Ce soir à Chamonix, 2300 coureurs s'aligneront pour prendre le départ de l'une des courses les plus difficiles : l'ultra trail du Mont-Blanc.
Certains auront des hallucinations, imagineront dans la nuit des loups ou des ours planqués derrière des rochers; d'autres s'endormiront d'un coup, à même le sol, éreintés de fatigue; il y aura aussi ceux qui n'arriveront plus à manger, ceux dont les pieds seront si gonflés d'ampoules que chaque pas deviendra douleur... Mais beaucoup aussi connaîtront des moments de grâce lorsque l'aube se lèvera sur le Mont-Blanc, que les glaciers commenceront à luire, ou encore des accès d'euphorie après un plat de pâtes bolognese revigorant... Vendredi soir, à Chamonix, tous en tout cas connaitront l'exaltation de prendre le départ d'une des courses d'endurance les plus ardues au monde : l'ultra trail du Mont- Blanc.
166 km (soit quatre marathons à la suite), 9400 mètres de dénivelé (soit deux fois l'ascension de l'Everest depuis le camp de base), pour faire le tour du toit de l'Europe, en moins de 46 heures. Une épreuve folle donc mais aussi follement belle, au coeur des splendides paysages des Savoie, du Valais et du Val d'Aoste, sur le sentier de grande randonnée du tour du Mont-Blanc.
Ils seront 2300, originaires d'une cinquantaine de pays différents, à prendre le départ de la septième édition de cette épreuve mythique. Et parmi eux, tous les vainqueurs des années précédentes: le Népalais Dawa Sherpa, le Français Vincent Delebarre, le Suisse Christophe Jacquerod, l'Italien Marco Olmo, et le Catalan Kilian Jornet qui, l'an dernier, a créé la surprise en pulvérisant le record: il a remporté l'épreuve en moins de 21 heures et à seulement 20 ans !
L'ultra trail, épreuve d'endurance est pourtant connue pour favoriser les athlètes plus âgés: ce type de course très longue, faisant appel à l'endurance, nécessite en effet une bonne connaissance de soi, de sa résistance face à la douleur mais aussi des années d'expérience pour forger des muscles adaptés au terrain montagneux. L'unique coureur à avoir remporté l'Utmb deux fois est d'ailleurs l'Italien Marco Olmo, à 58 et 59 ans. Et la moyenne d'âge des participants est de 44 ans. Mais Kilian Jornet semble «hors norme». Jusqu'à l'âge de douze ans, il a vécu à 2000 mètres d'altitude dans les Pyrénées espagnoles, dans le refuge que gardait ses parents. Et dès treize ans, il a commencé à pratiquer le ski alpinisme dont il est devenu l'un des meilleurs compétiteurs au monde.
Il ne cache pas son ambition de courir cette année l'Utmb encore plus vite que l'an passé. Mais dans une course ou le taux d'abandon a frôlé certaines années les 70%, rien n'est jamais joué: il faut compter avec les caprices de la météo et nul ne peut exclure une chute ou une défaillance... Ce n'est pas le moindre charme de cette course que de mêler sur les mêmes sentiers l'élite aux «débutants» et de renouveler chaque année les émotions et les sensations.
www.ultratrailmb.com
Crédit photo : www.flickr.com/photos/akunamatata/2821503520/
Commentaires
Visiteur
11H56 31 AOUT 2009
A l'heure où la préoccupation écologique est la préoccupation majeure (bientôt le sommet de Copenhague!), j'espére que leur "ultra trail" va être "ultra propre" et qu'ils ne vont pas laisser des traînées de papiers gras, gobelets, déchets divers; le mont blanc (et la planéte) les remerciera...ah mais les déchets ne contribuent pas au "réchauffement climatique", donc ce n'est pas grave (je sais, je sais, j e "fais du mauvais esprit"...)