On ne sait toujours pas exactement qui prendra le relais des États-Unis à la tête de l’opération en Libye — l’OTAN devrait prendre en main le volet militaire, la coalition des onze pays engagés dans la campagne de bombardements se chargeant du politique. Mais on est au moins sûr d’une chose : ce ne sera pas l’Union européenne, décidément incapable de s’affirmer sur la scène internationale. La guerre en Libye aura fait au moins une victime collatérale, l’Europe de la défense, comme vient de le confirmer le Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement qui s’est réuni à Bruxelles jeudi et vendredi.
Nicolas Sarkozy, en affirmant lors de sa conférence de presse que « l’Europe de la défense repose d’abord sur le couple franco-britannique », a reconnu que les rêves français d’une « Europe puissance » s’effaçaient devant la réalité, celle d’une simple coopération entre Paris et Londres, « l’Allemagne [ayant] fait un choix », celui du refus de l’utilisation de la force militaire, suivie en cela par une majorité de pays européens. Or, sans Berlin, pas d’Europe de la défense qui tienne. Jeudi, Gérard Longuet, le ministre de la Défense, l’a d’ailleurs reconnu : « C’est une vraie souffrance pour moi qui suis très européen, je me rends compte que l’Angleterre et la France ont la même vision assez responsable et parfois tragique du monde, les autres pays ont perdu l’idée d’être responsables du large environnement. »
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