Chaque semaine, notre correspondant Montagne François Carrel nous livre une chronique sur la vie et l'actualité des stations. seconde livraison: la luge.
Personne n’en parle jamais, et pourtant la luge est l’une des activités hivernales les plus pratiquées, et ça n’est pas prêt de changer, bien au contraire. Au même titre que la raquette à neige, la luge de loisir fait partie des glisses les plus écologiques, puisque qu’elle ne nécessite pour sa pratique la plus basique rien d’autre qu’un pré en pente et un peu d’énergie humaine pour remonter après chaque glissade. Si les enfants sont les principaux amateurs, les ados et les adultes ne sont pas en reste : ces dernières années, on assiste à une multiplication des catégorie de luge, toutes affublées de noms anglais branchés : le snow-tubing, ou la glisse sur de grosses chambres à air de camion, le snake, ou train de luges articulées, l’airboard, luge gonflable sur laquelle on s’installe la tête la première… Autant d’engins à aligner aux côtés du bob avec freins et direction ou de la luge-pelle en plastique, incontournable désormais, au même titre que cette bonne vieille luge en bois à patin, indémodable !
Les stations jouent de plus en plus le jeu : fini le temps où les amateurs squattaient les pistes de ski. Tout domaine skiable qui se respecte aligne désormais sa ou ses pistes réservées à la luge, parfois munie de remontées mécaniques ad hoc, tapis roulant ou autre. Villard de Lans, dans l’Isère a ainsi créé sa colline des Bains, 7 pistes de luge spécialisées (vitesse, tubing, bosses, virages relevés…), Val Thorens (Savoie) offre une piste de luge de six kilomètres de long (45 minutes de descente, beaufort et chocolat chaud à l’arrivée) ! Ce genre d’aménagement est payant, on l’aura deviné, mais la grande majorité des stations ont fait le choix de l’accès gratuit à leurs espaces réservés aux luges… désormais sécurisés, enneigés artificiellement et souvent éclairés de nuit. Avis aux parents : va falloir ruser pour que les petits acceptent de rentrer se coucher.