Chaque semaine, notre correspondant Montagne François Carrel nous livre une chronique sur la vie et l'actualité des stations. Troisième livraison, après l'accident dans une télécabine de Chamonix.
Les remontées mécaniques sont des équipements extrêmement surveillés. Dans chaque département, un bureau de contrôle des remontées mécaniques (BDRM), au sein de la direction de l’équipement (DDE), veille au bon fonctionnement et au bon entretien des machines. Chacune des remontées de France est contrôlée minutieusement chaque année. Les fabricants sont soumis à des règles et normes drastiques. Les équipes de techniciens et mécanos qui font tourner les remontées dans les stations sont eux aussi extrêmement compétents, attentifs au moindre grincement inhabituel sur leur machine.
Et pourtant, Antoine Laurent, chef d’entreprise de 33 ans, père de deux enfants, a payé très cher son comportement potache dans une cabine vieille de 15 ans à peine, samedi dernier sur la télécabine de Planpraz, à Chamonix. Au lieu d’être sagement assis à sa place, il était debout, appuyé avec son pote contre la vitre de plexiglas située face aux portes coulissantes. Il en est mort.
Les premiers tests des gendarmes l’ont montré, même si cela reste à vérifier : les baies vitrées des cabines de la remontée de Planpraz se déjointent sous la pression d’un seul homme, sans choc. C’est tout simplement terrifiant : combien d’ados chahuteurs ont déjà emprunté cette télécabine ? Combien de skieurs ont à un moment ou un autre de leur séjour dans l’une de ces cabines pris appui sur la vitre pour se rhabiller ou jeter un œil en bas ? Et qu’en est il de la solidité des dizaines de milliers de cabines de ce type en service dans le pays ?
A la fabrication, elles sont bien sûr testées par les fabriquants. Mais ensuite ? Personne ne s’en préoccupe plus : sur une cabine comme celles de Planpraz (six places assises et une hauteur ne permettant théoriquement pas de rester debout), la résistance des vitres ne fait pas partie des points de sécurité vérifiés, comme le reconnaissent les responsables des remontées au ministère des Transports.
Cet accident, tout exceptionnel qu’il est, aurait donc sans doute pu survenir plus tôt, ailleurs. On doit en tirer deux leçons. Le respect par les clients du règlement intérieur des remontées est très important. Le contrôle de la résistance des baies vitrées doit être intégré aux contrôles annuels des télécabines en usage ; les cabines défaillantes doivent être renforcées ou détruites, sans plus attendre.
Commentaires
Visiteur
11H09 09 MARS 2008
j'utilise ces télécabines depuis plus de 20 ans, été comme hiver, j'y suis toujour assis sagement et je ne me suis jamais senti en danger, il ne me viendrais meme pas à l'idée de chahuter dans un endroit pareil.
Bill Baroud
08H04 06 MARS 2008
Cela montre une fois de plus à quel point la France est un pays indiscipliné. Un jour peut-être les français comprendront que lorsqu'un règlement est établi c'est le plus souvent pour des raisons de sécurité. Si les industriels doivent maintenant prévoir l'indiscipline et la stupidité des français dans leur norme de sécurité il va devenir impossible de concevoir quoi que ce soit dans ce pays.
Hervé China
13H02 05 MARS 2008
Et une de plus... tout comme le drame du tunnel du Mont Blanc, il y a quelques années... En France, il faut attendre la mort pour s'inquieter de la sécurité et de la maintenance... Auprès de qui désormais la France peut-elle encore prétendre être un pays moderne et industrialisé ?!