En plein essor, le ski de randonnée, considéré comme un loisir écologique, fédère de nouveaux adeptes. Une chronique de notre correspondant montagne François Carrel.
Le ski de randonnée, dont le nom officiel est «ski de montagne de loisir», a longtemps été désigné par l’expression «ski de printemps» : la saison de ski de rando bat son plein à partir de mars, pour se prolonger pour les passionnés jusqu’au mois de juin parfois, selon l’enneigement en altitude. Au printemps, les journées sont plus longues, il fait beaucoup moins froid en altitude et la neige durcie la nuit par le regel nocturne devient la plupart du temps douce et facile à skier en fin de matinée.
Le principe du ski de rando est simple : il s’agit de grimper par ses propres moyens, skis munis de fixations spéciales aux pieds, jusqu’au sommet d’une montagne ou d’une pente, avant de s’offrir une descente en neige non damée… Cette pratique sportive de pleine nature, écolo et contemplative, permet comme nulle autre de goûter au silence et à la beauté hivernale des montagnes.
La matinée est consacrée à la montée, sportive bien sûr, mais guère plus qu’une randonnée à pied. Les fixations, en position montée, permettent de retrouver à peu de choses près le pas alternatif du ski de fond traditionnel. Les «peaux de phoque», bandes de tissu synthétique anti-recul collées sous la semelle des skis, permettent d’affronter les pentes sans difficulté.
Cette montée, au rythme lent de la marche en altitude, suffirait presque au bonheur d’une bonne partie des adeptes … s’il n’y avait, après le casse-croûte de la mi-journée, la descente ! On décolle les peaux de phoques, on bloque les fixations en position «descente» (elles sont alors tout à fait comparables à des fixations de ski de piste), et c’est parti pour une descente en tout liberté, inoubliable puisque chaque mètre a été gagné à la force des mollets !
Le ski de rando est le hors piste par excellence : il permet de s’affranchir des domaines skiables, puisqu’on a plus besoin de remontées mécaniques ; les stations françaises ne mettent logiquement guère en avant cette pratique... Face à la croissance continue du nombre d’adeptes, certaines stations, en particulier de petite ou de moyenne taille, proposent pourtant des billets spéciaux pour la rando : une seule montée au sommet des pistes, d’où on pourra gagner les sommets voisins non équipés.
Bien sûr, il ne faut pas être débutant en ski pour se lancer, mais il n’est pas non plus besoin d’un niveau technique hors du commun. Tout dépend bien sûr de l’objectif choisi. C’est d’ailleurs là que réside la grande originalité du ski de rando : c’est une pratique montagnarde qui implique avant le départ de choisir un itinéraire adapté, de le repérer grâce aux cartes et topos, de s’informer sur les conditions de neige… Il faut encore acquérir un minimum de connaissances, de matériel et de savoir-faire liés au risque d’avalanche. Le bon moyen de s’initier reste donc de prendre un guide ou un moniteur de ski à la journée : il saura assurer votre sécurité, mais aussi choisir la randonnée où les conditions de neige seront les meilleures à la descente. Attention : le risque de dépendance est réel, et ce dès la première sortie…
Commentaires
Delap
16H37 06 MAI 2008
Oh lala comment les web-specialistes t'ont demonté, mon pauv' François...
Sans blagues, j'ai relu l'article, bien sur qu'il presente le ski de rando sous son meilleur jour, mais pour qui se donne la peine de BIEN le lire en entier, je trouve qu'il reflete assez bien la realité... A savboir que le ski de rando, avec un materiel adapté et un encadrement pour l'apprentissage, c'est accessible a beaucoup de monde, et qu'il est dommage d'en avoir peur...
Je pratique egalement depuis 25 ans, et surtout j'initie tous les ans pas mal de gens au sein d'un club, ce qui reste a mon avis l'un des meilleurs moyens d'apprendre et je vois passer pas mal de gens de conditions et d'ages divers: peu se revelent franchement inaptes meme si tous ne sont pas capables de devenir autonnomes en montagne. Oui, le ski de rando demande un minimum de forme physique: si vous ne faites jamais de sport ou de footing, çà fera mal ! Oui, il reclame un minimu de technique de ski, mais çà reste largement du niveau du cyclotourisme ou de la grande randonnée en montagne (perso, le ski me fait moins mal aux genoux...)
Il est des randonnées à ski comme des randonnées à pied, il y en a de tous niveaux, de toutes distances, de toutes raideurs: a chacun de bien estimer ses possibilités et de choisir son rythme.
De la balade "nordique" sur des collines de 500 m de dénivelée aux descentes extrêmes, il y a toujours moyen de se faire plaisir skis aux pieds sans sacrifier aux onéreuses sirènes des remontées mécaniques.
Merci François pour ton prosélytisme... :-)
orisonic
11H13 17 AVRIL 2008
Merci pour ce reportage !
A quand un article sur le ski de randonnée nordique ?
Une pratique méconnue en France et pourtant qui le mérite !!
Le ski de randonnée nordique ou « back country » est l’arme absolue de la moyenne montagne et des régions nordiques ou arctiques. À l’inverse du ski de fond qui se pratique sur des terrains damés, la rando nordique se pratique en terrain vierge, dans de grands espaces. C’est un formidable outil de découverte et d’exploration pour traverser les forêts, les prairies, les lacs gelés, les plateaux et vallons enneigés…
Je reste à votre disposition concernant ce fabuleux mode de déplacement et je vous invite à visiter :
http://www.skirandonnenordique.com
Orisonic
andy kap
10H32 09 AVRIL 2008
m'ouais...
je viens de lire les commentaires (et l'article bien sûr)
l'auteur est sans doute un peut-être un bon montagnard, c'est, d'accord, un article qui vise le grand public, mais ça le fait pas
y fait un peu plaquette commerciale
Visiteur
09H07 09 AVRIL 2008
je cois que malheureusement le ski de randonnée s'adresse à des gens qui connaissent la montagne, leur condition physique et s'interesse un peu à la météo.
Sinon, allez faire de la rando avec un guide de haute montagne ou avec un de vos amis expert.
Visiteur
23H51 08 AVRIL 2008
pour ceux qui peuvent pas partir a la montagne , il reste ça
http://video.google.com/videoplay?docid=-1516192076828575895&q=trailskat...
rachel
14H36 08 AVRIL 2008
il est vrai que, pratiquante de ce sport depuis quelque temps, je ne l'ai pas du tout reconnu dans ces lignes.
je comprends la reponse apportée par le journaliste, informer d'abord les neophytes. mais, à vous lire, le ski de rando est un sport assez facile et accessible à tous, alors que ce n'est pas le cas. c'est un sport très physique et technique - même sur 600 mètres de denivelé, j'en connais plus d'un qui ont calé ! - et qui demande des connaissances de la montagne au niveau sécurité. ça ne se compare donc absolument pas avec une rando montagne en été (déjà qu'on en voit beaucoup en tongs sur les sentiers en été...). en fait, c'est un bonheur qui se mérite ! et tant mieux, car on n'a pas envie d'embouteillages sur les sommets... ;-))
visiteur
13H11 08 AVRIL 2008
pour quelles raisons présenter un sport aussi physique et qui nécessite une bonne connaissance de la montagne - donc dangereux - sous un jour aussi trivial ?
si le printemps est la meilleure saison pour le ski de randonnée c'est avant tout parce que le manteaux neigeux est plus stable donc moins avalancheux. donc pas question de picnic au sommet quand on part à 6h et qu'il faut être redescendu avant avant 11h.
mais c'est vrai que ça fait moins réver !
pourtant le ski de rando vaut largement tous les efforts qu'il implique. mais justement le plaisir passe par là et par les paysages (plus que par le qualité de la neige qui est rarement poudreuse).
voila ce qu'il aurait été interessant de transmettre au sujet de ce sport.
François Carrel
12H13 08 AVRIL 2008
Salut ami randonneur qui tombe sur ces lignes,
Auteur de ce court article, je tiens à te rassurer :
1) je pratique le ski de rando depuis 20 ans, Alpes allemandes, françaises, suisses et italiennes, Atlas, Turquie, Pakistan, Tibet...
2) cet article ne s'adresse pas à toi, pratiquant averti, alpin viril et affuté, bouffeur de déniv' aux chaussures rabotées et aux Low tech allégées, mais bien au grand public : on est ici sur le site de Libération, quotidien national à la large audience, et pas sur Skitour, ni sur Camp to Camp. Je sais, tu as l'impression sur ton écran tout est au même niveau, mais ce n'est pas le cas, ouvre les yeux.
Je suis montagnard, mais mon métier c'est journaliste : j'essaye donc de défendre et de décrire nos pratiques. Les médias nationaux, d'habitude et tu ne le sais que trop bien, ne s'intéressent à nos activités qu'en cas de drame, de souffrance, de mort. J'essaye donc ici :
1) de positiver, de ne pas systématiquement associer le mot "accident" à nos pratiques.
2) de vulgariser, ce qui passe forcément par des images effectivement imprécises, mais qui voudront dire quelque chose pour un béotien : d'où l'image du pas alternatif du ski de fond par exemple.
3) de défendre une pratique douce : elle existe, y compris autour de toi, et elle n'a rien de scandaleux. Oui il y a des gars et des filles qui ne font de la rando qu'à partir de février ou mars, sur 600 m de déniv' max, sur des pentes à 30 max, uniquement par grand beau et surtout jamais après une grosse chute de neige : juste pour le plaisir, pas pour en baver !
Ce mode de pratique est tout à fait adapté à la clientèle des stations, qui prendront un moniteur ou un guidos à la journée. Et t'inquiètes, leurs objectifs seront toujours différents des tiens : ils viendront pas gâcher ta trace d'expert.
Arvi et bonne neige à toi,
FC
Visiteur 2
11H49 08 AVRIL 2008
Pour les neuneus.
Alors, messieurs Vlan et Visiteur, on fait les gros malins sans savoir? Quelle grosse mode en ce moment. Il se trouve que je connais très bien l'auteur de cet article, qui ski en montagne des Alpes à l'Himalaya depuis deux dizaines d'années. Vous voulez faire du journalisme? Alors commencez par chercher des informations et à les vérifier. Les forums n'ont pas besoin de gens comme vous.
Paul
10H37 08 AVRIL 2008
Le ski de randonnée ce n'est pas particulièrement nouveau. Ah, les Aluflex ! Mais j'ai pas connu les vraies peaux de phoque, hein, elles étaient déjà en peluche synthétique.
En tout cas, allez-y, c'est génial, prenez un encadrement sérieux, je crois que l'article aurait pu insister sur la sécurité : entre les avalanches, les tempêtes où on ne voit plus rien, les jambes cassées ou chevilles tordues, il vaut mieux. Dans le brouillard, j'ai tourné de 90 ° en moins de 100 m sur un trajet que je connaissais parfaitement, et je me suis arrêté 3 m avant une barre rocheuse. Bon, aujourd'hui on a les GPS, les détecteurs, les téléphones portables (si on est en zone desservie) ...
Visiteur
05H16 08 AVRIL 2008
Comment peut-on oser écrire un article aussi mal documenté
par quelqu'un qui n'a pas la moindre idée de ce dont il parle!
"La saison bat son plein à partir du mois de mars",
"guère plus fatigant qu'une randonnée",
"retrouve le pas alternatif du ski de fond"
Chaque ligne n'est qu'ne suite de naïvetés et d'erreurs.
vian
02H35 08 AVRIL 2008
L'auteur de ce billet a t'il deja seulement fait du ski de rando ? Ou meme du ski de fond?
Car la phrase: "Les fixations, en position montée, permettent de retrouver à peu de choses près le pas alternatif du ski de fond traditionnel." C'est absolument faux, la grande difference est la glissade en fond qui modifie les appuis; le mouvement global s'en voit tout a fait modifie. En ski de rando, on est plus proche de la marche a pied ou en raquettes, le cote "pratique" en moins.
thierry
21H58 07 AVRIL 2008
Je rentre de 4 jours de rando en vanoise ; c'est geant, magnifique, ecolo, les superlatifs manquent. Cependant je trouve l'article trop "attractif" pour ce type de loisir qui est on ne peux plus physique d'une part, qui requiert de bonnes qualités techniques et surtout qui ne doit jamais être pris a la legere car tres dangereux compte tenu du risque d'avalanches en cette saison. Un guide est indispensable aux neophytes amoureux de ce genre d'aventures...