Le Working Holiday Visa, en français Visa Vacances Travail, ça vous dit quelque chose ? Non ? Et bien ce visa «spécial-jeunes-qui-veulent-bouger» est le moyen le plus efficace pour découvrir un pays comme la Nouvelle-Zélande dans sa globalité.
Nous l’avons expérimenté et comme son nom l’indique nous avons travaillé mais surtout pris de grandes vacances… et nous ne regrettons rien !
Dans l’imaginaire commun, la Nouvelle-Zélande est souvent représentée par sa célèbre équipe de rugby, tout de noir vêtue, et son mythique Haka : le « Ka mate ». Par associations d’idées, c’est alors le terme « maori » qui nous vient à l’esprit. Premier peuple à investir ce bout de terre au XIIIème siècle, il se soumettra ensuite au colonisateur anglais. Elle est constituée aujourd’hui de deux îles principales situées à près de 2000km au Sud Est des côtes australes.
Lorsque mes deux amis et moi avons effectué notre demande de visa, nous n’en savions pas beaucoup plus. Mis à part peut être le fait que des paysages extraordinaires, entre océans, plaines et montagnes, sont les véritables colonisateurs du pays. Donc pas de Routard ou autre Lonely Planet. Cette non documentation provoquée traduit alors notre soif de découverte du moment. C’est à nous, et seulement à nous, qu’il appartient de construire un guide quelconque. Nous avons six mois pour cela !
Une fois titulaires de notre Visa et le billet d’avion réservé, l’aventure commence. C’est notre premier grand voyage et nous avons choisi les Antipodes (creusez un trou depuis Albi et vous aurez beaucoup de chances d’apparaître près d’Auckland !). Le premier rendez-vous est pris à Paris Charles De Gaulle le 30 Octobre 2007. C’est bien plus tard que nous nous apercevrons que tout tourne différemment là-bas. Où plutôt qu’ici, tout ne tourne pas très rond…
Après vingt quatres heures de vol, une escale furtive à Singapour, nous voilà à destination : Auckland. On en rêvait, nous y sommes ! L’avion était rempli de personnes d’horizons divers. Le notre, d’horizon, se dessine alors.
Un taxi nous emmène en centre ville pour nous déposer dans notre premier « backpacker ». Typiquement anglo-saxon, le « backpacker » signifie littéralement « porteur de sac à dos » et est en quelque sorte l’équivalent de nos auberges de jeunesses mis à part qu’il y en a partout et de toute sortes (classieux au bord de l’océan, centre de vacances, écologiques et pédagogiques, surf camp etc…). Oscillant entre 15 et 30 dollars par nuit (8 et 15 euros), les tarifs restent plus qu’abordables, ce qui en fait la résidence privilégiée des milliers de jeunes visiteurs.
Pour cette première expérience, c’est un énorme maori baragouinant quelque chose d’incompréhensible qui nous accueille. Regards inquiets… non il blague ! Le maori, on va l’apprendre rapidement, est très jovial. Et pas question de ne pas rire à ses boutades car le maori est souvent costaud, vraiment costaud…
Auckland se révèle être une ville dépaysante et très surprenante du fait de sa végétation impressionnante et de sa mixité raciale (kiwis, maoris et beaucoup d’asiatiques). L’architecture locale est aussi inhabituelle pour nos yeux d’européens habitués au buildings et autres bâtiments massifs lorsqu’on parle de métropole. Ici, tout bâtiment possède un étage unique mis à part dans le cœur de la ville (qui reste très petit) et sa « Queen street », très long boulevard qui n’en finit plus de monter, ou de descendre…
Nous resterons seulement quatres jours dans la plus grande ville de Nouvelle-Zélande qui compte 1 400 000 habitants (soit un tiers de la population totale) et qui est par ailleurs une des agglomérations les plus étendue au monde. Nous avons décidé de prendre la route !
Dans un voyage de ce type, tout se décide sur le tas. En somme, tout est une suite de réactions en chaîne qui s’organise plus ou moins bien selon les rencontres, les motivations et la chance de chacun. Notre première destination se nomme Tauranga, ville côtière au Sud Est d’Auckland et reconnue comme capitale du kiwi ! Nous suivions en fait l’avis d’un ami haut savoyard rencontré à l’aéroport. Il nous assure qu’il est facile d’y trouver un travail. Manque de chance, la saison n’est pas encore là. Nous trouvons alors un petit boulot de trois jours dans un golf où il nous faut aider les jardiniers. Avec du recul c’est probablement le meilleur travail que nous ayons fait. Dommage que c’eut été aussi court. Nous travaillerons ensuite pour une entreprise de « construction intérimaire» (au sens très large). Au programme, ponçage de conteneurs, déménagements, montage d’échafaudage et même ramassage de déchets avec cafards ou autre jus de conserve… Que de choses que nous n’avions jamais envisagé.
Ici, les formalités administratives sont d’une extrême simplicité lorsque vous venez d’un pays comme la France : créer un compte en banque en trente minutes, des contrats de travail instantanés… bref tout est beaucoup plus facile. Le marché du travail est façonné sur celui du Royaume-Uni et est donc très libéral. Le pays est bien sûr très capitaliste mais à la différence du vieux continent, les choses se passent tranquillement et la fâcheuse tendance occidentale à l’individualisme n’a pas du tout la même envergure. On se demande alors pourquoi nos terres d’origines connaissent une telle crise d’identité de nos jours. Le contexte n’est forcément pas le même mais on a l’impression qu’au fond la vie n’est pas très différente, elle est seulement vue d’une autre manière. Plus simplement les gens ont le sourire ici. Et ce n’est pas plus difficile !
Nous ne gagnons pas beaucoup d’argent puisque nous ne travaillons pas tous les jours mais assez pour survivre dans ce coin très prisé par les touristes. La ville voisine, Mount Maunganui, est réputée pour sa montagne improbable au bord de l’océan pacifique et ses vagues magnifiques. Un petit paradis pour les surfeurs que nous sommes.
En attendant de trouver le van de notre rêve pour pouvoir arpenter le pays dans son ensemble, nous logeons dans un backpacker très classe avec une vue imprenable sur la baie de Tauranga et situé dans la rue animée de la ville. Au moins une quinzaine de pubs dans la rue et presque une connaissance dans chacun… ce qui ne nous revient à pas très cher concernant les consommations. Nous y resterons un mois.
Ces trente jours seront en fait un peu la folie. Nous sommes très excités d’être dans ce magnifique pays, nous faisons tous les jours des rencontres de gens venus de toute la planète, le soleil et la plage sont au rendez vous alors qu’en France il commence à neiger, etc… Nous ne comprenons pas vraiment ce qu’il nous arrive…
Nous nous lions avec beaucoup de monde, la vie au backpacker devenant un peu comme une petite famille. Des Allemands (en masse), Hollandais, Saoudiens, Malaysiens, Chiliens, Argentins, Israéliens, Américains, Japonais… bref toutes les langues et tous les continents. Ces rencontres nous forgent, nous font partager et nous font évoluer mais nous le savons bien, restent éphémères. Par contre, notre niveau d’anglais monte en flèche ! Oui le français ne peut régresser en anglais car il fait partie des plus mauvais !
Puis arrive ce jour ou nous tombons tous amoureux… d’un van de 1988 à 250 000 kilomètres. Nous le rachetons à des français qui partent pour l’Australie. C’est un Toyota Hiace tout équipé (il y a même des sous vêtements !) qui va nous promener pendant quatres mois.
Ces cent vingt jours seront inoubliables : des milliers de kilomètres de paysages à couper le souffle, des nuits très serrés à trois sur un matelas de deux mètres sur deux mais avec le bruit de l’océan, un fourbis incessant, des sessions de surfs magnifiques, un Noël passé en panne au bord de la route (merci à la dame pour le petit déjeuner servi… au lit), un nouvel an sur la plage, des ennuis mécaniques toutes les deux semaines, beaucoup de rencontres, mais surtout de grosses rigolades et une aventure humaine comme on n’en vit pas ou peu.
Nos rétines en ont en effet pris plein la vue. Ce pays « du long nuage blanc » comme on le surnomme (ou « Aotearoa » en maori) nous a en effet offert des paysages de haute montagne (le mont Cook culmine à 3750 mètres), des régions côtières très sauvages, des fjords dignes de la Scandinavie, une faune et une flore incroyable (fougères arborescentes, plantes et fleurs inconnues, baleines, dauphins, pingouins…) et j’en passe. Ce qui nous marque le plus est le ciel néo-zélandais. Le crépuscule est toujours magnifique vous offrant une palette de couleurs émouvante et parfois une bataille entre coucher de soleil et lever de lune. Il est tout aussi impressionnant la nuit: la voie lactée, composée d’une multitude d’étoiles, passe comme un trait au dessus de votre tête. C’est peut-être cela finalement le « long nuage blanc »… De grands souvenirs et moments d’émotions. Nos appareils photos cérébraux fonctionnent alors à plein régime.
Ce mode de vie est pour le moins original, notre hygiène pas toujours irréprochable mais c’est la vie de bohème : on s’organise comme on le veut. Aucune réelle obligation, nous avons touché du doigt la sensation de totale liberté et il est très difficile de s’en défaire. Votre chez vous, c’est dehors… et c’est parfois comique !
Entre temps on continue de travailler, un mois dans les champs aux alentours d’Hastings (désherbage, cueillette d’oignons et de citrouilles, entretiens de vignes…) pour des indiens qui nous exploitent un peu. On apprendra seulement à la fin (quand on réussit à réunir assez d’argent pour le ferry « transinsulaire ») que notre boss doit bientôt être incarcéré pour exploitation de clandestins… Mais à l’image de son relief, en Nouvelle-Zélande, on peut passer du tout au tout en quelques kilomètres. Apres avoir vadrouillé un peu dans l’île du Nord dont Wellington, la capitale, qui est une ville très plaisante et un passage obligé pour atteindre l’île du Sud, nous atterrissons à Blenheim. C’est la capitale de la vigne et pendant environ six semaines nous nous occuperons de prendre soin d’elle sous les ordres d’un patron d’origine fidjienne qui nous prend directement sous son aile. Le meilleur boss de toute notre vie à l’unanimité. Il nous paie plutôt bien ce qui nous permet de prendre la route pour la dernière ligne droite de notre trip.
En deux semaines nous accomplissons le tour de l’île du Sud qui est magnifique. Kaikoura, Christchurch, Dunedin, Milford Sound, Queenstown, Greymouth, Nelson… autant de villes différentes par leur taille et leur attraits mai définitivement toutes intéressantes. Comparée à l’île du Nord, celle du sud est moins dense, moins sauvage, moins peuplé mais toute autant mystique. Après une panne mémorable, nous réussissons tant bien que mal à nous séparer de notre van (à contre cœur) pour nous préparer au grand départ.
Partir aussi loin, découvrir une autre culture est forcément une expérience formidable que nous conseillons à tous. Il y a des dizaines de façons de planifier son voyage, le tout est de se donner les moyens de ne rien regretter. Nous n’avons évidemment pas tout vécu pendant cet été inoubliable mais nous avons vécu tout court, avons réalisé un rêve. Et cela n’a pas de prix ! Le 2 Mai au soir, alors que nous nous retournons une dernière fois pour admirer cette magnifique terre d’accueil, elle nous dit au revoir en versant des larmes de lumière. Comme si Auckland savait que nous avions toutes les difficultés du monde à cacher les nôtres…
Si vous êtes adeptes de photographies, visitez notre blog et ces centaines de photos: www.fromagequipuinnz.blogspot.com
Commentaires
Fac
23H40 09 JUILLET 2008
Good bande de chiens...
Biz de Montréal
Fac