Sac à dos, chaussures, cordes... Tout sur le matériel

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Chaussures moyenne montagne et régions humides
A quoi faut-il penser pour la moyenne montagne et les régions humides ? Il faut penser à l’adhérence au sol et à la protection contre l’humidité. Privilégiez des chaussures à semelle fortement crantée pour assurer vos pas, que le terrain soit boueux, raide ou caillouteux. Vérifiez la présence d’un chausson imper-respirant* pour l’imperméabilité et la respiration. Les chaussures sont légères et peuvent être basses pour les habitués de la marche sur terrain accidenté. Dans le doute, protégez vos chevilles avec un modèle haut.
En termes d’entretien, le chausson microporeux doit retenir toute votre attention : après chaque sortie, faites-le sécher pour éviter sa dégradation... et les mauvaises odeurs ! En vieillissant, il aura tendance à se tasser et à perdre son imperméabilité : vous pouvez le réimperméabiliser pour accroître sa durée de vie.
Randonnées techniques et alpinisme
Quelles sont les contraintes pour la randonnée technique ?
Il est primordial de garantir son adhérence et de maintenir sa cheville en choisissant des chaussures hautes, semi-rigides et fortement crantées. Pour les treks très techniques, privilégiez les modèles avec amortisseur de talon, qui retarderont les sensations de lourdeur et de fatigue.
Vous pouvez choisir des chaussures “tout cuir”, durables et très imperméables, surtout si le cuir est traité hydrofuge. Elles nécessitent toutefois un graissage régulier.
Vous pouvez aussi opter pour des chaussures avec chaussons à membrane imper-respirante*, plus légères mais plus fragiles. Elles doivent être équipées d’un pare-pierres et de renforts latéraux, et être assez épaisses pour protéger des aspérités du sol.
En cuir ou dans l’une des nouvelles matières synthétiques, la qualité des chaussures a tellement progressé qu’il est difficile de les départager... C’est donc une histoire de confort et de goût !
Comment protéger ses pieds dans le cas extrême de l’alpinisme ?
L’alpinisme cumule à peu près toutes les difficultés pour les pieds, c’est pourquoi, des chaussures à la fois rigides et cramponnables sont nécessaires. Trois choix sont possibles : le “tout cuir’, plus confortable et respirant ; les semi-plastiques, mêlant cuir et plastique ; les coques plastiques, qui ont l’avantage d’être totalement étanches (Tissu à la fois imperméable et respirant, c’est-à-dire que la transpiration est évacuée alors que l’eau ne peut pas entrer).
Préparer son sac

Une pluie impromptue, un vent soudain ou une petite blessure peuvent en effet gâcher les joies du voyage si l’on n’a pas de quoi y remédier... Conseils et astuces de Jean-Luc Moreau, qui fait son sac en tant qu’accompagnateur Allibert depuis 20 ans.
Pourquoi est-il essentiel de bien faire son sac à dos ?
La montagne et le désert sont des milieux particuliers où tout peut arriver : un brusque changement de température, un soleil parfois violent, des insectes ou des serpents hostiles... sans oublier tous les petits tracas du randonneur, de l’ampoule au pied en passant par les foulures jusqu’au petit problème gastrique. Aujourd’hui, on trouve facilement le matériel nécessaire pour faire face à toutes les situations sans pour autant surcharger son sac à dos.
A quoi doit-on penser en priorité ?
Pour remplir utilement un sac à la journée, il faut penser à six aspects de la vie du trekkeur : sa santé, son hygiène, ses vêtements, son alimentation, son hydratation, et bien sûr son plaisir. Quelques éléments sont incontournables, comme la crème solaire, des barres céréales, une gourde, un appareil photo... Pour le reste, il faut à la fois bien appréhender le milieu dans lequel on se rend et bien se connaître : une personne allergique aux piqûres d’abeille, par exemple, sera bien inspirée de ne pas oublier son Aspivenin et son antihistaminique !
Quels accessoires emporter en toutes circonstances ?
Quelle que soit ma destination, j’emporte toujours avec moi quelques accessoires qui servent à tout : un couteau, un foulard en coton, une lampe frontale, un ou deux sacs plastique pour servir de poubelle, un briquet pour brûler mes déchets, une pince à épiler pour ôter les épines, et une paire de chaussures souples et légères pour reposer les pieds en cas de surchauffe. Quand j’accompagne un groupe, je dois vraiment tout prévoir, alors j’emporte aussi des pansements de compression pour les sorties très engagées, un téléphone satellitaire pour les treks engagés... et parfois même un thermos pour offrir thé ou café aux membres du groupe !
Y a-t-il des règles pour ranger ses affaires ?
Il convient d’abord de placer ses différents accessoires dans des sacs plastique, en particulier ses papiers et ses vêtements de rechange. Pour bien répartir la charge et s’épargner des douleurs dorsales toujours inutiles, je conseille toujours trois “épaisseurs” : tout ce qui est léger au fond et au-dessus, et tout ce qui est lourd au milieu.
SANTE_
•Pansement, double peau, compresse, antiseptique.Pastilles pour purifier l’eau._
•Crème solaire (et Biafine pour les plus sensibles)._
•Antimoustique._
•Collyre (pour hydrater les yeux dans le désert).
•Gel anti-inflammatoire._
•Aspivenin._
•Arnica en gélules ou en stick.
VETEMENT
•Cape de pluie (certaines capes se transforment en couverture de survie... un double usage souvent utile !).
•Tee-shirt de rechange en coton (ou sous-vêtement respirant selon les situations)._
•Veste polaire._
•Veste coupe-vent imperméable et respirante._
•Chapeau ou casquette._
•Protection du cou (foulard, tour de cou... parfois intégrée dans le chapeau)._
•Protection du nez (protège-nez fixé sur les lunettes... une feuille d’arbre peut également convenir ! conseillé en haute montagne)._
•Lunettes de soleil de rechange (très pratique en cas de casse ou d’oubli pendant la pause)._
•Paire de gants (indispensable pour la montagne hivernale... et souvent utile, même en plein été, pour la haute montagne)._
•Surpantalon imperméable (selon les destinations)._
•Une paire de chaussure ou de sandale de rechange (légère et souple, elle permet de reposer le pied en cas de surchauffe, pendant la pause ou sur terrain peu accidenté)._•Un foulard en coton (protection contre le soleil ou le froid, serviette d’occasion...).
ALIMENTATION_
•Pique-nique (par exemple : salade, sandwich, fromage, fruit)._
•Couverts (l’idéal reste le couteau suisse multi-usage)._
•Couteau._
•2-3 barres de céréales, fruits secs, pâtes de fruits, pâte d’amandes, bonbons, selon les goûts (pour surmonter les coups de fatigue)._
•1 ou 2 sacs plastique (pour éviter de laisser ses déchets)._
•Briquet (pour brûler ses déchets).
HYDRATATION_
•Gourde ou poche à eau de 1 à 2 litres selon sa destination (la poche à eau permet de s’hydrater très régulièrement sans avoir à s’arrêter et à fouiller dans son sac...)._
•Eau et/ou complément énergétique.
HYGIENE_
•Désinfectant pour les mains. _
•Papier toilette._
•Mouchoir (les mouchoirs en tissu réduisent le volume de déchets).
PLAISIR_
•Appareil photo (attention à vos batteries, pellicule ou cartes mémoire)._
•Paire de jumelles.
DIVERS_
•Téléphone portable (un élément “sécurité” qui dépend toutefois des réseaux GSM)._
•Lampe frontale.
Les noeuds de randonnées
"Inutile d’en connaître des dizaines, quelques-uns suffisent : mieux vaut pratiquer un nombre limité de nœuds et savoir les réaliser les yeux fermés”, explique Gérard Guerrier, directeur général de Allibert Montagnes et Déserts et accompagnateur en montagne.
Quel matériel conseillez-vous ?
Un randonneur qui aime sortir des sentiers privilégiera une corde dynamique de 30 mètres et de 7 millimètres de diamètre. Il doit également prévoir deux mousquetons à vis piriforme (en forme de poire), dont le côté large pourra être utilisé pour réaliser des nœuds et demi-nœuds de cabestan. Deux grandes sangles complèteront l’équipement pour réaliser un harnais de fortune, installer un point fixe, etc. En terrain facile, une corde de 15 mètres suffit : non seulement elle ne pèse rien, mais elle peut faciliter la descente d’une petite barre rocheuse. Elle peut aussi servir de cacolet (harnais brancard), ou à confectionner un brancard de fortune, ou encore une tente improvisée !
Quelle technique de base préconisez-vous ?

Le plus utile et indispensable est à mon avis le nœud de huit. On l’utilise en bout de corde pour éviter de la lâcher ou de la voir filer en bas de la pente. En randonnée, on l’utilise surtout pour attacher la corde à un mousqueton, au pontet d’un baudrier, etc. J’estime que ce nœud peut résoudre 75 % des problèmes du randonneur. C’est donc LE nœud de base, d’autant qu’il est facile à vérifier, à faire et à mémoriser — ce qui n’est pas le cas du nœud de chaise.
Un autre nœud indispensable ?

Le nœud de queue de vache, encore plus simple, permet de faire une boucle dans une corde. Peu consommateur en corde, je m’en sers pour faire des “poignées” sur une corde fixe pour faire passer une petite pente à des personnes peu sûres d’elles qui pourront descendre la corde de poignée en poignée. Attention, cependant, mis en tension, le nœud va se serrer et ne pourra être défait.
Il existe d’autres méthodes pour passer une rupture de pente ou une petite barre rocheuse. La plus simple, si le passage est facile et peu exposé, consiste à attacher une corde à un point fixe et la laisser filer vers le bas. On peut alors, en passant la corde de main à main au travers des bras et du dos, constituer un frein assez efficace. Si la pente est verticale et exposée (une barre rocheuse de quatre mètres par exemple), je recommande de faire passer les randonneurs attachés en bout de corde, un à un, en moulinette. Cette technique est plus sûre et moins impressionnante. Pour cela, on installe un point fixe (exemple : anneau sur un arbre et mousqueton) sur lequel on freine la corde à l’aide d’un demi-nœud de cabestan. Le mieux étant encore d’éviter de se retrouver dans une telle situation !
Dans quel cas conseillez-vous le nœud du pêcheur ?

C’est une bonne technique qui permet d’attacher deux bouts de corde ensemble. Cette méthode élégante consiste à faire un nœud plat autour d’une corde et de répéter le geste sur la seconde : il suffit de faire coulisser et de tirer les deux nœuds, qui vont alors se retrouver l’un contre l’autre. C’est parfait et très utile pour effectuer, par exemple, un anneau de corde ou rabouter deux cordes pour faire un rappel en alpinisme. Mais dans ce dernier cas, on est dans le domaine des guides de haute montagne !
Sur des traversées de torrent ou de névé, quels nœuds doit-on utiliser ?
En traversée (avalanche dans une combe, névé pentu…), on utilise une corde que l’on fixe d’un bout à l’autre. Pour une bonne sécurité, on doit tendre la corde. Cela n’est pas forcément facile, car les cordes de randonnée ont la propriété d’être dynamiques — elles s’allongent lorsque l’on tire dessus ! Cette mise en tension est facilitée par l’utilisation d’un palan, autrement dit un aller-retour de corde qui, à l’aide de deux mousquetons jouant le rôle de poulies, permet de démultiplier la force de l’utilisateur. Dans ce cas, on fait appel à des nœuds de huit pour faire les boucles combinés à un demi-nœud de cabestan pour bloquer la corde lorsqu’on tire dessus. Une fois celle-ci mise sous tension, on arrête l’ensemble avec un nœud de mule.
Ces techniques sont-elles accessibles à tous ? Comment les apprend-on ?
Avec une photo, un bout de corde et des mousquetons, il est facile de les apprendre en les faisant. Le seul problème avec les nœuds, c’est qu’il est nécessaire de les faire régulièrement, faute de quoi, on les oublie ! D’où l’utilité d’en connaître peu mais de bien les connaître.