Résumer Amsterdam à ses coffee shops et son quartier rouge serait une grave erreur. Zoom sur cette attrayante ville néerlandaise, entre bicyclettes, canaux, fleurs et briques rouges.
S’il y a bien une chose frappante lorsque l’on met les pieds pour la première fois dans la capitale néerlandaise, c’est, hormis les innombrables coffee shops et les vitrines rouges, la quantité incroyable de vélos circulant dans la ville. On recense quelque 600.000 vélos pour 750.000 habitants. Les deux-roues sont omniprésents et le pays détient le record (au moins européen) des déplacements effectués en ville par ce moyen de locomotion avec un pourcentage qui atteint les 40% (contre seulement 5% en France). Près de la moitié des Amstellodamois les utilisent comme moyen de transport principal, pour se rendre au travail, mais aussi faire leurs courses ou encore aller chercher leurs enfants à l’école. Il est amusant de voir les branchés, les businessmen et les jeunes allure streetwear se côtoyer en roulant en file indienne sur la même piste cyclable.
Les Néerlandais utilisent tellement leurs vélos qu’ils ont commencé à les customiser. Vous connaissez peut-être le «Pimp my ride» à l’américaine. Voici le «Pimp my bike» à la hollandaise ! Moins bling-bling et plus bobo. Type girly tout rose à pois ou à fleurs, ou déjantés multicolores avec des guirlandes ou encore les plus classes en cuir brut: chaque bicyclette reflète la personnalité de son conducteur. De plus, pour l’adapter à leur style de vie, les Amstellodamois ont appris à optimiser au maximum leur vélo. S’en servant comme d'un réel moyen de transport, certains les adaptent aux contraintes quotidiennes. Si les protège-selles et les sacoches sont incontournables, certains cyclistes avertis font preuve d’encore plus d’imagination. A titre d’exemple, des parents installent une caisse à l’arrière de leur bicyclette pour emmener leurs enfants partout avec eux ou encore les déposer à l’école le matin. Cet amour des Hollandais pour leur petite reine a une conséquence inévitable. Les vélos ont envahi la ville et ils dominent désormais ses rues. Ils ont la priorité sur les piétons, les voitures, les bus et même sur les tramways ! En effet, il n’est pas rare de voir un chauffeur de tramway arrêter son véhicule pour laisser passer un vélo. Encore plus troublant, les cyclistes n’ont pas à s’arrêter au feu rouge. Il est très fréquent d’en croiser qui roulent à vive allure alors que le feu piéton est vert, klaxonnant les piétons déboussolés pour qu’ils les laissent passer. Les vélos sont bien rois à Amsterdam. Mais, contrairement à ce qu’un grand nombre de personnes pourraient penser, il semblerait que les accidents soient rares dans la capitale néerlandaise. Pour cause, les automobilistes, moins nombreux que les cyclistes, et surtout non prioritaires, sont extrêmement vigilants. Certaines études tendent même à prouver que plus les vélos sont nombreux, moins il y a d’accidents car les conducteurs de véhicules automobiles sont réellement sur leur garde. Ils considèrent les cyclistes comme les acteurs principaux de la route et apprennent donc à conduire avec cette dominante.
Quoi qu’il en soit, les bienfaits écologiques de cette pratique sont indéniables. De plus, l'atmosphère qui se dégage de la ville diffère vraiment de celle des autres capitales européennes, souvent encombrées par les véhicules à moteur, bloqués en grand nombre à l’heure de pointe. Amsterdam est comme un havre de paix, dans lequel chacun aurait sa place. Cyclistes, automobilistes et piétons, voire conducteurs de bateaux, se côtoient quotidiennement et apprennent à vivre ensemble, même si, à certains points statégiques de la ville, quand le traffic se densifie, le ballet entre tramways, cyclistes et scooters est impressionnant. Si cette pratique est bien ancrée dans la culture du pays, les pouvoirs publics n’y sont pas totalement étrangers. 20 millions d’euros par an sont consacrés aux cyclistes et à l’aménagement de leurs pratiques quotidiennes. Les pistes cyclables, déjà très nombreuses, sont étendues ou régulièrement réaménagées (15 km de voies vont bientôt voir le jour). Mais bien que le nombre de parkings à vélos croit continuellement (pleine à craquer, la gare centrale devrait bénéficier de 1700 places supplémentaires d'ici 2016, et de nombreux autres emplacements sont également en projet), garer son engin peut s'avérer difficile. Et quand les places sont prises d'assaut, les usagers ont de toute façon recours au parking sauvage (on voit comment chaque coin, poteau et pont servent d'attache). Les mesures en faveur de la bicyclette prises par les pouvoirs publics néerlandais ne font qu’augmenter le phénomène, qui n’est pas prêt de s’arrêter.
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