La psychanalyste Françoise Cloarec décrit un déferlement d'émotions inédit lors d'un voyage en Syrie.
Il y a quinze ans, à l'occasion d'un voyage en Syrie, Françoise Cloarec (1), psychanalyste et peintre, a vécu un syndrome de Stendhal. Elle revient aujourd'hui sur cet étrange périple intérieur.
«Je suis partie en 1993 en Syrie, pour faire une conférence et exposer mes peintures. Quitter son pays pour se retrouver dans un endroit où les repères habituels n'existent pas est toujours impressionnant. A Alep, j'ai été véritablement submergée.
Ici, à Paris, on vit chichement avec nos sens. Quand on voyage, la lumière est différente ; les sons, les odeurs nous interpellent différemment, avec une force que l'on avait oubliée. A l'époque, je ne lisais pas l'arabe et je n'arrivais pas à lire les panneaux dans les rues et les souks. Je me repérais donc aux odeurs : les épices, le cuir, la laine, l'encens. C'est par elles que je retrouvais mon chemin.
Surprise. Sur le syndrome lui-même, j'ai un souvenir extrêmement précis. C'était à Ebla, un site historique à 60 kilomètres au sud d'Alep, datant du troisième millénaire avant Jésus-Christ. C'est là que l'on a retrouvé 17 000 tablettes d'argile, gravées dans un dialecte sumérien. Parmi ces ruines, dans ces lieux où sont passés Alexandre, les Romains, les Ottomans, les Croisés, on est tout d'un coup dans les pas de gens qui ont vécu et sont morts plusieurs milliers d'années auparavant.
Cela renvoie à des questions fondamentales, à l'éternité, à sa place d'individu dans cette immense chaîne de l'humanité. Tout cela ne peut que faire vaciller : c'est ce qui est arrivé. Le choc a été d'autant plus fort que je ne m'y attendais pas. Je ne connaissais pas bien la Syrie, je n'avais pas particulièrement étudié son histoire. Contrairement à un pays comme l'Egypte, que l'on visite bardée de guides et d'images déjà vues. Là, tout est arrivé d'un coup.
Mais ce n'était pas désagréable. L'émotion a toujours été très forte chez moi. La grande surprise fut de retrouver quelque chose d'intime dans un endroit où je n'avais jamais été. Une impression de me sentir complètement chez moi, un sentiment de plénitude. Ce n'était peut-être qu'un banal coup de soleil. Mais pour moi, ce fut un ensoleillement général.
Beauté. Stendhal, à Florence, a tenté de se remettre de son choc en lisant des poèmes. J'ai fait de même en essayant de me réapproprier la culture. Le soir, j'ai été dîner avec un ami et la conversation a tourné autour de choses essentielles : l'art, l'écriture, la peinture. J'étais submergée par la beauté de ce site, avec l'envie et le besoin de mettre un mot sur tout ce que je voyais.
On peut dire et répéter "Putain, c'est beau" mais le mot "beau" n'est pas satisfaisant. Depuis cette expérience, il y a maintenant plus de quinze ans, j'ai écrit cinq livres pour tenter de cerner cette sensation. Je n'ai pas encore trouvé le mot précis. Et c'est tant mieux. Tant que je ne l'aurai pas, je retournerai là-bas.»
(1) Désorientée, l'Harmattan, 2006.
Commentaires
KateZ
10H29 18 SEPTEMBRE 2009
A lire aussi sur le meme sujet: Fous de l' Inde ecrit par un medecin de l' Ambassade de France a Delhi.
Vanessa
14H43 03 SEPTEMBRE 2009
Voyager ou ne pas voyager peu importe. Ce n'est pas débile de partir ailleurs, ce sont souvent les raisons de partir qui le sont.
Personnellement j'adore ça même si je suis d'accord avec le commentaire de Tout un Chacun sur certains aspects et notamment la "consommation "du voyage, du pays étranger.
En ce qui concerne ce fameux syndrome de stendhal ou sinon même ces "émotions intenses" que l'on ressent, mon avis (et c'est le mien par rapport à mon expérience et mes observations/réflexions etc..) c'est que beaucoup de voyageurs projettent tout un tas de choses sur les voyages qu'ils effectuent.
Ils fantasment et du coup certaines évocations, visions lorsqu'elles correnspondent à ces projections (justement souvent nourries par les récits anciens ou plus récents, ou bien des films/documentaires etc...) ou ces fantasmes,les font "s'exciter".
J'ai beaucoup voyagé et même vécu en Asie (Japon Inde Thaïlande etc...Chine) et c'est facile là-bas de se laisser emporter. L'ambiance nous envahit et il suffit d'être un peu mélomane ou plus sensible et voilà l'émotion est au rendez-vous.
Je ne "diminue" en aucun cas ces émotions mais bon, quand moi-même je m'émeut devant un paysage ou un événement particulier, je sais aussi qu'il correspond à un rêve que je réalise. (ex: lorsque je me baladait au bord du Tonlé Sap à Phnom Penh et qu'un groupe de musiciens jouaient au bord de l'eau, le simple son du Roneat (xylophone) m'a tout de suite émue et a évoqué pour moi l'essence même de l'Asie que je recherchais...une ambiance/ un passé/ un symbole)
Maintenant faut juste savoir gérer... :-)
Beatus Vir
22H41 17 AOUT 2009
Il est toujours surprenant de voir (de lire) des gens qui ont des avis définitifs sur ce qu’ils ne connaissent pas et qui de plus, se permettent de juger les personnes qui s’expriment avec un aplomb stupéfiant. C’est très regrettable pour eux, car ils se privent d’ apprendre des autres. On peut comprendre que ceux-là n’aient pas envie de voyager, tant ils semblent vouloir demeurer « à la périphérie de leur être », au lieu de se montrer ouverts à la « connaissance ». Je les plains sincèrement, mais, pour ne pas tomber dans le travers que je dénonce ici, je n’irai pas plus loin sur le sujet.
Pour avoir moi aussi vécu un moment d’une intensité émotionnelle extrême devant un paysage, je partage évidemment les sensations décrites dans les témoignages précédents. Mais, le nom de syndrome de Stendhal me gène un peu, car il a ce côté intellectuel qui ne convient pas à toutes les situations rencontrées, et surtout il catégorise de façon très réductrice, les sentiments vécus et ceux qui les expriment, au point d’atteindre des limites totalement subjectives et très exagérées (absolument rien à voir avec ce qu’a cité SHAKANA : « Il est caractérisé par un certain nombre de symptômes psychiatriques comme des états délirants aigus, des hallucinations, un sentiment de persécution, conviction délirante d’être victime de préjudices, d’agressions, de l’hostilité d’autrui »).
Mon ressenti est très proche de celui de MONIQUE : « Cela ne se commande pas; on ne s'y attend pas... Une expérience énorme, bouleversante rencontre avec la présence de l'Autre, du monde, de la vie, ou pourquoi pas de quelque chose de plus grand que soi, qui soudain se donne à "voir", à travers un paysage, une oeuvre d'art qui, littéralement, nous transporte, nous fait bel et bien sortir de nous-même quelques minutes; un ravissement que je suppose extatique, troublant car si fort, si nouveau, et surtout tellement mystérieux. »
Dans mon expérience, ce fut la perception soudaine et quasi extra sensorielle, du sentiment d’être au seuil d’une dimension indéfinissable, infinie, cosmique même, avec pour effet spontané, un débordement émotionnel tel, qu’il provoqua une irrépressible envie de pleurer devant la Beauté, comme on peut pleurer de Joie. J’ai ainsi pleuré un bon quart d’heure devant un paysage aride et désert d’Amérique du Nord, que d’autres auraient trouvé assez banal, alors que mon entourage était stupéfait de me voir dans cet état là.
Ensuite, il y a l’après : qu’est qu’il t’est arrivé ? explique nous ! Malgré toutes les ressources du vocabulaire et la meilleure volonté d’y parvenir, il est quasiment impossible d’expliquer véritablement ce que l’on a ressenti, parce que ce que l’on a vécu est au delà des mots, des concepts, du réel, comme si cela appartenait à un autre monde. La seule description concrète que j’aie pu donner est celle d’avoir apprécié ce paysage, non seulement par la vue, mais aussi par un sens subtil et inconnu qui ne s’est ouvert à moi que quelques minutes, et qui s’est refermé ensuite comme une fenêtre.
Tout un chacun
13H55 16 JUILLET 2009
Merci, Shakana, de bien avoir précisé en quoi consiste exactemente le dénommé 'syndrome de Stendhal'. Il y en a qui, dès qu'ils quittent leur foyer, se prennent pour Lord Byron. La description de l'émoi ressentit par Françoise Cloarec n'a rien à voir avec les terribles sensations dont a pâti Stendhal à Florence. Mais ça fait toujours chic de mettre ses pieds sur les empreintes laissés par d'autres, au demeurant célèbres. Ou, encore, de nous fourrer Dieu dans la salade, à chaque reprise. Ça m'enlève toute envie d'aller en Syrie. De toutes façons j'ai arrivé à la conclusion que voyager est devenu la plus débile des activités humaines, rien qu'à constater le genre de bêtises que débitent les voyageurs et surtout le besoin qu'ils ressentent de nous taper sur les nerfs avec leurs plats récits. Le rêve romantique du voyage, dont Baudelaire se faisait encore l'écho, s'est largement dilué. L'industrie du tourisme aidant (et les médias), les endroits se ressemblent de plus en plus les uns les autres, cet Autre évoqué ne voit en vous qu'un consommateur avide de sensations exotiques (que vous voyagiez seul ou en groupe, vous aurez toujours l'air d'un touriste), à l'intérieur des avions les places se retrécissent, vous vous faites malmener comme du bétail... Alors, lorsque je veux vraiment voyager, je n'ai qu'à aller chercher, dans ma bibliothèque, un bon vieux récit de voyages, d'il y a un siècle au moins, et m'assoir à l'ombre d'un platane pour lire et rêvasser à mon aise.
tunisienne
12H44 06 JUILLET 2009
Salut,
Voila puisque ça t'intéresse a ce point moi je t'invite a étudier l'islam et l'histoire du prophète...
un jour j'ai lue que le prophète lors d'un voyage commercial a été tellement bien accueilli en Syrie qu'il a fait une invocation pour cette terre, pour qu'elle soit bénite que toute personne de passage ou vivant sur cette terre ' la Syrie' trouve la paix du fond de son âme... et le bien être
Pas étonnant et vous n'êtes pas la seule a avoir remarquer la beauté le repos la paix les odeurs l'émerveillement dans ce pays, moi je ne suis jamais partis alors que c'est mon rêve j'ai vraiment envie de ressentir ce bien être que parait il on ne ressent jamais ailleurs.
En vous souhaitant Bon voyage
Monique
15H03 20 AVRIL 2009
Cela ne se commande pas; on ne s'y attend pas.
Pour moi, peu importe le lieu, même si certains me semblent habités. Et que le voyage vers l'ailleurs favorise la rencontre de l'Autre, cet inconnu.
Le maelstrom d'émotions pourrait provenir de cette présence à l'Autre, hors de toute habitude voilant le réel d'une épaisse indifférence. Une expérience énorme, bouleversante rencontre avec la présence de l'Autre, du monde, de la vie, ou pourquoi pas de quelque chose de plus grand que soi, qui soudain se donne à "voir", à travers un paysage, une oeuvre d'art qui, littéralement, nous transporte, nous fait bel et bien sortir de nous-même quelques minutes; un ravissement que je suppose extatique, troublant car si fort, si nouveau, et surtout tellement mystérieux.
Visiteuse, TK
16H30 16 AVRIL 2009
C'est amusant je me retrouve complètement dans le commentaire d'Alain. Je vis également à Tokyo et suis allée à Kyoto l'an dernier pour la première fois. Quelques heures à peine après mon arrivée je me suis retrouvée par hasard dans Gion dans une ruelle déserte, et j'ai croisé trois Geiko qui se rendaient à une représentation. Je n'arrivais pas à croire que cela pouvait être réel, elles étaient si magnifiques, marchaient à petits pas emmitouflées dans leurs kimonos flamboyants. Cela m'a tellement émue, je me suis sentie si privilégiée d'assister à ce moment là que j'en ai pleuré pendant une bonne demi-heure.
Je pense que dans ces moments là on se sent juste tout petits par rapport au monde et à l'histoire de l'humanité, et on ressent aussi comme un gros coup de foudre.
Stendhal est plus lié à un sentiment de délire, d'illumination à en perdre la raison. D'ailleurs on compte environ 5 cas par an de japonais victimes du syndrome de Stendhal à Paris, qui se font rapattrier par une cellule d'urgence, et c'est très clairement pour un sentiment de persécution et de paranoïa, non pas pour une émotion forte qu'ils auraient ressentis en visitant Montmartre.
Kintaro
11H30 16 AVRIL 2009
Plus que beau? C'est sublime peut-etre, a la fois eblouissant et ephemere. C'est pas ca le mot recherche? Je ne sais pas si ca merite d'y consacre trois livres.
Sarfati
18H49 05 AVRIL 2009
Ce qui est frappant c'est
la variabilité des sites selon les personnes: Ebla en Syrie, Kyoto au Japon, Saint Jacques de Compostelle en Espagne, Musée Picasso à Barcelone, Musées de Florence (Stendhal)...etc
On peut en inférer que l'expérience psychique est intimement liée aux valeurs et histoires passées propres à chacun.
Mais comme le vécu est semblable, de type "expérience mystique", on peut rapprocher cela d'un sentiment de retrouvailles avec une Présence première dans la vie du Bébé: présence de la Mère par exemple...
Peut-être chez ceux(celles) qui sont en attente depuis si longtemps de ces retrouvailles...
KateZ
09H28 04 AVRIL 2009
"on a parlé de choses essentielles: l'art, la peinture, la lecture"....chacun ses valeurs d'accord, mais la ca sonne un peu trop élitiste je trouve..et quid de l'amour, de l'amitié, de le vie, des joies et des peines, et de l'insoutenable legereté de l'être ?? Bon appetit.
Axel
14H14 31 MARS 2009
Le syndrome de Stendhal... Je croyais qu'il ne s'agissait que d'un mythe littéraire. Du coup, j'apprécie que cet article ait suscité des témoignages !
Shakana
14H03 31 MARS 2009
Je pense que vous confondez forte émotion et syndrome de Stendhal...
"Le syndrome de Stendhal est une maladie psychosomatique qui provoque des accélérations du rythme cardiaque, des vertiges, des suffocations voire des hallucinations chez certains individus exposés à une surcharge d'œuvres d'art. Cette perturbation est assez rare et touche principalement des personnes trop sensibles. Ce syndrome fait partie de ce qu'on peut appeler les troubles du voyage ou syndromes du voyageur:
Il est caractérisé par un certain nombre de symptômes psychiatriques comme des états délirants aigus, des hallucinations, un sentiment de persécution (conviction délirante d’être victime de préjudices, d’agressions, de l’hostilité d’autrui), une déréalisation, une dépersonnalisation, de l'anxiété, et également des troubles à expression corporelle comme des vertiges, une tachycardie, des sueurs, etc."
Jacouille
12H57 31 MARS 2009
Ce qui n'est pas expliqué dans l'article au sujet du syndrome de Stendhal et que les ploucs comme moi ne connaissent pas voici l'explication de wikipedia: Le syndrome de Stendhal est une maladie psychosomatique qui provoque des accélérations du rythme cardiaque, des vertiges, des suffocations voire des hallucinations chez certains individus exposés à une surcharge d'œuvres d'art. Cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant ! (comme le disait un écrivain bien connu et dont le boulevard qui porte son nom sert de champ clos aux défilés des contestataires)
NB: je n'émarge pas, moi, au salaires de Libé...
Visiteur
10H53 31 MARS 2009
J'ai vécu ça aussi, à Barcelone, au musée Picasso. Les Ménines. Tout à coup, par surprise, le choc -les larmes- là où je ne l'attendais pas... C'est sans doute ce type d'épisode permet de comprendre l'impérieuse nécessité de l'Art. Quelque chose qui vient rocketter notre intérieur, bouleverser notre âme et parvient à faire une curieuse catalyse entre conscient et subconscient. Non ? Peut-être que j'ai juste besoin d'un café ce matin en en fait... En tout cas, je vous le souhaite à tous. Le syndrome, pas le café.
Petit
10H34 31 MARS 2009
Les voyages sont les seuls moments où je suis simplement présente. Je ne me retourne pas sur moi.
Visiteurdelmas
09H58 31 MARS 2009
"""Le soir, j'ai été dîner avec un ami et la conversation a tourné autour de choses essentielles : l'art, l'écriture, la peinture. ""
c'est assez impressionnant de lire ca -
d'accord pour percevoir et reconnaitre quelque emotion profonde , mais de là , pour reconnaitre a cette pseudo culture poetique (ou autre )un interet majeur par les temps que vit cette planete ,
releve d'un etat d'ame assez grandiloquent ,pathetique , presomptueux -------
bref , les artistes europeens pleins de leur superbe ----
Visiteur
09H16 31 MARS 2009
J'ai vécu un choc comme ça en Asie, en Thaïlande. Je me reveillais la nuit et je cherchais ou j'étais pendant de longues minutes. Je me disais : "mais ma porte de chambre elle est pas là d'habitude". J'étais dans une chambre d'hôtel. J'avais perdu mes repères spaciaux-temporels. Et puis la puissance et la présence de Bouddha. Un être peut-être présent sous forme de statut comme le croit les bouddhistes, je confirme, il ne faut pas jouer avec les images et les représentations, c'est peut-être ce qui explique leur proscription de l'Islam. Depuis je sais que le monde n'est pas UN ; il est constitué de bouts qui sont venus des quatre directions de l'espace lointain pour se rattacher l'un à l'autre à la surface du globe.
ma cassette au voleur
08H48 31 MARS 2009
Putain c'est beau, c'est l'harmattan qui publie, la pauvre n'a pas du etre payee trop cher. Preny Drien est un pingre plus gros qu'un Bourgeois de Moliere. I wisk you god look...avec ce publicateur pres de Sessous.
Alan King, Tokyo
05H04 31 MARS 2009
J'aurais bien aimé avoir plus de description sur le sentiment lui-même, outre le fait qu'il était submergeant, mais je crois bien que c'est ce qui m'est arrivé il y a quelques semaines à Kyoto.
Vivant au Japon, j'étais déjà allé à Kyoto, j'avais déjà visité des sites du patrimoine mondial, donc lourdement chargés d'histoire, mais ce soir-là, une amie m'a amené dans le centre de Gion, le quartier hyper traditionnel où meiko et geiko travaillent dans des bars où seuls les habitués entrent.
Au départ, sensation d'être sur un plateau de cinéma, puis mes sens se sont concentrés sur les rues, les bâtiments, les lanternes devant les portes, et pareil, le brutal sentiment d'être revenu à la maison sans y avoir été préparé. Et larmes en continu pendant une vingtaine de minutes, incontrôlables.
J'ignorais que Stendhal avait donné son nom à ce sentiment, si on parle bien de la même chose. Mais surtout, j'aimerais savoir ce qui déclenche ça dans un lieu où on n'a jamais mis les pieds et auquel on ne s'est préparé en aucune façon. La seule explication qu'on m'a proposé ne me semble pas en adéquation avec ce que je sais de ce que semble savoir la science.
polouche
00H16 31 MARS 2009
il m'est arrivé une expérience que je pense être similaire à Saint-Jacques de Compostelle, alors que j'y allai deux jours, sans aucune motivation religieuse, pensant même que ce serait un peu "glauque" vu l'attrait touristique du site. Et bien j'y ai ressenti une sensation de paix intérieure comme il ne m'était encore jamais arrivé lors de mes voyages, j'ai tout de suite sû que j'étais liée à la ville, à la paisibilité, a la sérénité, à son charme moyennageux, à ses rues, à ses odeurs, à ses bruits, à sa population. A chaque fois que j'y pense, j'ai un pincement à l'estomac et je sais que je dois y retourner sinon y vivre: j'en ai besoin. Si je ne me trompe pas, c'est étrangement ressemblnt au récit que vous faîtes de la Syrie et je vais lire les livres dont vous parlez, pour m'aider à comprendre et à mettre un mot sur la sensation si étrange qui me traverse.
pierson
21H29 30 MARS 2009
Vous devriez être honteux d'utiliser le nom de Stendhal pour publier des âneries pareilles.