Son histoire

La première Caisse d’Epargne de la région, 3ème à être implantée en France, naît le 17 novembre 1819, à Metz. A la différence de ses consœurs fondées alors, elle est le fruit d’une initiative publique, celle des Hospices civiles. Administrée alors conjointement avec le Mont de Piété, elle devient autonome en 1863.

Quelques deux ans après, une autre Caisse d’Epargne est ouverte dans la région, à Troyes ; une troisième est inaugurée à Reims en 1823. Ces trois établissements figurent parmi les dix premières Caisses d’Epargne créées en France. Grâce à la nouvelle institution de nature philanthropique à laquelle ils viennent de donner naissance, les fondateurs souhaitent contrer les risques nés de l’essor de l’ère industrielle  et notamment le paupérisme qu’il engendre. Ils entendent offrir au plus grand nombre les moyens de bien utiliser leur argent et de s’émanciper de toute dépendance matérielle. À une époque où il n’existe aucun organisme de dépôts ouvert à tous, ils destinent la nouvelle institution aux travailleurs modestes, comblant ainsi un manque dans le paysage économique français. La création de la Caisse d’Epargne marque l’avènement de la démocratisation financière. Instrument de lutte contre la pauvreté, la Caisse d’Epargne est un moyen de moralisation des « classes populaires » aux yeux de ses administrateurs.


La pédagogie de l’argent

Le projet est aussi de nature pédagogique. Pour changer l’homme, il faut l’éduquer. L’éducation à l’épargne ,et l’alphabétisation monétaire constituent des éléments clefs de leur projet. Pour ce faire, les fondateurs des Caisses d’Epargne créent un instrument financier novateur, ouvert à tous sans exclusive d’âge ni de sexe (il est accessible aux femmes et aux enfants mineurs), très simple d’utilisation et portant intérêt : le livret. L’apprentissage à l’épargne, dispensé dans les écoles au travers de l’épargne scolaire, les actions de formation à l’éducation financière menées aujourd’hui par l’Association Finances & Pédagogie, rendent compte de la pérennité de ce projet initial.


L’ancrage sur les territoires

Les Caisses d’Epargne obtiennent une reconnaissance officielle en 1835 et deviennent « établissement d’utilité publique ». Elles conserveront ce statut sui generis si particulier jusqu’à la loi de 1999 et leur transformation en banques coopératives. Dans la foulée  de cette loi de 1835, un nombre important d’entre elles voient rapidement le jour en Lorraine Champagne-Ardenne : en 1859, on compte  déjà 38 établissements. Dans la Moselle annexée à l’Empire allemand (de 1871 à 1874),  les naissances de Caisses d’Epargne, qui bénéficient d’une garantie communale et de la législation allemande, se multiplient. On en dénombre 51 au début du XXe siècle. Sur l’ensemble de la région Lorraine Champagne-Ardenne, on compte ainsi jusqu’à 92 établissements autonomes. Ce maillage  très important du territoire est complété par la création, pour les grandes Caisses d’Epargne de la région, de succursales, puis à partir de 1955 par la mise en service de cars succursales. La Caisse d’Epargne invente du même coup la notion de réseau d’agences dans le domaine bancaire. Son succès ne se démentira plus. Afin de mieux servir leur clientèle, dont le nombre va croissant, les plus importantes des Caisses d’Epargne de Lorraine Champagne-Ardenne embauchent peu à peu du personnel et, au départ abritées dans des locaux exigus prêtés par les mairies, s’implantent dans des bâtiments plus vastes. Beaucoup d’entre elles choisissent de construire, au début du XXe siècle, leurs propres hôtels, bâtisses majestueuses (comme à Epernay, Arcis sur Aube, Fumay, Langres, Bar le duc, Briey, etc.), parfois agrémentées de dômes (comme à Remiremont, Epinal ou Langres), ornementées de statuaires et de motifs allégoriques sur le thème de l’épargne et de la prévoyance (Vitry le François, Troyes) et/ou de vitraux (comme Nancy).


Le financement d’œuvres d’intérêt général

Depuis 1837, les fonds du livret sont confiés à la Caisse des dépôts et consignations, qui en assure seule la gestion. Ce faisant, les Caisses d’Epargne deviennent de simples collecteurs de fonds, sans aucune initiative sur l’emploi qu’il en est fait. C’est le cas des Caisses d’Epargne implantées en Lorraine sud et dans la région Champagne-Ardenne. Elles peuvent néanmoins, à partir de 1895, utiliser une partie de leur fortune personnelle pour financer des œuvres et associations d’intérêt général. C’est ainsi que  nombre d’entre elles consentent dès la fin du XIXe siècle des prêts pour la construction des habitations à bon marché (ancêtres des HLM) et financent, dans l’entre-deux-guerres, la mise en place de jardins ouvriers et la construction de bains-douches. Les Caisses d’Epargne de Lorraine nord bénéficient, quant à elles, d’une législation spécifique à partir de 1871. La loi allemande de 1912 leur accorde une large autonomie administrative et des règles de gestion modernes. Elles peuvent ainsi prêter massivement aux collectivités locales. Elles conserveront cette spécificité dans l’entre-deux guerres. Toutes ces Caisses d’Epargne, quelle que spécificité aient-ellessoit leur spécificté, consentent enfin des subventions à de très nombreuses associations de proximité qui œuvrent pour le bien-être des populations locales : dons aux bureaux de bienfaisance, aux hospices de nuit, distributions de subsides aux chômeurs de la ville, aides pour la protection maternelle et infantile, la santé, etc. En 1950, sur le modèle de celles d’Alsace-Lorraine, une loi autorise l’ensemble des Caisses d’Epargne à utiliser une partie de leurs fonds à des prêts aux collectivités locales et organismes de logement sociauxsocial. Les Caisses d’Epargne de Lorraine Champagne-Ardenne participent alors pleinement à la modernisation de leur région, grâce aux financements pour la construction d’HLM, d’écoles, de maisons de retraite, d’infrastructures culturelles et sportives, de bâtiments municipaux, de transports publics, d’ouvrages d’art, de travaux de voiries et d’assainissement…


La bancarisation des activités

Dans les années 1966-67, sous l’impulsion de la réforme des institutions financières, les Caisses d’Epargne sont invitées à développer de nouveaux produits et à moderniser leurs services, pour faire face à la concurrence. La palette de leurs produits s’enrichit rapidement. Dans le même temps, le nombre de salariés augmente, les ouvertures d’agences se multiplient, l’informatique s’inscrit dans le quotidien des agences, les premiers distributeurs automatiques sont installés au début des années 1980. En 1983, les Caisses d’Epargne sont consacrées « établissements de crédit » et deviennent une des banques de plein exercice. Elles peuvent désormais proposer l’ensemble des services et produits bancaires à leur clientèle et s’ouvrent, en 1987, au marché des professionnels et entreprises.


La naissance d’une grande banque régionale

Pour répondre à la diversification de leurs métiers entraînée par la libéralisation de l’environnement économique et financier et la pression de la concurrence, les Caisses d’Epargne rationalisent leur organisation. Cette rationalisation passe par des fusions successives, afin de créer des entités régionales à l’assise financière plus puissante. Au sortir de la guerre, les très nombreuses petites Caisses d’Epargne communales de Lorraine nord, lesquelles avaient été regroupées et remplacées par des Reichkreditkasse sous contrôle allemand, fusionnent et leur nombre passe à 9, puis à 8 (contre 51 avant guerre). Dans les années 1970 et 1980, de nouveaux rapprochements touchent l’ensemble de la région Lorraine Champagne-Ardenne. À l’aube de 1990, on ne compte alors plus que 19 Caisses d’Epargne autonomes. En 1991, suite à une grande reconfiguration nationale, trois grandes Caisses régionales voient le jour : les Caisses d’Epargne de Champagne-Ardenne (19 septembre 1991), des Pays lorrains (11 octobre 1991) et de Lorraine nord (19 septembre 1991). Les deux dernières entités fusionnent en 2003 pour constituer la Caisse d’Epargne de Lorraine. Le 29 novembre 2007, la Caisse d’Epargne Lorraine Champagne-Ardenne naît d’un ultime rapprochement.


La transformation en banque coopérative

En 1999, les Caisses d’Epargne adoptent le statut coopératif. Leur capital est alors ouvert aux sociétaires, par souscription de parts sociales. Aujourd'hui, elles ont plus de 4 millions de sociétaires. Acteur bancaire régional de premier plan sur le marché des particuliers, la Caisse d’Epargne Lorraine Champagne-Ardenne pérennise les liens qu’elle a tissé, depuis l’origine, au plus proche de son territoire, au travers des activités menées auprès des « décideurs en régions », comme au travers des actions d’engagement sociétal qu’elle engage chaque année (microfinance et philanthropie).

 

                 

Voir également

Son fonctionnement

La marque Caisse d’Epargne est un réseau de 17 banques régionales indépendantes fédéré par une fédération nationale (la FNCE) et encadré par un organe central (BPCE). Ces Caisses d’Epargne régionales sont dirigées par un directoire sous le contrôle d'un conseil d'orientation et de surveillance (COS).

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Sa dimension coopérative

Proximité, enracinement local : la Caisse d’Epargne compte parmi les premières banques de sa région. Avec une offre complète en bancassurance, elle accompagne dans leurs projets l’ensemble des acteurs économiques qu’ils soient particuliers, professionnels, entreprises, associations, collectivités locales…

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Ses données clés

Banque régionale de référence, la Caisse d'Epargne Lorraine Champagne-Ardenne est au service des clients particuliers et professionnels qu'elle accompagne dans tous leurs projets. 252 agences et 4 centres d'affaires, répartis sur l'ensemble du territoire, permettent à ses collaborateurs d'accueillir la clientèle dans des espaces de conseil dédiés et adptés.

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