Située à l’extrême nord-ouest du Mexique, cette longue péninsule s’étire sur plus de 1300 Km entre Pacifique et mer de Cortez et livre ses richesses contrastées. Pour s’y rendre, il faut faire escale à Mexico et emprunter un vol intérieur direction Tijuana, au nord, ou Los Cabos, au sud. Un billet « Open jaw » permet d’arriver dans une de ces deux villes et de repartir de l’autre.
Bienvenidos à Tijuana !
Métropole tentaculaire de plus de deux millions d’habitants, Tijuana est collée à la frontière des Etats-Unis. C’est le poumon économique de la péninsule. A l’aéroport (pas de visas requis pour les Français), il faut louer une voiture (55 €/jour environ) en précisant que vous souhaitez la rendre au sud de la péninsule (réservations possibles depuis la France). Optez de préférence pour un véhicule adapté (jeep, pick-up) car, en dehors de la route transpéninsulaire qui relie Tijuana a Cabo San Lucas, les autres voies de communication sont souvent en mauvais état et non goudronnées. Ce véhicule vous permettra d’emprunter des
chemins isolés et de découvrir en profondeur les richesses de la région.
Le voyage débute par un tour de la ville et de ses larges avenues rectilignes ponctuées de ronds-points de la « Zona Rio », le quartier des affaires. Point de départ idéal, le CECUT (Centre Culturel de Tijuana), renferme un musée qui retraçe l’histoire de la Basse Californie. Ensuite, direction le centre-ville et l’Avenida Revolucion, artère touristique de la ville jalonnée de boutiques d’artisanat, bars et boîtes de nuit. A ne pas manquer,
le marché aux fruits et légumes où les étalages colorés et la musique locale vous feront oublier que vous êtes au centre d’une grande agglomération. Après deux jours sur place, il faut quitter le brouhaha de Tijuana en empruntant l’autoroute vers le sud. Rapidement, la route s’élève à flanc de falaise pour surplomber l’océan déchaîné. Au détour d’un virage, après avoir longé
le Pacifique sur près de 200 Km, la ville d’Ensenada s’offre au regard. C’est le port le plus important de Basse Californie. La culture mexicaine y est palpable malgré l’influence américaine et il faut prendre le temps de déambuler dans le centre historique et de voir le port et le superbe marché aux poissons. A l’est d’Ensenada s’ouvre la vallée de Guadalupe, qui regroupe à elle seule 70% de la production vinicole mexicaine. Les différents vins dont les noms aux consonances françaises (Château Camou, Château Domecq) ou italiennes (L. A. Cetto) rappellent que les cépages sont importés d’Europe, ont des accents de vins méditerranéens, gorgés de soleil. Vous faites une halte dans le Bed & Breakfast Adobe Guadalupe, niché au milieu des vignes. Les propriétaires produisent leur propre vin et chaque chambre est personnalisée sur le thème des anges…
Plus au sud, on rejoint
San Quintin et
la sierra San Pedro Martir. A mesure que l’altitude augmente, le paysage change et passe doucement d’une végétation méditerranéenne à une steppe désertique. A l’entrée du parc National Sierra San Pedro Martir, un ranch aménagé en chambres d’hôtes (www.melingguestranch.com) constitue un aménagement confortable. Au petit matin, direction de l’observatoire astronomique situé au milieu du parc. Situé à plus de 2800 mètres d’altitude, il offre une vue à 360 degrés sur la région : en face de vous, le Picacho del Diablo culmine à 3096 m. A l’est,
le désert du Colorado situé 3000 mètres plus bas ; au fond, le bleu de
la mer de Cortez (Golfe de Californie), à l’ouest, la forêt de pins et au loin, l’océan Pacifique. Une impression saisissante d’être sur le toit du monde… Mais il est temps de redescendre, pour continuer votre route. Peu à peu, la flore se fait aussi rare que les véhicules croisés. Les collines alentour sont maintenant couvertes de cactus de toutes formes et de toutes tailles. Posés sur la cime des plus hauts, des vautours regardent passer les voyageurs. D’énormes rochers viennent bientôt s’ajouter à ce décor irréel digne des meilleurs westerns. Enfin,
le « cirio », cette plante étrange, unique au monde, déploie sa longue tige pouvant atteindre 20 mètres et prend souvent des positions surprenantes.
Un air de Far West
Plus au sud, c’est
le vrai visage de la Basse Californie qui s’offre aux voyageurs. Ici, le désert foisonne de vie :
cactus Cardon (les plus gros du monde), arbres éléphants aux faux airs de baobabs miniatures, cirios toujours plus hauts, ou autres cactus Chollas… Sans compter de nombreuses espèces animales : coyote, lièvre, lynx ou puma.
Prochaine halte, Bahia de Los Angeles, la baie des anges, qui porte bien son nom. La couleur de l’eau contraste fortement avec le rouge orangé des montagnes. Au bord de la plage, un petit hôtel tenu par des pêcheurs offre à la dégustation
un filet de mérou fraîchement pêché.
Le lendemain, départ en excursion en bateau dans la baie. La mer de Cortez est réputée pour la richesse exceptionnelle de la faune qu’elle abrite (plus de 800 espèces). Le bateau s’approche d’
une colonie de lions de mer installée sur l’une des îles de la baie. Guère effrayés, ils se donnent en spectacle. Plus loin, les dauphins font leur apparition et escortent le bateau tout en réalisant nombre d’acrobaties. Le capitaine fait signe de stopper les moteurs… Autour du bateau,
trois requins- baleines, plus gros poissons du monde, semblent intrigués par la présence du bateau. Il est temps de rentrer au port, deux petites heures auront suffi pour savoir pourquoi
le commandant Cousteau avait surnommé cette mer « l’aquarium du monde ».
Il faut ensuite rejoindre la route transpéninsulaire, Guerrero Negro et l’océan Pacifique. De là, départ en panga (embarcation traditionnelle) à la rencontre de ce qui fait la renommée internationale de la péninsule :
les baleines grises, venues se reproduire dans les baies tranquilles de la Basse Californie. La rencontre est unique : une femelle, longue d’une quinzaine de mètres, et son petit. Les deux cétacés remontent régulièrement pour reprendre leur souffle, sereinement, sans se soucier des observateurs.
Commentaires
JP Lecompte
08H50 12 JANVIER 2010
Ayant habité 4 ans à San Diégo (Ca.)je connais bien la basse Californie pour y être allé souvent pour une journée et pour des week end (très) prolongés. Je partage totalement votre point de vue sur l'intérêt de cette région. Mais nous sommes en 2010, cette région est totalement sous le controle des trafiquants de drogue, on a dénombré plus de 1000 meurtres l'année dernière sur la frontière, dont des touristes américains, tués par balles perdues ou parce que des jeunes voulaient démontrer leur capacité à tuer. Chacun est libre de prendre les risques qu'il veut en allant n'importe où dans le monde mais vous n'avez pas le droit d'inciter quelqu'un à aller quelque part sans l'informer sur les risques encourus.Tijuana a été la ville la plus visitée du monde il y a quelques années, c'est devenu un désert la nuit plus aucun américain n'osant s'y risquer.
L.Leuwen
19H39 11 JANVIER 2010
J'y suis allé il y a 20 ans, c'était très sale, les gens désagréables et on y mangeait horriblement mal. Les plages y étaient dangereuses et pleines de détritus.
Anti-vert
16H36 11 JANVIER 2010
Comme la péninsule fait + de 1000 km de long, je doute que les "écotouristes" dans leur majorité ne la sillonne à pird, à cheval ou à vélo, plutôt à moto, en camping car et en 4X4, ce qui n'est plus de l'écotourisme.
Je crois qu'à notre époque si sensible (et à juste titre) à l'écologie, les journalistes devraient se montrer écoresponsables et ne pas faire d'articles popularisant les derniers paradis perdus, les conséquences en terme de massification touristique peuvent être catastrophiques.