Chaque pays de la Méditerranée a sa religion du citron. Et ce n'est pas Paul Balta, auteur d'un nouvel opus "Boire et manger en Méditerranée" (Acte Sud) qui me contredira...
En Egypte, on les trouve partout, vendus sur un morceau d'étoffe à même le sol par les pauvres du Caire, emballés par kilo dans des sacs en plastique transparents, montés en pyramides dans des couffins et toujours au bord de l'assiette. Ils sont tout petits et tout ronds comme des balles de ping-pong, jaune d'écorce et vert de chair avec un goût si puissant qu'on jurerait des citrons verts. Ici, en Palestine, ils sont jaunes - ou à peine -, plus gros et avec deux tétons. La tradition locale est au mélange intime: on les presse et on y ajoute de la menthe fraîche pulvérisée qui verdit la citronnade comme du jus de canne à sucre. Au bord des lèvres, une légère mousse et tout de suite un parfum pénétrant et une acidité surchargée de sucre qui électrise les papilles et fait saliver en fontaine.
Ca se dit: « Aasir leimoun belle nahnah » (1), et le nom est déjà un régal.
Ramallah, le 22 novembre 2004
(1) : « jus de citron à la menthe »
Prix : 15 €
ISBN : 978-2-914214-41-4
Riveneuve editions
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