Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) menace d'une grève dans les aéroports les quatre premiers week-ends des vacances d'été.
Grosse pagaille dans les aéroports en perspective. Des grèves pourraient en effet perturber cet été les compagnies aériennes françaises si les pilotes n'obtenaient pas d'ici là un vote du Parlement leur garantissant de garder une représentation syndicale spécifique. Selon le quotidien La Tribune de ce vendredi, le Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL), très largement majoritaire, menace, afin de faire pression sur le gouvernement, "de débrayer tous les week-ends du 10 juillet au 3 août, période de gros départs et retours de congés".
Interrogé sur cette information, le président du syndicat, Jocelyn Smykowski, a jugé "un peu prématuré" de parler de grève pour cet été, mais a reconnu que "c'était une possibilité" en l'absence de vote du Parlement, car", a-t-il dit, "notre détermination est forte". "Mais on ne peut pas agir avant la fin de la session parlementaire en juillet", a-t-il ajouté.
Le SNPL demande d'ici là le vote par le Parlement d'une disposition aménageant pour le personnel navigant technique (c'est-à-dire les pilotes) la réforme de la représentativité syndicale entrée en vigueur cette année, de façon à leur permettre de garder une représentation spécifique.
Alors que, selon cette réforme, un syndicat ne peut être reconnu représentatif dans une entreprise, et donc habilité à négocier des accords, qu'il s'il a obtenu 10% des voix parmi l'ensemble de ses salariés, le syndicat demande que, pour les pilotes, ce seuil de 10% se calcule par rapport au seul personnel navigant technique.
Selon M. Smykowski, "le gouvernement s'était engagé, dès octobre 2008, à faire voter une loi en ce sens avant la fin mai. Et pour le moment, il n'y a toujours rien : pourquoi ? ". "Nous sommes en discussion avec le gouvernement, et nous verrons, étape par étape, sa volonté de tenir ses engagements, et en fonction de cela, on peut être amené à prendre des décisions", a-t-il ajouté.
"A Air France, on compte 4.000 pilotes (sur quelque 75.000 salariés, ndlr). Même si un seul syndicat les représentait tous, il ne pourrait franchir le seuil des 10% sur l'ensemble de l'entreprise. La catégorie sur laquelle repose, dans une compagnie aérienne, les plus lourdes responsabilités, en termes de sécurité, n'aurait ainsi plus de représentation syndicale" a-t-il expliqué.
Commentaires
TorF
17H06 22 MAI 2009
"désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit"...
Je demande à voir !
titusdenfer
15H32 22 MAI 2009
Cette annonce est proprement scandaleuse. Ce syndicat refuse les propositions de la Direction et menace une fois de plus de prendre les voyageurs en otages. Est-ce cela la Démocratie?
Leonidas
13H47 22 MAI 2009
Encore une belle illustration de la mentalité de nos chers syndicats.
Alors que des milliers de français auront économisé en vue de leurs vacances annuelles, une poignée de privilégiés (on parle tout de même des pilotes aux avantages considérables) vont tout foutre en l'air et ce, alors qu'Air France est touchée de plein fouet par la crise.
On marche sur la tête dans ce pays.
Visiteur
13H37 22 MAI 2009
La photo illustrant cette dépêche montre une aile de l'aéroport de Toronto au Canada!!!
yr, Montréal
Visiteur
12H51 22 MAI 2009
Super! Je viens de réserver mon billet pour le 12/07! 'faut vraiment que je pense à faire autre chose que d'aller passer mes vacances (et dépenser mon argent) en France.
paddy
12H24 22 MAI 2009
Au lieu de parler des responsabilité des pilotes, vous pourriez aussi dire que c'est la catégorie qui pèse le plus, et de loin, de très loin, sur la masse salariale! Les pilotes, c'est 10% du prix du billet. Plus que le prix de l'avion. Plus que toute la structure (donc plus que l'ensemble du personnel au sol!). Plus que le traitement au sol. Plus que l'entretien de l'avion. Il n'y a que le carburant qui pèse plus.
Et c'est surtout la catégorie la plus corporatiste qui n'a jamais hésité à mettre en péril sa compagnie (en France comme ailleurs) pour défendre ses intérêts étroits.
Le SNPL, dont les membres votent très majoritairement à droite, a de puissants relais à l'UMP et aurait bien voulu profiter du départ de JC Spinetta pour voir une nomination politique: raté, la privatisation est passée par là.
Client
11H43 22 MAI 2009
Je peux vous dire que si Air France nous bloque moi et toute ma famille cet été, ils pourront dire cette fois adieu définitivement à quatre clients au profit du TGV ou de la route.