Des lions et des guépards, des éléphants et des girafes, des impalas et des phacochères, des singes et des vautours,… La liste des animaux annoncés en Afrique du sud a de quoi donner le tournis...

...et permet au pays de se présenter comme une destination verte pour aller voir les fameux Big 5. A juste titre ! Il lui faudra cependant renforcer encore sa vigilance pour s’afficher totalement écolo responsable.
Ce n’est pas l’inquiétude qui nous a étreint ces quelques secondes (quoique !) mais l’émotion d’une rencontre espérée… et aléatoire ! Nous sommes dans le Parc Kruger, la Mecque des amateurs de safaris photos. Les visites organisées le soir dans le Parc sont fréquentes, les phares des véhicules et des torches des touristes le prouvent à l’horizon. Pas question de déranger mais cette ballade est un peu un rituel d’initiation, nous explique le guide. A à la nuit noire, ne se montrent que les animaux qui le veulent ou ceux que la lampe surprend dans leur tanière, révélés par l’éclat de leurs yeux ! Le ranger donne leur nom et s’éloigne, pour ne pas perturber la vie nocturne. Toutes les jeeps circulent ainsi à petite vitesse sur les chemins du Park,
les guides -armés- connaissant parfaitement les lieux de prédilection des buffles et des éléphants mais la nature gardant, comme ce soir, des surprises en réserve !
« Chut, silence » murmure Jeffrey entre ses dents : à deux mètres à peine de notre jeep très ouverte, la silhouette d’un gigantesque éléphant solitaire se dessine sous la lune. Il tourne les oreilles, lève un peu la trompe pour nous sentir puis finit de broyer une tige avant de disparaître d’un pas lourd dans le noir.
Sa masse de 7 tonnes ne produit pas plus qu’un froissement de feuilles. Ouf, la tension retombe.
Pas moins de 22 parcs nationaux émaillent l’Afrique du Sud. Le Kruger est l’un des plus connus : situé tout au Nord, dans le Limpopo, ses 20 000 km2 abritent 147 espèces de mammifères (léopards, lions, guépards, éléphants, buffles, hippopotames,…), 507 variétés d’oiseaux. Les gardes qui accueillent et guident les touristes jouent tous les rôles : protection et découverte de l’environnement mais aussi protection des touristes eux mêmes parfois un peu trop audacieux.
«Chacun doit apprendre l’autre !», explique Jeffrey qui parcourt les sentiers à longueur de journée, son fusil accessible en permanence à portée de main parce que les animaux, habitués à la présence de l’homme, n’en sont pas moins totalement sauvages. On peut circuler dans le Parc avec son propre véhicule, il y a des routes goudronnés qu’il est recommandé de ne pas quitter.
Et on comprend mieux pourquoi il est aussi interdit de quitter son véhicule lorsque Jeffrey nous raconte qu’hier, un garde s’est fait attaquer. Il avait baissé la garde alors que la famille qu’il guidait admirait un lionceau. La mère a surgit et lui a pratiquement emporté un bras. Grièvement blessé, le garde n’a du sa survie qu’au tir émérite d’un autre gardien et à son client, médecin. La tête de Jeffrey nous permet de comprendre que ce n’est pas une histoire pour journalistes en mal d’émotions fortes, et sa main sur le fusil nous le confirme !
Il suffit de franchir les portes très balisées du Parc pour croiser très vite des animaux qui vont et viennent à leur aise, indifférents aux véhicules mais pas confiants pour autant, toujours prêts à s’enfuir ou à défendre leur marmaille. Ici des buffles en troupeau font un bruit d’enfer, là des impalas (gazelles) nous gratifient de quelques sauts aussi gracieux qu’élégants. Jeffrey nous fait remarquer le «M» que dessine le poils noir sur le fond beige de leur derrière : ce sont les impalas Mac Donald ! Le sourire fait vite place à des bouches ouvertes d’admiration devant une maman girafe nourrissant au loin son petit, la tête tournée vers nous pour guetter nos mouvements. La jeep cahote à petite vitesse, s’arrête pour nous permettre d’admirer et Jeffrey, qui les connaît par cœur, nous raconte les anecdotes de la savane. C’est ainsi que le mythe du cimetière des éléphants s’envole : les vieux solitaires ne quittent pas le troupeau pour s’en aller mourir dans un endroit mystérieux. Leurs dents trop fragiles les incitent tout simplement à rechercher sans cesse des pousses plus tendres, mourrant ainsi au bout des chemins balisés par des espèces plus comestibles pour leurs vieilles gencives…
Dommage, l’histoire était belle ! Jeffrey sourit de nos mines déconfites et enchaîne sur le spectacle d’un groupe de vautours, perchés dans les arbres comme dans un album de Lucky Luke : « C’est le signe que le lion n’est pas loin ». Malgré les jumelles pour fouiller les sous bois du regard, impossible de distinguer sa fourrure dans le beige général de la savane sèche. En octobre, c’est le printemps dans cette Afrique australe, une excellente période pour tenter d’y voir les animaux car il y a peu de feuilles aux arbres et les animaux chassent dans la journée, ils n’ont pas trop chaud. S’ils circulent, nous pouvons les croiser !
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