Bienvenue à Fredericksburg, incongruité allemande avec bières et bretzels à foison, sur fond de musique country et de food trucks.
Quitte à se risquer au Texas, autant voir ses deux faces. D’abord le pittoresque, avec la perle rare : Fredericksburg, bourgade fondée par les colons allemands qui prospère aujourd’hui grâce à ses vignobles. Ensuite, le cool : Austin, spot démocrate dans un désert républicain.
Première étape à Fredericksburg, pour tester le bretzel et le merlot texans. La rue principale (Main Street) sert de gage d’authenticité à la ville avec ses maisons du XIXe siècle, et joue à fond la carte « bienvenue chez les Teutons ». Les échoppes ne sont pas des saloons, mais des Biergarten, des drapeaux noir, rouge et jaune flottent aux côtés d’aigles victorieux (pratique, ça peut représenter les USA ou l’Allemagne). Les restos servent des schnitzel (escalope de veau panée typique de Vienne) à la texane, avec du guacamole et du fromage fondu, accompagné d’un muffin sombre. Du pumpernickel assure le gérant, débarqué de Houston l’année précédente.
Outre la « gastronomie germanique », l’autre business de Fredericksburg, c’est les vignes. Le climat est semi-aride, le sol sec, et personne ne sait vraiment comment le travailler. Mais depuis dix ans, les producteurs s’y essaient, testent tous les cépages, du viognier très correct à un abominable gewurztraminer. D’un point de vue français, pas de vins extraordinaires, mais un cadre convaincant : la route 290 rassemble une dizaine de vignobles proposant des dégustations face aux vignes, souvent accompagnées de concerts (Country, of course).
En roulant vers l’Est sur la 290, on tombe sur Johnson City, qui mérite un arrêt pour le ranch de feu Lyndon Johnson, inchangé depuis que le 36e président y a fait sa crise cardiaque en 1973. Quatre-vingt kilomètres plus loin, on se croirait dans un autre pays : Austin, le repère des weirdos, hipsters, étudiants et musiciens. La moyenne d’âge chute de trente ans, l’indice de masse corporelle de vingt points. Autour de la South Congress Avenue, tatoueurs et boutiques de vintage côtoient les food trucks, qui se déclinent à l’envi : thaï, tex mex, spécialistes du cupcake ou de l’empanada… Un panneau lumineux avec une pin-up rétro annonce Lucy’s Fried Chicken, un restaurant de poulet frit extraordinaire, tant pour la qualité que la quantité de sa viande et ses grits à 2€ (sorte de polenta du Sud des États-Unis). Au nord du fleuve, sur Lamar Street, le disquaire Waterloo donne l’impression que la crise de l’industrie musicale n’a jamais existé, il faut lutter pour faire sa place face aux vinyles. Le quartier autour de la 6th Street, un peu trop touristique, abrite beaucoup de bars dont certains valent le coup, comme Stubb’s, minuscule salle de concert où jouent des groupes d’envergure (en février : Tame Impala, Fun., Two Door Cinema Club). Quand on pense que le festival South By Southwest démarre en mars, on se demande bien pourquoi on est rentré.

Infos pratiques :
Aller-retour à partir de 500 € sur American Airlines (avec une escale à Dallas). Location de voiture à partir de 180 € la semaine. Compter 80 € la nuit à Austin, 40 € à Frederiksburg.
Adresses:
Enchanted Rock Le rocher enchanté est un énorme morceau de granite rose, tout nu, au milieu d’un parc naturel, à 15 km au nord de Fredericksburg. Beau, dépaysant, facile à escalader, même en Converse. 16710 Ranch Rd. 965, Fredericksburg. 5,30 € l’entrée. www.tpwd.state.tx.us/state-parks/enchanted-rock.
Pecan Street Brewing Une large sélection de bières (au moins dix), brassées maison et adaptées aux saisons. La base : une blonde, (« genre Bud Light », ricane le patron), une brune (du type Guinness) et une incroyable variation autour de la rousse (les ales, stars locales). Le mieux, c’est de les tester toutes. 106 East Pecan Drive, Johnson City, www.pecanstreetbrewing.com
Salt Lick BBQ Une institution dans la région : la famille de Scott Roberts tient le barbecue depuis des générations, et lui le gère d’une main de fer. Les ribs (travers des porc) sont croustillants, la poitrine de bœuf fondante. Malin, le vieux Scott a publié un livre de recettes de 400 pages sans dévoiler la composition de sa sauce BBQ. 18300 FM 1826, Driftwood. www.saltlickbbq.com
Dive bar A l’entrée, un tableau indiquait : boissons « recherchées », musique « super », ambiance « sexy », gens « classe ». Derrière la porte, un bar normal : une serveuse au look grunge, des barbus installés au comptoir, The Shins en fond sonore, un écran de télé qui retransmet le mythique Trois amigos ! avec Steve Martin. Et de bons cocktails à 6 €. 1703 Guadalupe Street, Austin. www.diveaustin.com
Bijou studio Que rapporter d’Austin sinon un tatouage ? S’il faut en faire un dans sa vie (ou compléter sa collec’), c’est chez Bijou, dans les mains de femmes avisées, qui comptent, dans leur bibliothèque, quelques ouvrages de références, type Tatouages de taulards d’ex-URSS. Entre 45 et 95 € l’heure. 1618 East 6th Street, Austin. www.bijoustudio-atx.com
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