Questions de fond sur l’art de dévaler les pistes de ski de la préhistoire à nos jours.
Ça, tout le monde n’a pas la chance d’aller dévaler les pentes enneigées cheveux au vent ou de se la péter en combinaison moulante sur le tire-fesses : chaque année, 7% seulement des Français partent goûter aux joies de la neige. Question de pognon évidemment, mais aussi question d’envie pour certains.
Comme on ne va pas ratiociner des plombes sur l’intérêt ou non de descendre pour remonter, voyons plutôt les questions ontologiques attenantes à cette technique de déplacement millénaire, hissée au rang de sport depuis les années 1910. Mais ça a commencé quand, tout ça ? Les hommes préhistoriques pratiquaient-ils le ski façon les Bronzés ? Combien ça coûte une semaine au ski ? En piste.
Pourquoi tu me parles de bûche ?
Parce qu’en norvégien, le mot ski signifie «bûche» : ils étaient taillés dans le bois à coups de hache.
Combien de chances on a de se péter une patte ?
Sur 8,5 millions de skieurs, on recense en gros 150 000 accidents de ski dont 95 000 en ski alpin. Gaffe à ton genou, ami skieur : avec un réglage improbable ou trop serré, paf, la rotule fait entendre son cri. Ces accidents-là sont en nette augmentation et pour faire un peu croque-mort pas trop fana du ski, rappelons aussi qu’en hors-piste, un décès sur deux est dû aux avalanches.
Mais au fait, pourquoi on se risque le fémur sur cette saloperie de neige ? Et depuis quand ?
Eh bien, pour se déplacer, à l’origine, soit depuis qu’il y a des hommes et de la neige, voyez. On a découvert dans un marécage suédois un fragment de bois de pin qui ressemble furieusement à un ski actuel et qui serait vieux de quatre mille ans. A l’époque, ce sont deux planches de bois (15 cm de large, 2 mètres de long), avec un bâton unique qui sert sans doute aussi de lance.
Après, le ski servira pour la chasse, la guerre (en 1903 l’école de Briançon est créée qui fera des générations de vaillants chasseurs alpins), le transport du courrier, etc.
La France peut-elle se flatter d’avoir le plus grand domaine skiable du monde ?
Oui merci. Notre sol détient 30 % des domaines skiables aménagés dans le monde ainsi que le plus grand parc de remontées mécaniques. Total : 357 stations de sport d’hiver sur 7 massifs, 8 000 km de pistes, 4 013 remontées mécaniques.
Encore un petit chiffre, allez, c’est la partie informative : on claque 60 euros par jour en moyenne au ski, en grande majorité dans les Alpes du Nord (33 %), suivies par les Pyrénées (21 %), les Alpes du Sud et le Massif central (10 %). Bons derniers, le Jura et les Vosges (respectivement 5 % et 6 %). C’est moche, c’est pourtant chouette les Vosges.
Pourquoi loue-t-on plus de skis que de chaussures de ski ?
Question idiote, ça : tu trouves ça ragoûtant de mettre tes pieds dans les chaussettes suintantes d’autrui ?
Qu’as-tu à me dire, flocon ?
C’est fou, on peut lire les flocons. Le flocon donne des tas d’indications sur un peu tout, figure-toi, dont la température de l’altitude à laquelle il a été formé, ce qui est indispensable à savoir avant d’aller se péter la jambe, ainsi que sur les différentes couches d’air qu’il a traversées pour se rendre au sol.
De 0 à - 4 °C : ils ont la forme d’assiettes minces hexagonales ; de - 4 à - 6°C : ce sont des aiguilles ; de - 6 à - 10°C : ils ressemblent à des colonnes creuses ; de - 10 à - 12°C : les assiettes ressemblent maintenant à des flocons à six pointes ; de - 12 à - 16°C : ils ont la forme d’une dendrite. Oui, une dendrite, tu n’as qu’à chercher.
Qui sait ce que veut dire «Rider dans la peuf» ?
Il semble qu’il y ait un métalangage chez les skieurs. En voici quelques exemples fournis par nos consultants : «mets tes bâtons comme si tu portais des valises» (toujours pas compris ce que la mono voulait dire par là), «un jour blanc» quand on voit pas les reliefs, «marcher en canard», «monter en escalier», «faire une trace directe» (soit une traversée d’une piste skis parallèles), une expression dans «les exigences de l’Ecole du ski français pour passer le flocon/ourson et première étoile», dixit notre consultant. Citons aussi le très abscons «feston simple de base sur pente moyenne» Et le désormais culte «rider dans la peuf», qui peut s’importer partout, en n’importe quelle occasion.
Qu’est ce qu’on mange au ski ?
La fondue, tiens, dont voici la légende : des bergers de la région de Fribourg, isolés durant de longues périodes dans les alpages, réutilisent les restes de fromage et de pain rassis de leurs précédents repas. On n’est pas obligés de trouver ça ragoûtant, n’empêche que ça fait un tabac, et que la fondue se répand (si on ose dire) partout grâce notamment aux militaires. On la retrouve même au Mexique à base de fromages locaux. Plusieurs variantes : la savoyarde, la comtoise avec kirsch, celle au cantal, à l’eau-de-vie, au bleu et au gruyère, la normande, au claquos. A la feta, même, ça existe.
Une blague idiote ?
Qu’est-ce qui est froid, qui tombe du ciel en hiver, sur quoi on peut faire du ski et qui se termine par «ile» ? De la neige, imbécile.
Un grand merci au site Skistory.com