"Feliz igual pinto no lixo", "être heureux comme un poussin dans les ordures!" Un peu l'équivalent de notre "comme un poisson dans l'eau"... C'est le nom qu'a choisi pour son blog notre jeune correspondante, anonyme expatriée à Brasilia. A suivre sur Libévoyage.
J'ai acheté du tarama, tartiné des toasts, préparé un bon gâteau au chocolat. J'ai failli me lâcher sur du champagne, puis j'ai trouvé le prix stupidement élevé. De toute façon, bientôt, j'en boirai à l'oeil. Avec l'argent d'une bouteille, j'ai pris deux packs de bières. J'ai mis une musique pas assez forte, parce que mes enceintes sont nazes, et tous mes amis sont arrivés. Leurs conversations ont rapidement couvert le son. J'ai ajouté Calle 13 dans la liste pour faire plaisir à Pascal, « mira la gordita metiendo la barriga, mira como se fatiga !». J'ai pleuré, Claire a pleuré, Cécile a pleuré ; même Thomas avait les larmes aux yeux, j'aurais pas cru tiens. J'ai trop bu, Pascal s'est roulé par terre en fin de soirée parce qu'il aime bien faire ça, j'ai jamais vraiment compris.
J'ai dit au revoir à tout le monde. Je ne les reverrai pas avant longtemps.
Le lendemain, je suis montée à Paris avec mon énorme valise pour prendre l'avion, direction la capitale brésilienne. Les gens pensent souvent que c'est Rio mais c'est faux, Rio est simplement la plus belle ville du monde. Un poste de chargée de mission à Brasília ; une superbe opportunité, et de superbes préjugés sur l'espèce de monstre urbanistique qui va m'accueillir pendant ces deux années. Qu'importe. Je suis curieuse, j'ai tellement hâte de retrouver meu Brasil.
Puis on m'a appelé. « En fait vous pouvez partir après Noël, de toute façon avec les délais des procédures de visa, c'est mieux comme ça ». Ok. Je suis revenue. J'ai traîné mes trente kilos jusqu'au deuxième étage de la voiture 18 du TGV Paris-Lyon, personne ne m'a aidé et j'ai trouvé ça moche.
Voilà ; depuis une semaine je me cache plus ou moins dans cet appart, ayant déjà fait mes adieux à tout le monde, l'ayant déjà fait trois ou quatre fois pour certains, épuisée de dire au revoir. Ce que je veux, c'est être épuisée par les onze heures de vol, le décalage horaire, le choc de la découverte et les trente degrés que je vais me prendre dans la gueule en arrivant. Et aussi que ce fichu visa me soit délivré. Il n'y a rien de pire que l'attente lorsque l'on est fin prêt à partir.
Commentaires
Brasileira
18H25 10 JANVIER 2012
Bemvinda à Brasilia désertée doublement (parce que c'est les grandes vacances et parce que au milieu du "cerrado") : 15 degrés et pluie non stop .. Donc prendre parapluie et petit pull.
Habarizaleo
14H08 10 JANVIER 2012
Bemvinda em Brasilia désertée (doublement!) pour cause de grandes vacances, 15 degrés et pluie non stop pour l'instant ...
O pinto
19H41 06 JANVIER 2012
"Voyager Autrement" est la rubrique générique choisie par Libé pour y placer les textes que j'enverrai. Pas vraiment de prétention de faire "autrement", en réalité!
Visiteur
14H21 04 JANVIER 2012
Autrement? Rio - Plus belle ville du monde? Chargé de mission ? Autrement?
pinocchio
12H06 04 JANVIER 2012
wow, ça s'annonce passionnant tout ça!