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Ouverture d'une enquête sur Lagarde: «une victoire pour l'indépendance de la justice»
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Recueilli par Nicolas Chapuis
La Cour de justice de la république (CJR) a ouvert une enquête sur la responsabilité de Christine Lagarde, l'ancienne ministre de l'Economie dans l'affaire Tapie. Charles de Courson a porté le fer contre les décisions du gouvernement depuis le début de l'affaire Tapie. Le député Nouveau Centre de la Marne et vice-président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale s'est notamment insurgé contre le recours à un tribunal arbitral pour une affaire de droit interne, où l'Etat est impliqué.
L'ouverture d'une enquête par la Cour de justice de la république contre Christine Lagarde est-elle une première victoire pour vous dans ce dossier?
C'est une très bonne nouvelle. Ce renvoi permettra enfin à une juridiction de traiter l'affaire Tapie. A titre personnel je me suis battu sur cette affaire depuis 1993. Mais c'est d'abord une victoire pour l'indépendance de la justice. Le recours à un tribunal arbitral pour juger l'affaire Tapie était une privatisation de notre justice. C'était une marque de la défiance de notre propre gouvernement envers les juges.
C'est aussi une victoire pour la souveraineté de notre Parlement. Le recours à l'arbitrage était complètement illégal dans ce cadre. Mais le Parlement n'a jamais été consulté dans cette affaire. Enfin, c'est une preuve de la bonne gestion des fonds publics. On a accordé 45 millions de préjudice moral aux époux Tapie. C'est une somme démesurée, jamais vue dans ce genre d'affaire. Ça n'avait jamais dépassé un million d'euros.
Christine Lagarde a-t-elle agi de sa propre initiative ou Nicolas Sarkozy est-il impliqué?
La question a été posée à Mme Lagarde lors de son audition devant la commission des finances. Elle a affirmé avoir agi seule. Ça a fait sourire les membres de la commission. Il s'agissait d'une réponse conventionnelle.
La probabilité qu'elle ait agi seule est très faible. Toute personne qui a un peu d'expérience gouvernementale sait que ce genre de décision se prend en concertation avec le Premier ministre, son cabinet ou bien directement avec l'Elysée.
Maintenant, Christine Lagarde dément. La question va lui être à nouveau posée lors de l'enquête pour savoir si elle a reçu des consignes écrites ou orales.
Que peut-il se passer maintenant, notamment pour Christine Lagarde à la tête du FMI?
Pas grand chose pour Mme Lagarde. Cette affaire ne retire rien à ses grandes compétences qui lui ont permis d'accéder à ce poste. Et jusqu'à preuve du contraire, elle bénéficie de la présomption d'innocence. L'affaire en elle-même pourrait être jugée d'ici un an. Ce dont je rêve c'est que le Conseil d'Etat déclare recevable un recours en annulation de l'arbitrage en faveur de M. Tapie. Mais un tel recours ne peut être déposé que par le gouvernement. Malheureusement je ne vois pas le gouvernement actuel faire cela.
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Enquête sur Lagarde: «Sarkozy est tout autant mis en cause»
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Les socialistes savourent leur «victoire» après la décision de la Cour de justice de la République de diligenter une enquête sur Christine Lagarde dans l'affaire Tapie.
Silence radio à droite. Champagne à gauche. Les députés socialistes savourent leur «victoire» de voir la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR) diligenter une enquête sur Christine Lagarde dans l'affaire Tapie.
Neuf d'entre-eux, dont le président du groupe Jean-Marc Ayrault, avaient demandé par courrier le 1er avril 2011 à Jean-Louis Nadal, procureur général près la Cour de cassation, de saisir la CJR. «Les chefs de mise en cause sont extrêmement graves, affirme Ayrault à Libération. Ils confirment les choix d'une procédure arbitrale, d'un abus de pouvoir et d'un abus d'autorité pour des avantages accordés de façon éhontés à M. Tapie.»
«Mme Lagarde avait refusé à l'époque, explicitement et par écrit, de me fournir des éléments d'explications relatifs à ce dossier, me conseillant curieusement de saisir les juridictions compétentes, fait remarquer Jérôme Cahuzac, président PS de la commission des finances de l'Assemblée nationale. J'ignore qui a écrit la lettre qu'elle a alors signée. Quoi qu'il en soit, neuf députés l'ont prise au mot.»
Pour les socialistes, ce n'est pas seulement Christine Lagarde qui est visée par cette décision de la CJR mais Nicolas Sarkozy lui-même. «On n'imagine pas que Mme Lagarde ait agit seule, poursuit Ayrault. Nicolas Sarkozy est tout autant mis en cause, non pas juridiquement mais du point de vue politique. Il devra s'en expliquer.»
«Soupçon d'arrangement»
«L'avis de la commission des requêtes a deux conséquences: elle renvoie sur le chef de l'Etat la responsabilité d'un choix de faveur au bénéfice de Bernard Tapie, et elle affaiblit la position de Mme Lagarde à la direction du FMI dans un moment particulièrement difficile sur le plan des finances internationales, a déclaré à l'AFP François Hollande, candidat à la primaire socialiste. Dans la république telle que je la conçois, la voie judiciaire est la seule que l'Etat doit admettre pour régler ses litiges avec des personnes privées, le reste relève toujours d'un soupçon d'arrangement.» Dans un communiqué, sa concurrente Martine Aubry a «souhaité» plus sobrement «que la commission d'instruction de la CJR fasse toute la lumière sur cette affaire et sur les responsabilités au sommet de l'Etat. Les Français ont le droit de savoir si des décisions ont été prises au mépris de l'intérêt général, et, le cas échéant, qui les a prises».
«Christine Lagarde a-t-elle eu un rôle de décideur ou de simple exécutant dans cette affaire?, interroge le député du Doubs, Pierre Moscovici, contacté par Libération. Le choix du tribunal d'arbitrage, une procédure réservée au domaine privé, en ce qui concerne l'Etat est très curieuse. Tout a été fait à l'avantage de Bernard Tapie, dont on se souvient qu'il a appelé à voter Nicolas Sarkozy. Comment une femme comme Christine Lagarde, aussi avertie des questions de droit, a-t-elle pu prendre une telle décision, sans une intervention de l'Elysée?»
Interrogé par Libération, Jérôme Cahuzac reste plus mesuré: «La commission d'instruction de la cour de justice de la République va maintenant être constituée. Elle mènera ses investigations et demandera donc des comptes à Mme Lagarde. La présomption d'innocence vaut pour elle comme pour quiconque. L'application de ce principe n'est pas négociable et demander sa démission du FMI serait tout à fait inconvenant.»
«Des magistrats qui ont encore des couilles»
«On peut se demander si la candidature de Lagarde au FMI n'était pas une opération d'exfiltration pour faire pression sur le choix des magistrats, confie-t-on au groupe socialiste. Mais on voit qu'il y a dans ce pays des magistrats qui ont encore des couilles car la pression devait être totale!»
Côté centriste, on ne se prive pas non plus pour tirer en direction de l'Elysée. Pour François Bayrou, président du Modem, cette décision de la CJR démontre «des mélanges de genres inacceptables entre des milieux d'affaires et la responsabilité publique, entraînant des complaisances condamnables dans l'appareil d'Etat.» «Par la décision de présenter et de soutenir Mme Lagarde à la direction générale du Fonds monétaire international, la France a été mise en difficulté. Et après Dominique Strauss-Kahn, une autre direction générale française apparaît dans une lumière discutable», déplore également le patron du MoDem.
Braqué du côté de la crise, le Parti communiste estime lui que «le peuple grec dont l'économie nationale, exsangue, est livrée en pâture aux marchés financiers n'a pas bénéficié de la même mansuétude que Bernard Tapie de la part de la désormais patronne du FMI.»
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Les monos au régime boulot dodo ?
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Margherita Nasi
C'est l'agitation au sein des colos. Le ministre de la Jeunesse Luc Chatel a annoncé mercredi 3 août la mise en place d’un groupe de travail sur le statut des animateurs de colonies de vacances. En effet, les associations organisatrices de séjours s'inquiètent des conséquences d'un arrêt de la Cour de justice de l'UE (CJUE) qui dénonce les conditions de travail des moniteurs et directeurs de centres de loisirs.
Tout commence en 2008. L'union syndicale Solidaires Isère contacte le conseil d’Etat au sujet du CEE (contrat d'engagement éducatif) qui, depuis un décret de 2006, régit le travail des animateurs. Les syndicalistes souhaitent la révision du CEE sur 3 points : 1) La rémunération minimale : les animateurs sont payés l'équivalent de deux fois le Smic horaire par jour, soit 18 € brut. 2) La limitation de l’activité : les animateurs n'ont pas le droit de travailler plus de 80 jours par an. 3) Le temps de repos hebdomadaire : le CEE ne prévoit pas de période minimale de repos journalier (11 heures consécutives obligatoires par 24 heures).
Seize heures de travail par jour
Le Conseil d’Etat rejette les deux premiers points, mais demande son avis à la Cour de justice de l’Union européenne sur la question du temps de repos. En octobre 2010, la CJUE tranche en faveur de l'union syndicale. Le conseil d’Etat doit donner sa décision en septembre.
En attendant, les associations organisatrices de séjours s’inquiètent. Une révision du temps hebdomadaire du repos des animateurs se traduirait par une augmentation des prix, assurent-elles : «au moins 15 % d’augmentation sur le prix du séjour», estime Pierre Maricourt, responsable national des formations Bafa à l’UFCV (Union Française des centres de vacances et de loisirs).
Aujourd’hui, un animateur suit la même équipe d’enfants toute la journée. Conséquence: l'emploi du temps de ces jeunes est plutôt chargé, «de 8h30 à minuit et demi minimum, puisqu’une fois les enfants couchés, il y a des réunions pour organiser la journée suivante», raconte Jules, qui a travaillé comme animateur à Bois-le-Roi. Si le conseil d’Etat tranche en faveur d’une période de repos minimal de 11 heures, il va falloir mettre en place des roulements. Donc employer plus d’animateurs. «Est-ce que ces animateurs existent?», se demande Cédric Javault, président de Telligo, une société organisatrice de colonies de vacances. «Ce n’est pas sûr. Il faudrait 30% d’animateurs en plus!» Sans parler des problèmes de place qui s’ensuivraient. «Il faudra accueillir moins d’enfants pour pouvoir loger plus d’animateurs. Il y aura plus de salaires à payer pour moins d’enfants. C’est ce qui se passe sur le long terme à force de mettre des normes: les prix augmentent.»
«Sur 60 ans, le prix des colos a été multiplié par quatre»
Les inquiétudes des associations organisatrices vont au-delà de la simple dimension financière. «J’ai été animateur pendant longtemps», raconte Pierre Maricourt. «C’est un boulot particulier, qui requiert une présence continue auprès des enfants. Après, il est certain qu’en terme d’horaires, les conditions sont assez difficiles», concède-t-il. Même constat chez Cédric Javault : «Un enfant s’attache à un animateur. Indépendamment de l’aspect financier, cela me dérange aussi. Est-ce vraiment dans l’intérêt de l’enfant?» Pour le président de Telligo, la remise en cause de CEE s’inscrit dans un mouvement d’encadrement progressif qui risque de «mettre fin à la magie des colos». «En 1950, âge d’or des colonies de vacances, il y avait très peu de normes sur les centres de vacances. Il y a 15 ans, un animateur avec un Bafa pouvait encadrer les enfants pour du tir à l’arc. Ce n’est plus possible aujourd’hui. Pour des raisons de sécurité, tout est beaucoup plus encadré. Sur 60 ans, le prix des colos a été multiplié par quatre.»
Et l’avis des animateurs ? «J’embauche 2000 animateurs par an. C’est vraiment un boulot qui reste entre le salariat et le volontariat. Ils donnent beaucoup, ils sont crevés, mais je n’en ai pas un qui râle», affirme Cédric Javault. Pierre Maricourt déclare recevoir «quelques plaintes depuis une dizaine d’années, mais ce ne sont pas forcément les horaires que les animateurs remettent en cause. Les critiques portent plus sur la rémunération et la reconnaissance». En effet, la catégorie-socio professionnelle des animateurs est en train de changer. «Il y a 30-40 ans, on avait surtout des professions enseignantes, ou des bénévoles», rappelle le responsable des formations Bafa (Brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur). «Aujourd’hui, il y a toujours plus de personnes pour lesquelles il s’agit de leur première source de rémunération.»
Jean-Paul Portello n’est pas du même avis. D’après le syndicaliste, «les animateurs sont ravis qu’on soulève la question». Il s’irrite du fait que les associations organisatrices de séjour citent l’argument du bénévolat: «Je regrette, animateur, c’est un métier: on demande à ce que nos enfants soient mis en main à des professionnels!» D’autant plus que pour lui, les 11 heures de repos sont tout à fait dans l’intérêt des enfants: «Quand on travaille avec les enfants, il faut avoir les bons mots, ne pas être fatigués, sinon on perd notre capacité à prendre de bonnes décisions.» Quant à l’augmentation des prix, le syndicaliste propose une solution. «Nous voulons un tarif accessible: nous voulons que les collectivités prennent le relais. Tout comme dans une crèche: le prix qu’on paie n’est jamais le prix complet, la collectivité s’engage.»
Solidaires Isère continue sa campagne contre le CEE, tente d'élargir le débat : «Il ne s’agit pas que des colonies de vacances. Le décret donne la possibilité de recourir à cette forme de sous-emploi dans le cadre de camps de vacances organisés pour les personnes handicapées et des personnes âgées, qui va devenir un marché inouï. Avec une masse salariale réduite, le potentiel de bénéfice devient très intéressant».
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Crise mondiale: nouvelle poussée de fièvre des marchés
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Après un bref répit, les Bourses mondiales ont connu un nouvel accès de fièvre jeudi, le spectre d'une nouvelle contagion de la crise en zone euro ayant ressurgi, avec en première ligne l'Espagne et l'Italie.
Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a pourtant frappé fort en annonçant dans l'après-midi sa décision de procéder à de nouveaux achats sur le marché de la dette. Cette annonce, très attendue par les investisseurs, n'a pas suffi à ramener le calme.
La journée avait démarré sur une note apaisée, après plus d'une semaine de baisse généralisée. Mais la nervosité toujours palpable a fini par reprendre le dessus, à la faveur de l'envol des taux d'intérêt de deux émissions de dette pour 3,3 milliards d'euros par l'Espagne dans la matinée.
Peu après 15H00 GMT, les bourses européennes chutent lourdement: Londres, Francfort, Zurich, Madrid et Milan perdaient plus de 3%. La Bourse de Paris perdait plus de 2% avant un incident technique bloquant la diffusiondes indices.
La Bourse de New York, qui avait terminé la veille sur un timide rebond, s'est enfoncée dans le rouge, le Dow Jones et le Nasdaq perdant plus de 2%.
"Le marché a envie de baisser. Il a besoin de finir sa purge pour se stabiliser", résume Meir Benamram, vendeur d'actions chez Aurel BGC.
Chute des bourses européennes
"Il est clair que nous ne sommes plus dans la gestion d'une crise limitée uniquement à la périphérie de la zone euro" (pays les plus fragiles, ndlr), a reconnu le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, dans un courrier adressé mercredi aux dirigeants de l'Union européenne.
Des sources de marché parisiennes ont confirmé à l'AFP que la BCE intervenait jeudi après-midi.
La BCE, qui a décidé en outre de maintenir son principal taux directeur à 1,5%, va aussi venir en aide aux banques, en mettant à leur disposition des liquidités supplémentaires.
Ce geste intervient alors que la Banque centrale du Japon a assoupli jeudi sa politique monétaire pour contrer la hausse du yen, valeur refuge en temps de crise. La banque centrale suisse était intervenue dès mercredi pour enrayer la hausse du franc suisse, autre monnaie très recherchée par les investisseurs.
M. Trichet a indiqué qu'il souhaitait voir le Fonds européen de stabilité financière (FESF), mis en place pour prêter aux Etats en difficulté de la zone euro, relayer la BCE rapidement, comme cela a été décidé lors d'un sommet à Bruxelles le 21 juillet.
"Ce que nous attendons c'est que ce fonds soit efficace, ce qui nous permettra de ne pas intervenir", a-t-il dit.
Ce fonds, créé en 2010 pour venir en aide à l'Irlande puis au Portugal, a une taille de 750 milliards d'euros, avec une capacité effective de prêts de 440 mds EUR, jugée insuffisante pour sauver un pays comme l'Italie.
Dans sa lettre, M. Barroso invite justement "à une rapide réévaluation des éléments relatifs" au FESF "et au mécanisme appelé à lui succéder, afin de s'assurer qu'ils sont proprement équipés pour gérer des risques de contagion".
Les marchés financiers avaient déjà frôlé la panique en début de semaine, l'adoption d'un compromis sur le relèvement du plafond de la dette des Etats-Unis n'ayant offert qu'un répit de quelques heures.
Cette nervosité a fait ressurgir les craintes d'une contagion de la crise de la dette en zone euro, dont l'Italie et Espagne ont principalement fait les frais.
En réaction, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a annoncé jeudi l'adoption "d'ici la fin du mois de septembre" d'un "pacte" pour relancer la croissance et rassurer les marchés , à l'issue d'une réunion avec les partenaires sociaux.
(Source AFP)
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La Bourse de Paris au plus bas depuis juillet 2009
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La Bourse de Paris a fini sur une chute de 3,90% à 3.320,35 points jeudi, au plus bas depuis juillet 2009, déprimée par la dégradation de la conjoncture économique.
Le marché parisien est resté insensible aux mesures déployées par la Banque centrale européenne (BCE) pour soulager la zone euro.
Le CAC 40, qui a perdu 134,59 points sur la séance, n'en finit plus de dégringoler, signant sa neuvième séance de baisse d'affilée, une série inédite depuis septembre 2002 et la fin de l'éclatement de la bulle internet.
Le volume d'échanges a été particulièrement fourni, à 6,035 milliards d'euros, signe de tensions inhabituelles sur les marchés.
Malgré l'esquisse d'un rebond en début de séance, le marché parisien est vite passé dans le rouge, avant de creuser brusquement ses pertes dans l'après-midi dans le sillage de Wall Street.
"Le marché a envie de baisser. Il a besoin de finir sa purge pour se stabiliser", résume Meir Benamram, vendeur d'actions chez Aurel BGC.
"On est sur des considérations techniques. On casse des niveaux importants et c'est suffisant pour faire baisser les marchés", ajoute-t-il.
Pour Waldemar Brun-Theremin, gérant chez Turgot Asset Managemet, "il n'y a pas d'acheteurs sur le marché", les investisseurs se montrant particulièrement déprimés par l'état de santé de l'économie américaine, moteur de la croissance mondiale.
La publication de mauvais nouvelles concernant l'économie américaine s'est poursuivie jeudi, avec seulement un léger recul des nouvelles inscriptions au chômage lors de la dernière semaine de juillet, à leur plus bas niveau depuis début avril.
Par ailleurs, les mesures prises par la BCE pour soulager les marchés obligataires, dont la reprise des rachats de titres de dette sur le marché, n'ont en rien changé la tendance.
(Source AFP)
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L'or s'envole à un nouveau record à plus de 1 680 dollars l'once
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L'or a enregistré jeudi un nouveau record, pour la première fois au dessus de 1.680 dollars l'once, toujours soutenu par une ruée des investisseurs vers la sécurité que représente le métal jaune dans un contexte d'inquiétudes accrues sur la conjoncture économique mondiale.
Vers 14H00 GMT (16H00 à Paris), le cours de l'once d'or a atteint 1.681,65 dollars, un niveau inédit, avant de rester autour de 1.680 dollars.
L'once de métal jaune, qui s'était hissée mercredi au-dessus de 1.670 dollars pour la première fois de son histoire, a reçu jeudi un nouveau coup de pouce avec les commentaires prudents du président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, sur les perspectives de l'économie de la zone euro.
Aux Etats-Unis, les investisseurs étaient quant à eux fébriles à la veille de la publication du rapport mensuel sur l'emploi et le chômage, indicateur majeur pour évaluer la santé de la première économie mondiale qui montre des signes de faiblesses depuis quelques semaines.
Dans ce contexte d'incertitudes renforcées, les investisseurs achètent en masse du métal jaune, considéré comme une valeur refuge par excellence.
(Source AFP)
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Le multipartisme en Syrie? De l'ironie, voire de la provocation, selon Paris
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L'essentiel:
- Près de 30 personnes ont été tuées hier dans un bombardement de l’armée syrienne contre la ville de Hama, selon un témoin. Plus d'infos ici.
- Ce matin, le président syrien Bachar al-Assad a promulgué un décret autorisant le multipartisme dans le pays, accédant ainsi à l'une des principales revendications du mouvement de contestation entamé mi-mars. Plus d'infos ici.
- Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est enfin mis d'accord hier sur une déclaration commune condamnant la répression du régime syrien. Lire ici.
- Hier, mercredi, des centaines de chars de l'armée syrienne ont été déployées dans plusieurs villes, dont Hama. Le détail, ici.
Repères: Les blogs de référence, notre sélection de fil Twitter, les sources fiables... Comment suivre en ligne la situation en Syrie. A lire aussi: «Syrie, la bataille de l'information»
Décret sur le multipartisme: avancée ou provocation?
«presqu’une provocation» dans le contexte des violences contre les civils, a estimé le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, sur France Info.
Le ministre n’a par ailleurs pas exclu que la France demande au Conseil de sécurité de l’ONU d’aller «plus loin» que la simple déclaration adoptée mercredi et condamnant la répression des manifestations, «si rien ne change côté syrien».
Le décret présidentiel fixe les conditions de création et de fonctionnement de formations politiques susceptibles d’exister à côté du parti Baas, qui tient les rênes du pouvoir depuis 1963 et a le statut de «dirigeant de l’Etat et de la société» selon la Constitution.
Le gouvernement syrien avait adopté le 24 juillet un projet de loi autorisant le multipartisme, mais ce décret permet de rendre la mesure applicable immédiatement, sans attendre un vote du Parlement.
Les nouveaux partis devront respecter la déclaration universelle des droits de l’Homme, ne pas reposer sur des bases religieuses ou tribales et ne pas être issus d’une organisation ou d’un parti non syrien.
De même, ils ne devront comporter aucune formation militaire ou paramilitaire, publique ou secrète et leurs principes, objectifs et sources de financement devront être clairement établis, a précisé Sana.
Une condamnation de l'ONU, et après?
Le texte, qui devrait être adopté jeudi sous la forme d’une déclaration — moins contraignante qu’une résolution —, «condamne les nombreuses violations des droits de l’homme et l’usage de la force contre les civils par les autorités syriennes», selon une copie obtenue par l’AFP.
Le texte n’a cependant aucune force contraignante. L’ouverture d’une enquête par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, figurant dans le projet initial, a été supprimée dans la version finale. On est loin d’une résolution au contenu plus musclé, mais il s’agit d’un premier pas pour un Conseil de sécurité dans l’impasse depuis le 15 mars, date du début des manifestations.
Les derniers changements dans la formulation du texte ont conduit la Russie, qui avait menacé d’exercer son veto, à lever ses objections. Son ambassadeur Vitali Tchourkine a jugé la nouvelle version «équilibrée».
Les 15 membres du Conseil de sécurité n’ont adopté aucune résolution ni déclaration sur la Syrie depuis le début des manifestations contre le régime Assad le 15 mars. La Russie, la Chine et un groupe d’autres pays avaient bloqué toute action au Conseil, craignant que cela n’entraîne une intervention militaire, comme en Libye.
Pour aller plus loin: «L'ONU impuissante face à Damas», l'analyse de Marc Semo, dans Libé daté du 3 août.
Situation humanitaire, «très difficile»
Pendant ce temps, la répression se poursuit: près de 30 personnes ont été tuées hier dans un bombardement de l’armée syrienne contre la ville de Hama (centre), a annoncé jeudi à l’AFP un habitant qui a pu fuir la ville, où les communications étaient coupées.
«Nombre d’immeubles ont pris feu dans le bombardement mais ne sont pas totalement détruits», a-t-il ajouté faisant état du «déploiement des chars dans la ville et en particulier sur la place Assi et devant la citadelle» dans le centre-ville.
Selon lui, «les forces armées ont fait usage hier de bombes à fragmentation». «Le bombardement a cessé, mais des coups de feu à l’artillerie lourde étaient entendus dans la matinée», a-t-il précisé, faisant état de la «présence de franc-tireurs postés sur les toits des hôpitaux privés».
Le témoin a aussi souligné que la situation humanitaire était «très difficile» dans la ville qui subit des coupures d’électricité et d’eau ainsi que des pénuries de produits alimentaires.
L'armée continue sa progression
Capture d'écran d'une vidéo datée de ce mercredi et visiblement tournée à Jabal Al-Zawiya, dans la province d'Idlib (ouest)/ Reuters
«Il y a une centaine de chars et transports de troupes sur la route qui conduit au centre de Hama (centre) et environ 200 près de Deir Ezzor (est)», a déclaré à l’AFP Rami Abdel Rahmane, président de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une ONG installée en Grande-Bretagne.
Il a précisé que toutes les communications téléphoniques et l’internet avaient été coupés dans Hama et sa région, où l’armée a lancé une vaste offensive dimanche, tuant une centaine de manifestants.
Plusieurs quartiers de cette ville rebelle, située à 210 km au nord de Damas, étaient la cible de bombardements. «D’après ce qu’on entend, c’est une véritable guerre», a dit un militant sous couvert de l’anonymat. Selon Rami Abdel Rahmane, 500 familles ont quitté la ville.
Hama avait été le théâtre d’immenses manifestations contre le pouvoir ces dernières semaines. Cette ville était déjà un symbole de la lutte contre le régime depuis la répression en 1982 d’une révolte des Frères musulmans, qui avait fait 20.000 morts.
--> A voir: «Les images qui témoignent du «massacre du Ramadan». Retour sur les violences de ces derniers jours.
Toutes ces informations n’ont pas pu être vérifiées de source indépendante, la presse internationale ne pouvant se déplacer dans le pays.
--> A lire: «Syrie, la bataille de l'information»
Au Liban voisin, 300 sunnites ont manifesté mercredi soir à Tripoli (nord) pour réclamer le départ du président syrien.
(A Tripoli, mercredi 3 août/ Reuters)
--> Retrouvez tous nos reportages et analyses dans notre dossier: «Syrie, l'horreur à huis-clos»
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New York veut résorber le racisme contre les minorités hispanique et noire
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La mairie de New York a lancé jeudi un plan d'action destiné à résorber le fossé qui sépare les jeunes hispaniques et noirs et leurs congénères blancs, dans la foulée d'une étude qui met en lumière de fortes disparités en termes de chômage, de pauvreté et de criminalité.
Le programme, doté d'une enveloppe de 127 millions de dollars sur trois ans, va plus particulièrement tenter de réintégrer les quelque 30.000 jeunes actuellement en liberté conditionnelle sur le marché du travail et dans le système éducatif. La plupart d'entre eux sont issus des communautés noire et hispanique, selon la mairie de la métropole.
"C'est la première fois que New York ou toute autre grande ville américaine rassemble la totalité des agences compétentes dans le but d'améliorer les chances des jeunes hommes noirs et hispaniques", a souligné le maire Michael Bloomberg en présentant l'initiative.
Selon un rapport commandé par ses services, le taux de pauvreté des jeunes noirs et hispaniques de New York entre 18 et 24 ans est 50% plus élevé que celui des Blancs et Asiatiques. Le taux de chômage y est 60% plus élevé.
Par ailleurs, plus de 90% des auteurs et victimes de meurtres sont noirs et hispaniques.
L'investisseur George Soros et M. Bloomberg, par l'intermédiaire de sa fondation Bloomberg Philanthropies, se sont chacun engagés à apporter 30 millions de dollars au programme.
De son côté, la mairie de New York déboursera 67,5 millions de dollars.(Source AFP)
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Arrivée à Lampedusa d'un bateau venant de Libye avec 300 migrants à bord
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Un bateau d'une vingtaine de mètres venant de Libye et transportant plus de 300 migrants a été secouru jeudi après-midi par les gardes-côtes italiens alors qu'il dérivait au large de Lampedusa, a indiqué la capitainerie du port de l'île dans un communiqué.
Trois passagers, dont une femme enceinte, ont été héliportés directement jusqu'à l'hôpital de Lampedusa, dans un état avancé de déshydratation.
D'après les témoignages de ces trois migrants, plusieurs de leurs compagnons de voyages sont morts de faim et de privations au cours de la traversée et leurs cadavres ont été jetés à la mer, a indiqué l'agence Ansa.
Un remorqueur chypriote, qui avait été le premier à secourir le bateau a alerté le port et les garde-côtes de Lampedusa. Le navire s'était éloigné après que plusieurs passagers se furent jetés à l'eau pour tenter de monter à bord. Le remorqueur avait alors lancé des canots de sauvetage à la mer pour éviter qu'ils ne se noient.
Jeudi matin, un hélicoptère des gardes-côtes avait largué de l'eau et des biens de première nécessité, mais la tentative désespérée d'un des passagers de s'accrocher à la nacelle de transport l'avait contraint à l'abandonner.
Le navire a ensuite été secouru par quatre vedettes des garde-côtes arrivées sur place à 14H40 (12H40 GMT) et sur lesquelles les migrants ont été transférés puis acheminés jusqu'à Lampedusa.
Mercredi, plus de 500 migrants avaient débarqué à bord de deux embarcations de fortune, portant à plus d'un millier le nombre de personnes accueillies dans un centre de transit de l'île.
Des milliers de personnes fuyant la Libye, la plupart des travailleurs immigrés venant d'Afrique ou des réfugiés des conflits de la région, sont arrivés au cours des derniers mois à Lampedusa, une petite île à mi-chemin entre les côtes africaines et la Sicile.
Des centaines d'entre eux se sont noyés: en avril, 250 migrants avaient trouvé la mort lors d'un naufrage au large de l'île. Enfin, lundi, 25 migrants apparemment morts par asphyxie ont été retrouvés dans la salle des machines d'un bateau lui aussi en provenance de Libye.(Source AFP)
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Rio-Paris: le chef de l'enquête du BEA affirme qu'il n'a jamais subi de pressions
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Le directeur de l'enquête technique sur la catastrophe du vol Air France Rio-Paris a récusé avec force jeudi avoir jamais subi la moindre "pression" ni "censure", en réponse aux critiques de familles de victimes et du SNPL, le puissant syndicat des pilotes de ligne.
"Depuis que je fais ce métier, je n'ai jamais subi la moindre pression (...) Je suis fonctionnaire, je pourrais très bien rendre mon tablier du jour au lendemain si on me forçait la main", a déclaré Alain Bouillard, du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), sur la radio RMC.
"J'ai mon honneur, mon intégrité (...) je ne vois pas comment je pourrais vivre en subissant des pressions et en enlevant dans un rapport des éléments qui me paraissent essentiels à la sécurité", a-t-il martelé.
Le travail des enquêteurs du Rio-Paris s'est retrouvé au coeur d'une polémique mercredi, après la révélation par la presse que le dernier rapport du BEA, qui pointait une série de défaillances de l'équipage du Rio-Paris, avait été élagué la semaine dernière d'une recommandation défavorable à Airbus.
L'association Entraide et Solidarité AF447, représentant des familles de victimes du drame, a jugé l'enquête "définitivement discréditée". Elle a dénoncé des affirmations "partiales et très orientées vers la défense d’Airbus" de "la tutelle du BEA", qui dépend du ministère des Transports.Une enquête «définitivement discréditée»
Le SNPL, syndicat majoritaire chez les pilotes de ligne, a pour sa part décidé de se retirer provisoirement de l'enquête, redoutant que celle-ci "se transforme en une simple instruction à charge contre l'équipage".
"Le rapport, c'est moi qui le rédige, avec mon équipe et qui le propose pour validation au directeur. Je n'ai jamais vu, je n'ai jamais connu un directeur qui m'a censuré un rapport", a répondu Alain Bouillard sur RMC.
"Comment peut-on aujourd'hui imaginer qu'on laisserait voler des milliers de passagers, dont on est là pour protéger la sécurité, qu'on laisserait voler des avions dans lesquels on a un doute?", a-t-il défendu.
Il a confirmé que le BEA allait, dans son rapport final sur la catastrophe attendu au premier semestre 2012, "essayer de proposer une recommandation qui sera forcément plus élaborée" que celle retirée du document rendu public vendredi.
Selon le BEA, cette recommandation, qui concernait un fonctionnement erratique de l'alarme de décrochage de l'Airbus A330, a été jugée "prématurée".(Source AFP)
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Un Suédois voulait construire un réacteur nucléaire dans sa cuisine
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Les autorités suédoises ont annoncé jeudi avoir saisi des substances radioactives au domicile d'un homme qui, d'après ses dires, voulait construire un mini réacteur dans sa cuisine par pur intérêt pour la physique.
Richard Handl, un chômeur de 31 ans vivant dans une commune du Sud-Ouest du royaume, Ängelholm, a expliqué à l'AFP avoir été brièvement détenu par la police, après s'être enquis lui-même de la légalité de ses projets auprès de l'Autorité suédoise de protection contre les radiations (SSM).
Dans un communiqué publié jeudi, la SSM a indiqué avoir avoir fouillé, le 20 juillet, la résidence d'une personne non-identifiée, après avoir été informée qu'elle maniait du matérial radioactif "d'une manière non conforme aux mesures de sécurité".
Dans l'appartement, l'Autorité a saisi "une petite quantité" de substances radioactives que la personne avait collectées, notamment à l'intérieur de détecteurs d'incendie.Fissionner l'atome à la maison
Selon elle, aucune trace élevée de radiation n'a été détectée dans l'appartement et les voisins n'ont pas été exposés.
Richard Handl a assuré n'avoir jamais eu l'intention de nuire à quiconque. "J'ai toujours été intéressé par la physique nucléaire et la physique des particules", a-t-il dit à l'AFP.
L'homme au hobby pour le moins original avait informé le monde de ses intentions sur son blog en anglais. Ainsi en mai avait-il écrit qu'il voulait "construire un réacteur nucléaire. Pas pour obtenir de l'électricité mais pour le plaisir et voir s'il est possible de fissionner l'atome à la maison".
En juillet, M. Handl contactait la SSM par courriel. Deux jours plus tard, il recevait la visite d'inspecteurs de police et de la SSM.
"Ils m'ont demandé de sortir de chez moi et m'ont testé avec un compteur Geiger avant de fouiller mon appartement". La police l'a interrogé pendant une demi-heure avant de le relâcher.
Sur son blog, M. Handl, qui dit être encore suspecté pour crime contre la loi en matière de radiations nucléaires, a expliqué que son projet était "annulé".(Source AFP)
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Affaire Takieddine, une liaison dangereuse en Sarkozie
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Texte: Quentin Girard. Illustration: Thomas Guillembet
Depuis la mi-juillet, le site Internet Mediapart cumule les révélations sur le marchand d'armes franco-libanais Ziad Takieddine: rôle trouble dans la négociation de contrats avec la Libye, l'Arabie Saoudite et le Pakistan, situation fiscale peu claire, relations privilégiées avec les proches de Nicolas Sarkozy, etc.
Ziad Takieddine est ainsi soupçonné d'avoir été un élément clé de plusieurs affaires et d'avoir, via un système de commissions et de rétrocommissions, financé ou tenté de financer une partie de la droite française. En échange, il serait devenu un intermédiaire incontournable dans les contrats d'armement et aurait bénéficié de plusieurs avantages – comme le fait de ne pas payer d'impôts alors qu'il possède plusieurs millions d'euros de biens dans l'hexagone.
Comprendre son parcours, c'est cerner quinze ans de relations troubles entre le clan Sarkozy et des pays comme la Libye ou le Pakistan. Depuis 1994, cet homme est un serpent de mer qui semble s'être toujours retrouvé là où il fallait (ou pas, selon les points de vue).
La chronologie ci-dessous permet de mettre en évidence l'enchaînement des événements. Elle sera mise à jour selon les derniers événements ou révélations.
1994: Deux intermédiaires libanais, Ziad Takieddine et Abdulrahman El-Assir, sont mandatés au dernier moment par la France pour mener à bien les négociations pour deux importantes ventes d'armes. Le premier contrat est signée avec l'Arabie saoudite et porte sur la livraison de frégates, l'opération Sawari II. L'autre est négocié avec le Pakistan, c'est le contrat Agosta, et porte sur des sous-marins (pour 5,4 milliards de francs).
François Léotard est alors ministre de la Défense, Nicolas Sarkozy au Budget, Edouard Balladur est Premier ministre. Des années plus tard, les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire soupçonnent que Takieddine ait été imposé comme intermédiaire pour qu'il reverse des rétrocommissions afin de financer la campagne de Balladur.
Dans le cadre des contrats d'armements, il y a toujours des intermédiaires. Mais évidemment, les politiques ne doivent pas favoriser tel ou tel intermédiaire pour qu'il leur reverse ensuite de l'argent personnellement ou pour leur parti, ces fameuses rétrocommissions.
21 septembre 1994: Signature du contrat Agosta. Selon le journaliste Guillaume Dasquié, sur Owni.fr, «le schéma de corruption profite en particulier à Ali Zardari - époux du Premier ministre de l'époque Bénazir Bhutto, avant de devenir plus tard président du Pakistan».
Mai 1995: Jacques Chirac gagne l'élection présidentielle.
Début 1996: Le nouveau président décide la suspension du versement de commissions susceptibles de donner lieu à des rétrocommissions. Une information que confirme Charles Millon, ministre de la Défense de 1995 à 1997, en juin 2009. L'interruption de ces commissions est une très mauvaise nouvelle pour l'intermédiaire Takieddine qui ne touche pas l'intégralité des sommes qu'il avait négociées.
1996-1998: Sans doute après l'intervention de Rafic Hariri auprès de Chirac – les deux familles sont très liées, l'ancien président français est actuellement logé gratuitement dans un appartement très chic de l'ancien Premier ministre libanais à Paris – Ziad Takieddine perçoit finalement une partie des commissions prévues sur le contrat saoudien Sawari II, selon Mediapart. Il reçoit au total 130 millions de dollars. Sa fortune est faite. Il achète un «hôtel particulier à Paris, une maison à Londres, une villa au cap d'Antibes», assure le site, où il recevra en vacances des années plus tard les proches de Nicolas Sarkozy.
1998-2000: Plusieurs militaires pakistanais soupçonnés d'avoir touché des commissions lors du contrat Agosta sont inquiétés par la justice de leur pays.
2001-2008: Un tableau analytique révélé par Mediapart montre que durant cette période, Ziad Takieddine a versé près de 12 millions d'euros en paiements secrets dont plus de 4 millions en 2005 et 2006, années pré-électorale. Interrogés en 2011 par le site d'investigation, qui soupçonne évidemment des rétrocommissions et/ou des financements occultes, le franco-libanais s'énerve: «Qu'est-ce que vous voulez? Vous voulez abattre un président de la République? Eh bien faites-le, à votre manière. Je n'ai rien à vous dire, sauf vous attaquer.»
8 mai 2002: Attentat de Karachi, quatorze morts, dont onze Français qui travaillaient à l'exécution du contrat Agosta. Après avoir privilégié l'hypothèse islamiste, la piste actuellement examinée par les juges anti-terroristes est celle de représailles suite au non-versement par l'Etat français d'une commission sur ce contrat d'armement destinée à des officiels pakistanais.
L'enquête est confiée alors au juge Jean-Louis Bruguière.
En janvier 2011, on apprend finalement que la piste financière a été immédiatement envisagée par la DGSE. «Au Pakistan, les contrats militaires sont célèbres pour les pots de vin et les commissions demandées par les officiers pakistanais et les hommes politiques», explique une note de l'époque.
Fin 2002: Les Pakistanais veulent faire porter le chapeau de l'attentat aux islamistes. Dans ses notes, la DGSE relève les incohérences de l'enquête voire les tentatives de falsification.
2003: Négociation entre la France et l'Arabie Saoudite sur le contrat Miksa. Evalué à 7 milliards d'euros, Miksa doit protéger les frontières saoudiennes. Les négociations sont gérées en France directement par Claude Guéant et Brice Hortefeux. Takieddine doit théoriquement toucher 350 millions d'euros de commissions, assure Mediapart.
Août 2003: Les couples Copé et Hortefeux sont invités par Takieddine dans sa propriété au cap d'Antibes pour des vacances de rêve. Copé confirme à Mediapart avoir eu des relations «strictement amicales». Selon Mediapart, «l'homme d'affaires a effectivement pris en charge, via la société Translebanon, les voyages de Jean-François Copé et de son épouse à Londres puis à Venise, en octobre 2004. Et encore une fois à Londres, en octobre 2005». A ces différentes époques, Jean-François Copé a des fonctions importantes au gouvernement (secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, ministre délégué à l'Intérieur puis ministre délégué au Budget).
Septembre 2003: Levée des sanctions de l'ONU sur la Libye.
Début 2004: Chirac bloque les négociations sur le contrat Miksa avec l'Arabie Saoudite. Il soupçonne un possible financement politique occulte des sarkozystes pour l'élection présidentielle de 2007.
20 avril 2004: Takieddine est victime d'un étrange accident sur l'île Moustique dans les Caraïbes – sans doute une tentative d'assassinat. Il est rapatrié d'urgence à Paris après avoit été examiné sur place par un médecin français proche de Copé. Certains y voient un lien avec son rôle dans les négociations du contrat Miksa.
Octobre 2004: Levée de l'embargo militaire de l'UE sur la Libye. Le temps des affaires va vite reprendre avec ce riche état pétrolier.
Septembre à décembre 2005: Selon Mediapart, «Ziad Takieddine est l'organisateur des visites à Tripoli de Claude Guéant, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, et de Brice Hortefeux, ministre délégué... aux collectivités territoriales». Plusieurs négociations sur des contrats militaires débutent. Le ministère de l'Intérieur est en première ligne, alors que, logiquement, cela devrait être le ministère de la Défense. Il est vrai toutefois que plusieurs de ces contrats concernent des questions d'immigration et de sécurité (comme la surveillance des frontières ou les passeports biométriques) et que c'est à l'époque le premier argument de Nicolas Sarkozy pour la campagne présidentielle de 2007.
Avril 2006: Selon des documents présentés par Mediapart, Ziad Takieddine propose à la Libye un système de cryptage, Cryptowall, vendu par la société française I2E et censé protéger des interceptions de communication par le système américain Echelon. Le contrat s'élève à 33 millions, sur lesquels Ziad Takieddine doit toucher une commission.
Avril 2007: Ziad Takieddine obtient en pleine campagne présidentielle des commissions dont un premier versement de 4,5 millions d'euros sur le matériel de guerre électronique vendu par la société I2E à la Libye, selon Mediapart.
Selon le site Internet, Claude Guéant, alors directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur, a particulièrement œuvré pour que Ziad Takieddine touche cet argent.
Mai 2007: Election de Nicolas Sarkozy.
11 juin 2007: Ziad Takieddine se réjouit de cette victoire. Dans une note confidentielle révélée par Mediapart, il préconise la création d'une «nouvelle société placée sous le contrôle du gouvernement (...) afin de développer les exportations de matériels français en Libye».
24 juillet 2007: Libération des infirmières bulgares. L'opération est présentée comme un grand succès diplomatique pour la France et Nicolas Sarkozy. Takieddine, grâce à ses connexions avec le pouvoir libyen, aurait joué un rôle important.
Septembre 2007: Takieddine, dans une note confidentielle, se réjouit de l'excellence des relations entre la France et la Libye.
10 Décembre 2007: Visite de Kadhafi à Paris. Tapis rouge et tente d'apparat.
13 décembre 2007: Claude Guéant, alors secrétaire général de l'Elysée, déclare que la libération des infirmières bulgares a été obtenue sans contrepartie. En réalité, elle s'inscrit dans une logique de nombreux partenariats commerciaux et d'entraide diplomatique futurs.
2008: Avec le départ en retraite du juge Bruguière, l'instruction de Karachi est reprise par les juges Marc Trévidic et Yves Jannier.
Fin 2008: Les juges commencent à privilégier la thèse de la vengeance dans l'affaire de l'attentat de Karachi. Ils estiment quelques mois plus tard que cette piste est «cruellement logique».
7 mai 2009: Les deux principaux suspects de l'attentat de Karachi, pakistanais et islamistes, sont acquittés.
15 février 2011: Amplification des manifestations en Libye. Début de la répression violente.
5 mars 2011: Ziad Takieddine est arrêté au Bourget de retour de Libye avec 1,5 million d'euros en liquide dans ses valises, comme le révèle L'Express. Il n'est pas poursuivi. Il était dans le même avion que les journalistes du Journal du Dimanche partis interviewer le colonel Kadhafi.
Certains journaux, notamment Le Nouvel Obs, soupçonnent qu'il ait servi d'intermédiaire pour obtenir l'interview de Kadhafi. Le directeur de la rédaction du JDD, Olivier Jay, explique avoir «choisi de ne pas faire de commentaire. Nous préservons le secret des sources.»
17 mars 2011: Vote de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU. Début des raids aériens le 19 mars pour sauver Benghazi.
7 Juillet 2011: Le domicile de Thierry Gaubert, ancien proche de Nicolas Sarkozy – il a travaillé pour lui à la mairie de Neuilly et au Budget sous Balladur – est perquisitionné. Les policiers de la Division nationale des investigations financières (DNIF) souhaitent suivre la piste Takieddine au sujet de l'affaire Karachi. Thierry Gaubert est un proche de Takieddine. C'est lui qui a prévenu Copé de «l'accident» du Franco-Libanais sur l'île Moustique.
Thierry Gaubert est également accusé en ce moment de prise illégale d'intérêts et d'abus de biens sociaux dans le cadre d'une affaire immobilière dans les Hauts-de-Seine au début des années 90. L'affaire est toujours en cours.
12 juillet 2011: Mediapart révèle que, malgré un patrimoine estimé à plus de 40 millions d'euros dans l'hexagone, Ziad Takieddine n'a pas payé d'impôts en France de 2002 à 2007 et en 2009.
S'il déclare bien un revenu venant d'une entreprise libanaise, il est sans aucun rapport à son train de vie. Pour Mediapart, «pour la seule année 2003, quand Brice Hortefeux et Jean-François Copé s'y sont rendus ensemble, la résidence d'Antibes a coûté 333.000 euros, soit l'intégralité des revenus officiellement perçus par l'homme d'affaires». Via un système de société civile immobilière, de société basée à l'étranger et de prête-noms, Ziad Takieddine n'apparaît nulle part officiellement.
Selon l'AFP, Ziad Takieddine ferait l'objet d'un contrôle fiscal depuis le mois de novembre 2010.
20 juillet 2011: Daniel Goldberg, député PS de Seine-Saint Denis, réclame l'audition de Claude Guéant sur son rôle dans la libération des infirmières bulgares.
Le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac (PS), annonce qu'il a l'intention «d'exercer son pouvoir de contrôle» s'agissant de la situation de Ziad Takieddine.
1er août: Interrogé sur la situation fiscale de de Takieddine par un auditeur sur France Inter, le ministre de l'Economie François Baroin explique qu'il a le droit au secret fiscal, comme tout le monde.
Ce qu'il faut retenir et les zones d'ombre:
Sur Karachi
Si la piste financière pour l'attentat de Karachi reste privilégiée, elle n'a pas été formellement prouvée.
• Les différents gouvernements français au pouvoir pouvaient-ils savoir qu'une telle menace pesait sur les ouvriers français?
• Pourquoi Ziad Takieddine a-t-il été imposé comme intermédiaire lors des négociations en 1994? Jusqu'à quel point a-t-il suivi l'affaire ensuite?
• Devait-il reverser une partie de l'argent qu'il n'a finalement pas reçu à des politiques français ou à des officiels pakistanais? Ce non-reversement a-t-il provoqué la mort de onze Français?
Sur la Libye
• Comment Ziad Takieddine est-il devenu l'intermédiaire privilégié de la France pour négocier avec Kadhafi? Qu'a-t-il promis au clan Sarkozy pour que tout passe par eux, notamment Guéant, et qu'a-t-il obtenu en échange?
• Alors que des notes de 2002 de la DGSE évoque la possibilité de la piste financière pour Karachi – et donc de la possible implication de Ziad Takieddine – pourquoi est-il toujours consulté lors de négociations avec d'autres pays? Aucun proche de Sarkozy n'a semblé s'inquiéter à l'époque du fait que c'était une éventuelle «bombe à retardement».
• Quel rôle a-t-il pu jouer lors des premiers mois de l'année 2011 avant la guerre de la France contre la Libye?
Sur le dossier fiscal français
• Alors que manifestement Ziad Takieddine n'a jamais caché son argent, pourquoi les contrôleurs fiscaux n'ont-ils pas été plus curieux?
• Que savaient Copé et Hortefeux des déclarations fiscales de cet intermédiaire précieux? L'Etat français a-t-il fermé les yeux car il était trop utile?
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