Le salon de la Mort n'aura pas lieu cette année en avril, comme prévu.
Voilà, on est vendredi 13, on avait prévenu (voir libé du 13 janvier), le vendredi 13 sème la tempête et le malheur. En l'occurence, la nouvelle est tombée là, avant- hier, un mercredi 11 avril (le 11, tu vois ce que je veux dire, sœur cosmique? L'an dernier on a eu 11/11/11, l'occasion de rappeler ce qu'est "l'être médian" obsédé par le 11 (1). Non, on en a pas raté un, de chiffre magico-mystique, le douze, c'est une autre histoire. Bref vivement le 13/13/13.
La nouvelle, donc, bien triste est sans appel: le salon de la Mort n'aura pas lieu cette année 2012, en avril, comme prévu. Un joli lieu de balade pour le week-end, d'où la présence un peu iconoclaste de cet article dans un site Voyages au demeurant très sérieux. Ainsi ont parlé et communiqué sur leur site ( salondelamort.com ) les organisateurs de ce symposium du tombeau: décision a été prise de reporter le rendez-vous, «décision responsable et raisonnable» eu égard à la situation dans le monde. Oui, euh, les gens continuent de mourir ou bien? On aurait raté quelque chose? C'est la crise mondiale, l'économie qui vacille, la situation en Europe, la tension sociale autour des élections et autre farandole de choses plus tristes que la Mort elle- même, si on les suit les organisateurs, qui ont eu raison de ce salon aux 114 exposants l'an dernier. Dont un très remarqué fabricant de cercueils en cartons avec dessins peints dessus et customisés au bon vouloir du client: des fleurs, Johnny, ta mère, ce qu'on veut. De l'écologie mortuaire culturelle, quoi. Mais on s'égare.
Cette année donc, pas de débats psychologiques, philosophiques, spirituels et matériels autour de la mort. Pas de professionnels des métiers liés au décès, associations, organismes officiels et institutionnels. Un signe mauvais? Rappelons encore une fois que cette année craint un max: trois vendredis 13 prévus en 2012, année de la fin du monde également, ce qui fait qu'on en aura fini avec tout ça avant Noël. C'est le maximum pour une année, avions-nous calculé pour le 13 janvier dernier avec des savants mathématiciens, un poil plus sérieux que d'autres calculateurs de chiffre 11 et improbables calendriers mayas. Prochain vendredi 13, c'est le 13 juillet, qui se trouve aussi être, rappelons un peu nos valeurs républicaines au milieu de tout ce fatras mystico- vasouillard, veille du 14 juillet. Il faudrait voir à pas annuler le défilé comme le salon de la mort, sinon ça va être la loose pour le nouveau président.
Y a de quoi être paraskevidékatriaphobique, soit la peur irraisonnée du nombre 13 (triskaïdekaphobie) appliquée au jour de la semaine. Ou autre: 13 à table, numéro 13 dans les maisons et hôtels remplacés par 12 bis, le 13ème signe du zodiaque...Va avoir confiance dans les horoscopes, maintenant!
Pas le salon de la mort, mais tout de même un message d'espoir sur le site d'annonce de décès du salon, qui va chercher une nouvelle formule pour renaître de ses cendres: «il faut parler de la mort pour vivre mieux», «il faut que la mort réintègre la vie» etc. Oui bon, on peut faire des affaires avec, mais on est pas obligés d'y penser tout le temps. Déjà qu'on a la fin du monde dans les jours qui viennent.
(1) http://www.liberation.fr/vous/01012370835-onze-onze-onze