Le photographe de Finarantsoa expose à Gap la vision délicate de son île natale.
Né en 1954 à Madagascar, Chan Hong Men Pierrot, dit Pierrot Men, a des origines françaises (mère) et chinoises (père). Il vit aujourd’hui à Finarantsoa, dans le sud d’une île à la beauté dévastée, mais qu’il ne cesse d’honorer dans un noir et blanc harmonieux (il pratique aussi la couleur). C’est au cours des premières "Rencontres de Bamako" (Mali), en 1994, que son travail a été remarqué, et depuis, il expose régulièrement ; l’an passé, il était à la Joburg Art Fair, en Afrique du
Sud et à la Grande Halle de la Villette, à Paris, dans l’exposition collective, Kréyol Factory.
Pierrot Men ne cherche jamais à s’imposer par la force, il est dans la légèreté et le ravissement : «Une photo, dit-il, c’est une histoire de rencontre... comme un coup de foudre, ça va très vite et il faut être prêt et près à tout moment.» D’où ces photographies graphiques, où il essaie d’accorder chaque élément, avec un goût prononcé pour les paysages hantés par des silhouettes à la Giacometti.
Certaines de ses photographies rappellent Manuel Alvarez Bravo, elles ont en commun cet élan vers le peuple ; comme son pair mexicain, Pierrot Men s’attache à montrer, par touches impressionnistes, le quotidien de son île, avec tact, tel un ambassadeur discret.
Galerie du théâtre La Passerelle, 137 bd Georges-Pompidou, 05000 Gap
(04 92 52 52 52), du 9 mars au 30 avril.
Aussi un Carnet de la création, aux éditions de l’œil, avec un texte de Virginie de Galzain.
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