on bâtit, on peint. L'humanisme fait rayonner cette terre de tolérance.
- XVIIe siècle :guerre de Religion en version allemande, la guerre de Trente Ans ruine l'Alsace.
- 1648 : l'Autriche cède la Haute-Alsace à la France. Sous conditions : la Décapole conserve ses droits propres, réformés et catholiques sont traités à égalité
- XVIIe siècle :la révocation de l'édit de Nantes ne toucha pas l'Alsace, protégée par les traités. Le simultaneum oblige villes et villages protestants comptant sept foyers catholiques à leur réserver le choeur de l'église.
- XVIIIe siècle : fortifiée par Vauban, l'Alsace résiste aux guerres. Avec Lambert, elle contribue au Siècle des lumières. Strasbourg reste pratiquement indépendante. Elle reçoit Goethe, Cagliostro, le jeune Bonaparte …
- Révolution : la tour de la cathédrale de Strasbourg faillit porter un bonnet phrygien. On assiste à une francisation sur fond de guillotine.
- Empire :les conquêtes de Napoléon et de ses généraux placent la province au coeur de l'Europe.
- 1870-1914 :mal défendue, l'Alsace succombe aux Prussiens qui l'annexent. 59 000 Alsaciens - catholiques surtout - s'exilent pour rester Français. Mais la bonne administration allemande affaiblit les francophiles.
- 1918-1940 :les Français sont bien accueillis.
- 1940-1945 :aux premiers jours de guerre, les riverains du Rhin sont évacués dans le Sud-Ouest. Et Hitler annexe l'Alsace. Un camp de concentration est construit au Struthof. Incorporation de force de 130 000 jeunes (les « malgré-nous ») dans l'armée.
- Novembre 1944 : Leclerc entre à Strasbourg.
- 1945 : la « poche de Colmar » est nettoyée.
- Après-guerre : avec Pflimlin, domination du MRP chrétien. Puis c'est la vague gaulliste.
- 1949 :Strasbourg devient le siège du Conseil de l'Europe.
- 1976 :Fessenheim a sa centrale nucléaire. Début de l'irrésistible ascension écolo.
- 1979 : Strasbourg accueille le premier Parlement européen élu au suffrage universel direct.
- 1989 :élection de Catherine Trautmann (PS) à la mairie de Strasbourg, première femme, en France, à la tête d'une ville de plus de 100 000 habitants.
- 1995 :le tramway de Strasbourg fait peau neuve.
- 1997 : Catherine Trautmann devient ministre de la Culture.
- Décembre 1999 :tempête sans précédent. Des forêts entières sont dévastées en quelques heures.
- 2000 :Catherine Trautmann redevient maire de Strasbourg.
- 2001 : Catherine Trautmann cède sa place de maire à Fabienne Keller.

L'identité alsacienne

Le choix de Strasbourg comme siège du Conseil de l'Europe est une réponse aux Alsaciens troublés dans leur identité. L'Europe restaure la vraie vocation de ce carrefour rhénan, que le dernier siècle avait confiné dans un rôle de garde-frontière.
La région restant marquée par une double culture et traversée d'influences diverses. Cette identité demeure la signature d'un pays qui, sans bouger d'un pouce, n'a cessé d'être ballotté par l'histoire. Et l'Alsace reste aujourd'hui la seule région de France métropolitaine si originale par rapport à l'identité nationale.
Quand on est de l'Alsace, on est un peu de partout... tout en restant alsacien.

La terre et les hommes

Le Rhin, un vieux patriarche modernisé

Carte d'identité

Long de 1 320 km, Le Rhin est le 29e fleuve du monde, derrière le Danube (2 850 km) mais devant la Loire (1 010 km). Curieusement, le cours franco-allemand, donc alsacien, du Rhin ne représente que 180 km de sa longueur totale. Il prend sa source dans le massif du Saint-Gothard en Suisse et se jette dans la mer du Nord, en Hollande, où il éclate en plusieurs bras.

Le « Vater Rhein » (le père Rhin) et sa fabrique de légendes

La légende la plus connue, L'Or du Rhin , inspira la légende des Niebelungen et, au XIX L'Or du Rhin serait une histoire vraie, celle d'un fabuleux trésor de guerre ayant appartenu à Attila, chef des Huns, et qui fut enterré quelque part sur les rives du fleuve lors du reflux des hordes barbares au Ve siècle de l'ère chrétienne.

Un sauvage devenu civilisé (trop ?)

Rectifié, régularisé, canalisé, le fleuve romantique et vagabond d'hier est devenu aujourd'hui une artère modernisée, une autoroute fluviale, l'axe essentiel de l'économie de l'Europe. Les premiers grands travaux commencèrent en 1842. Aujourd'hui, sur les 180 km de son cours alsacien, le Rhin est ponctué par neuf centrales hydroélectriques et une centrale nucléaire (Fessenheim).

Géographie

Cette région est admirablement placée au coeur de l'économie européenne (75 % du pouvoir d'achat européen se concentrent dans un rayon de 800 km autour de Strasbourg). Selon les points de vue, elle est tantôt au nord, tantôt au sud de l'Europe.
Tout a commencé il y a bien longtemps par un effondrement. Une fois le fossé rhénan ouvert, le Rhin put s'y déverser puis couler tranquillement vers la mer du Nord, et non plus vers la mer du Sud. Une plaine vit le jour, beaucoup plus large du côté français que du côté allemand. On l'appelle le grand Ried. Dans cette platitude fertile et facile à l'homme, les grandes villes se sont développées (Strasbourg, Mulhouse, Colmar) non loin du Rhin, la plus formidable route fluviale de l'Europe.
Après la plaine, voici le deuxième étage fait de collines couvertes à l'infini par les champs de vigne, traversé du nord au sud par la longue et fascinante route des Vins d'Alsace. Montons encore, plus à l'ouest : voici les vignes qui disparaissent brutalement, cédant la place à de sombres forêts de sapins et d'épicéas, et plus haut encore, à des ballons chauves et dégarnis, les fameux ballons des Vosges.
Le Rhin est bien un axe industriel et commercial de l'Europe, le plus domestiqué des fleuves. La plaine d'Alsace est jalonnée de fermes prospères, d'immenses champs de maïs et de tabac. Le vignoble offre le moins naturel des paysages, la plus humaine des géographies. Les Vosges sont faites de grandes forêts intactes qui ne doivent leur sauvegarde qu'à la vigilance des Alsaciens (au Club Vosgien notamment). Même les Hautes-Chaumes - pâturages d'altitude pour les troupeaux - ne sont pas naturelles car, sans l'ardeur des moines défricheurs du Moyen Age, ce serait encore de nos jours une jungle épaisse et noire de résineux.

Les micro-régions

- L'Outre-Forêt : se situe au nord-est de l'Alsace, dans un coin de la carte entre Haguenau, Wissembourg et le Rhin.
- Le Sundgau : à l'extrême sud de l'Alsace, entre Mulhouse et la Suisse. L'Alsace tranquille des collines sans vignes et sans touristes.
- L'Alsace Bossue : nombreuses bosses du relief dans cette petite région située à l'orée ouest du Parc naturel des Vosges du Nord, entre Sarre-Union et Saverne.
- Le Kochersberg : au nord-ouest de Strasbourg. Champs de céréales, de tabac et de houblon dessinent un paysage original en damier, ponctué de vieux clochers-donjons.
- Grand Ried : la plaine baignée par le Rhin, entre Strasbourg et Colmar. Des marécages en voie de disparition mais farouchement défendus par les écologistes s'étalent encore le long du Rhin et de l'Ill.
- Le pays Welche : autour du val d'Orbey, dans la région de Lapoutroie, au coeur des Vosges moyennes (Haut-Rhin).
- Le Florival : autour de Guebwiller. Toute la richesse viticole de la vallée tient dans ce nom si fleuri.
- Les vallées vosgiennes : la vallée de la Bruche, couverte de conifères, reste la plus ancienne voie de communication entre l'Alsace et la Lorraine, entre le monde rhénan et le monde français.
Plus au sud, la vallée de Munster est le pays du célèbre fromage et des innombrables fermes de transhumance transformées en auberges. À l'ouest de Mulhouse s'étend la vallée de la Doller. Parmi d'autres belles vallées méconnues, citons le val d'Argent et le val de Villé.
- Les lacs vosgiens : il y en a 4 célèbres, petits paradis de la randonnée : le lac Blanc, le lac Noir, le lac des Truites et le lac Vert.
- Le massif du Hohneck : l'un des plus beaux sommets des Vosges, et qui offre une vue sublime.
- Le Grand Ballon : point culminant des Vosges, à 1 424 m.

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Dernière mise à jour : le 10/12/2008 à 14h04

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