Ta maison contre la mienne pour les vacances. Ce concept a connu une explosion d'adhérents ces dernières années.
Le phénomène "Home exchange" connaît une véritable explosion depuis près de deux ans. Même Hollywood y a consacré un long- métrage: The Holidays, où Jude Law et Cameron Diaz testent ce concept, avec succès.
Le principe est simple: vous prêtez votre maison ou appartement, et en échange, la personne qui vous "héberge" met la sienne à votre disposition. Vos vacances vous coûtent en conséquence moins cher, n'ayant à assurer que le transport et les frais personnels.
"Ce concept me plaît énormément, témoigne Marie- Pierre Elicaste, 61 ans et adepte de ce mode de vacances. Il me permet de faire de nouvelles rencontres, d'avoir un choix plus vaste de destinations et d'économiser énormément". Cette enseignante retraitée prête son chalet de montagne dans les Hautes- Alpes depuis onze ans et a ainsi parcouru la France, le Canada, la Suisse, l' Ecosse et les Pays-Bas. Elle effectue ses échanges par l'intermédiaire d'une agence qui a pour vocation d'organiser ces transactions. "Nous accompagnons les clients du début à la fin de la recherche. Nous prenons en compte tous leurs critères, et faisons signer des contrats où les personnes s'engagent à respecter les règles de savoir vivre", explique Michel Boyer, responsable de l' agence Bovilé.
Ces échanges sont internationaux et les sites proposent un éventail de destinations très large tels que l'Argentine, l'Europe de l'est, les Etats- Unis, le Canada, l'Australie etc. Ils s'effectuent la plupart du temps entre personnes de même catégorie sociale: "nous mettons en contact des gens qui se ressemblent, même s'il est parfois arrivé qu'un logement parisien soit échangé contre une villa en Floride!" déclare Michel Boyer. Il n'est d'ailleurs pas obligatoire que les deux parties désirent partir en même temps: "J'ai réussi à échanger mon appartement parisien une semaine en mai, contre trois semaines à Los Angeles cet été!" confie Bruno, journaliste et fidèle de cette pratique depuis trois ans. Les échanges non simultanés peuvent être réellement facilités grâce à la mise à disposition de résidences secondaires.
En parcourant les forums, il est aisé de constater que tous ceux qui ont tenté l'expérience ne le regrettent pas. Cependant, les mauvaises surprises restent possibles: "Une fois, nous sommes rentrés et des meubles avaient été déplacés. La maison n'était pas propre et il y avait eu un abus du téléphone, mais c'est le cas unique!", se rappelle Marie- Pierre Elicaste.
"Les problèmes peuvent arrivés, c'est certain, raconte Christelle Mistrot-Pachet, collaboratrice du site Troc maison. En cas de litige, nous tentons de l'arranger à l'amiable, mais il peut bien sûr y avoir une procédure de réclamation et cela peut engendrer l'exclusion de membres. Toutefois, nous n'avons jamais eu de problème quant à la véracité des offres".
Ce site est un moteur de recherche d'échanges. Contrairement aux agences, il ne suit pas tous les accords et n'aide pas les internautes au sein de leur démarche. Il fournit simplement les annonces, et les "échangeurs" se mettent, seuls, d'accord sur les conditions.
Ces échanges ne se limitent pas toujours aux biens immobiliers . A l'occasion, la voiture peut également être concernée: "je me souviens lorsque je suis partie en Ecosse, nous avons vu l'autre famille quitter l'aéroport avec notre auto, et là, ça m'a fait bizarre, mais c'est le jeu. Il y a une morale réciproque et un respect mutuel dans ce procédé. Lorsque je quitte ma maison, je n'ai pas peur, d'ailleurs je ne verrouille aucune pièce", explique Marie- Pierre.
Même si la fiabilité semble avérée lorsque l'on s'adresse à une agence, il faut y réfléchir car la démarche est plus onéreuse. Une inscription au sein d'un hébergeur d'offres, garantissant des solutions en cas de litige, coûte en moyenne entre 40 et 70 euros l'année. La consultation des annonces est alors illimitée. Une agence qui traitera votre dossier du début à la fin demande environ 230 euros pour chaque voyage.
La destination la plus prisée en France est la côte méditerranéenne. A l'étranger, ce sont la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis (plus précisément New-York) et les pays méditerranéens qui occupent les premières marches du podium. "Les pays côtiers de la Méditérranée sont les plus demandés, cependant il est difficile d'échanger avec eux, ce procédé ne fait pas vraiment partie de leur culture!" conclut Michel Boyer. Concernant l'été 2008, l'offre s'est réduite du côté des Etats- Unis à l'égard de la France. La désavantageuse parité entre dollar et euro à l'égard des Américains les oriente vers des destinations plus abordables pour eux.
Sélection de sites d'échange:
www.trocmaison.com
www.bovile.com (agence)
www.echangedemaison.com
www.1sthomeexchange.com/fre/
www.echangevacances.com
www.homelink.fr