Apothéose d’un séjour de ski à Chamonix, la vallée Blanche est l’un des plus beaux hors-pistes du monde. Long de plus de 18 kilomètres, c’est également la plus longue descente à ski depuis une remontée mécanique, le téléphérique de l’aiguille du Midi.
Depuis la gare supérieure du téléphérique, à 3777m d’altitude, on parcourt, selon l’itinéraire choisi, quelques uns des plus beaux glaciers des Alpes: glacier du Géant, glacier d’Envers du Plan, glacier du Tacul, puis pour finir, en pente douce, sur la célèbre Mer de Glace. Si l’enneigement est suffisant, ce qui est généralement le cas en hiver, le voyage se termine skis aux pieds en vallée de Chamonix, après quelques passages en forêt et plus de 2800 mètres de descente ! «Je l’ai fait des centaines de fois et je ne suis jamais lassé C’est un itinéraire génial, tant pour la ballade au coeur du massif du Mont-Blanc que pour le grand ski lorsque les conditions sont là…», souligne Yannick Graziani, guide à Chamonix. «Pour y aller seul, il faut non seulement avoir un bon niveau à ski, mais aussi de l’expérience de ski sur glacier, poursuit-il. Avec un guide, il suffit d’être un bon skieur, mais j’aime pour ma part proposer à mes clients une première expérience de grand ski, aux Grands Montets par exemple». La vallée Blanche, itinéraire hors-norme, se déroule en effet en haute montagne, sur des glaciers vastes et crevassés. Ce n'est pas un domaine sécurisé : il n'y a aucun balisage en place, ni damage, ni service de piste ! Il faut compter quatre à cinq heures de descente, dont un premier tiers qui se déroule au-dessus de 3000 m d’altitude…
François Damilano, guide de haute montagne qui a chroniqué l'année dernière sur notre site l'ascension du Manaslu, est aussi auteur de nombreux topo-guides d’alpinisme de référence. Il vient de publier «La vallée Blanche, plus beau hors piste du monde», un topo très bien fait qui présente, lacune enfin comblé de la littérature alpine, les six descentes à ski les plus classiques du grand bassin glaciaire de la vallée Blanche et de la mer de Glace. Le topo donne les clefs de ces magnifiques itinéraires en les replaçant dans leur dimension alpine : historique, présentation du ski sur glacier, météorologie, problématique de l’altitude, équipement… Grâce à de nombreuses photos, cartes et vues panoramiques, il permet aux amateurs de visualiser clairement chaque itinéraire, d’identifier les passages caractéristiques et les points plus délicats, comme la vertigineuse arête de l’Aiguille du midi, spectaculaire entrée en matière que l’on descend skis sur le sac, ou les passages des barres de séracs des glaciers du Géant et d’Envers du Plan. Pour les skieurs-alpinistes avertis, tout est là pour préparer sa vallée Blanche dans les meilleures conditions. A tous les autres, ceux qui ont toujours rêvé de parcourir cet itinéraire mais le pensaient peut être hors de portée, François Damilano démontre dans ce livre qu’avec le concours d’un guide, le rêve est tout à fait accessible. Quelques 80 000 personnes s’offrent chaque hiver ce voyage unique sur les glaciers du Mont-Blanc…

La vallée Blanche, plus beau hors piste du monde,
par François Damilano.
JMÉditions, Chamonix, 2009. 160 pages, 19,90 euros.
Commentaires
Visiteur
17H57 17 FEVRIER 2010
Bonjour,
Comme indiqué dans l'article, l'objet du livre est bien de replacer la vallée Blanche classique dans sa dimension alpine ET de présenter les 5 autres itinéraires majeures du grand bassin glaciaire : vallée Blanche des Anciens, Petit Envers, Grand Envers, combe de la Vierge, glacier de Toule.
Françoise
Laurent
14H50 17 FEVRIER 2010
J'ai fait cet itinéraire magnifique (la variante de l'Envers du Plan) avec deux copains et un guide de Chamonix. Temps magnifique mais glacial (situation anticyclonique hivernale, léger vent de nord-est par ciel clair). Il ne faut pas lésiner sur les couches de vêtement techniques et la cagoule en microfibre polaire aurait été un plus appréciable, je l'ai achetée... le lendemain.
Les paysages traversés sont à tomber par terre, l'air froid vous saoule, les passages dans les séracs sont magiques. Après la mer de Glace, tranquille balade presque à plat le nez en l'air, il faut se taper un raidillon un peu pénible en montée un peu en dessous de l'arrivée du train à crémaillère. Dix minutes pour ceux qui pètent la forme, 25 pour moi... On rentre à Chamonix centre skis aux pieds si l'enneigement est bon, ce qui était le cas, après une descente un peu bosselée dans des chemins le long du chemin de fer du Montenvers qu'on traverse à un moment au milieu des sapins.
Pas de difficulté énorme à ski,il faut savoir passer en toute neige, il y a quelques passages croûtés selon le temps. Être sérieux sur les trajectoires (on suit le guide dans sa trace pour certains passages) et prendre son pied ! Pas de pente énorme. Quiconque a déjà fait du ski de couloir (même très modeste, c'est mon cas) trouvera l'inclinaison plutôt facile. La vallée Blanche "classique" est encore moins pentue paraît-il.
Par contre, ce qui fout vraiment la trouille, et là je n'ai pas honte de dire que je n'étais pas loin de me chier dessus, c'est la descente de l'arête de l'aiguille du Midi, en godasses de ski sans les skis aux pieds, même si le guide vous assure. Je l'avais prévenu que j'avais le vertige si mes skis n'étaient pas chaussés (bizarrement si je les ai aux pieds je suis bien plus confiant même en pentes assez raides). Ça s'est bien passé mais ce furent les 5 ou 10 plus longues minutes de ma vie, avant de chausser sur le replat en dessous.
Pour conclure : une expérience inoubliable, que je referai peut-être si j'arrive à vaincre ma trouille de la fameuse arête... Allez-y, mais soyez sérieux : ARVA, équipement perso adapté à la haute montagne, à boire, petite pharmacie, portables (chargés) en poche mais ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi, et au moins la première fois, prenez un guide. Le nôtre était jeune, sympa, sérieux sur la sécu et c'est l'essentiel de ce qu'on lui demande, mais un peu trop pressé d'expédier la descente pour aller lutiner sa petite copine (au tarif qu'ils prennent, je trouve qu'ils ne devraient pas presser autant les clients). Pas parfait mais correct, disons. Il y a plusieurs compagnies de guides, avant de partir, tâchez de voir et de discuter avec celui qui sera le vôtre la veille au soir. S'il part la fleur au fusil sans vous poser de questions, méfiance. S'il est désinvolte, ou que pour une raison ou une autre vous ne le sentez pas, faites marche arrière. On ne met pas sa vie entre les pattes de n'importe qui même pour quelques heures, et au prix de la course, son plaisir non plus.
Grouik
11H48 17 FEVRIER 2010
Pourquoi ne pas avoir parlé des variantes (magnifiques) de la Vallée Blanche : Petit et Grand Envers du Plan??