Loin des circuits touristiques classiques, c’est un autre Maroc que l'on peut découvrir, un Maroc rural, féminin et authentique: le Maroc de l’huile d’Argan.
A peine sortis de l’appareil, la chaleur et la lumière écrasante s’imposent malgré l’heure matinale. La chaleur sèche de l’Afrique du Nord. La lumière piquante du
Maroc. Le rouge ocre des bâtiments qui se détachent derrière le Tarmac ne laisse aucun doute sur la destination : nous sommes bien à
Marrakech.
Mais ce n’est pas le soleil, ni les stations balnéaires, ni les souks alambiqués de la ville rouge qui m’ont amené jusqu’ici. C’est une autre particularité de ce pays :
une forêt unique au monde, l’Arganeraie. Car elle abrite nombre de trésors naturels et humains encore mal connus des touristes. La principale est bien sur
l’huile d’Argan, que l’on s’arrache à prix d’or dans l’Hexagone et partout dans le monde depuis quelques années. Un voyage qui nous emmène au cœur d’une
filière équitable, là où pousse le précieux et endémique arganier, entre Essaouira, Taroudant et Agadir.
Une forêt pas comme les autres
Cap sur Essaouira, porte d’entrée la plus au nord de l’Arganeraie. En bus, moins de trois heures et une soixantaine de dirhams suffisent pour rejoindre la côte. Sur l’unique route reliant Marrakech à Essaouira, les herbes grillées laissent vite place à un interminable et monotone désert rocailleux. Mais à une heure de l’arrivée, la proximité de la forêt se fait sentir. Les quelques oliviers clairsemés sur les petites collines commencent à se mêler aux arganiers plus touffus, et les enseignes attirant le chaland vers de petites échoppes d’huile d’argan se multiplient.
L’Arganeraie, qui compte environ vingt millions d’arbres et s’étend sur plus de 800 000 hectares, n’est pas une forêt comme les autres. Loin des forêts tropicales et des forêts tempérées, elle se présente comme une savane clairsemée de petits arbres touffus et ramifiés entre lesquels la paille, la roche ou la terre brute forment de petites clairières. Des paysages uniques, agrémentés d’images surprenantes, comme celles de ces chèvres acrobates que l’on trouve perchées en nombre sur les maigres branches, dévorant goulûment les épines de l’arganier. Nul besoin de crapahuter pour apprécier le spectacle, quelques arrêts impromptus au bord des routes suffisent à observer ces troupeaux, quand ils ne traversent pas la route directement devant vous.