On peut dire que la crise a lourdement pesé sur les résultats des tour opérateurs en matière de rendement depuis fin 2008. Mais ce sont les destinations long-courrier (transport international de plus de 6 heures) qui, frappées entre autres par le vent de panique lié à la grippe HaN1, -communément appelé «l’effet grippe A»-, ont le plus souffert de ce repli touristique. Malgré les politiques tarifaires agressives mises en place dès le début des difficultés, elles ont plus que jamais placé les voyagistes internationaux en concurrence, en particulier sur le continent américain. Cette fois, les uns ne se mesure pas seulement aux autres selon des critères de service ou de prestations diverses, mais sur un niveau de réactivité face aux fléaux sanitaires et de mesures de prises en charge quant à la diffusion du virus. Les voyageurs ont également fait preuve d’une grande méfiance quant au continent asiatique.
Les chiffres sont clairs: les voyages à forfait ont séduit 10% de clients de moins en 2009 que l’année précédente. Ces séjours touristiques proposés par des agences ont pour caractéristique qu’ils dépassent les 24 heures, sont vendus à un prix tout compris et couvrent au moins deux des prestations suivantes : transport, logement, excursions, activités culturelles ou sportives... En comparaison, cette dégringolade touche plus gravement les longs-courriers que les moyen-courriers (de3 à 6 heures de vol), qui n’enregistrent une baisse que de 8%.
Sans grande surprise, ce sont principalement les destinations de circuit en Amérique et en Asie qui ont accusé le coup, alors que les destinations séjour comme les Caraïbes ou la zone de l’Océan Indien s’en sont mieux tirées. La région Pacifique souffre notamment d’une hausse constante et importante de ses prix de base, la rendant peu accessible aux budgets moyens de plus en plus nombreux : on y recense -19% de clients. La zone américaine a cumulé cette année les effets de la crise économique générale et ceux de la grippe A. Résultat : l’Amérique du nord (Mexique compris) enregistre une chute de 10,9% du nombre de touristes, avec un été particulièrement difficile où les pertes s’élèvent à 18,4%. L’Amérique du Sud bat dans ce domaine tous les records, avec une baisse fulgurante de 27,7% l’été dernier. L’Asie a relativement mieux résisté, malgré les manifestations dissuasives de Bangkok contre la junte militaire. «L’année 2009 est à mettre entre parenthèses, encourage le PDG d’Asia. Mais quelques pays ont fait un score surprenant, comme l’Indonésie (+48% de touristes) et des destinations à plus petit volume comme le Laos, le Cambodge ou encore la Birmanie.»
D’une manière générale, rares sont les pays qui tirent bénéfice de cette période de troubles. Notons tout de même que l’Île Maurice enregistre une augmentation de 6,9% de ses visiteurs, et les Maldives 4,2%. En parallèle, la Thaïlande observe un effondrement de 19,6% de sa masse touristique, les Antilles françaises perdent 20,1% et, de façon prévisible, le Mexique se voit dépossédé de 17,6% de sa clientèle.
Enfin, le voyage à forfait long-courrier note une régression de 11,6% de son chiffre d’affaire global, ainsi qu’un repli de recette unitaire de 1,8%.
Sources : Ceto (Centre d’Etude des Tour Opérateurs)
http://www.ceto.to/
Informations légales : http://www.easydroit.fr/droit-de-la-consommation/voyages/forfait-touristique.htm