Mise en place du premier portique nouvelle génération de l'Hexagone le 22 février à Roissy en suivant les recommandations de la Cnil.
Le scanner corporel, dévoilé à Paris-Charles de Gaulle lundi 22 février, respectera les recommandations de la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés), a confirmé la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), chargée de son installation. La commission a émis des réserves concernant notamment le respect de la vie privée des passagers, vus comme s'ils étaient nus dans ces portiques de sécurité nouvelle génération.
Paris-Charles de Gaulle recevra lundi le premier scanner corporel de France. La plateforme aéroportuaire est enfin chargée de tester l'outil après plusieurs semaines de report. Son installation au terminal 2E a reçu le feu vert du gouvernement qui a approuvé son test dans la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi II). Son arrivée s'est dans un premier temps heurtée aux réserves de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil).
Si l'autorité ne remet pas en cause l'utilité du body-scanner quant à la lutte contre le terrorisme, elle fustige le "caractère attentatoire à l'intimité et à la vie privée des personnes" et a émis en ce sens plusieurs recommandations.
Elle incite notamment à "privilégier les technologies qui offrent une représentation schématique du corps et non une image réelle, avec notamment des mécanismes de floutage du visage et des parties intimes du corps".
Le scanner corporel dispose, en effet, de la faculté à présenter une image des passagers comme s'ils étaient nus, révélant ainsi les parties intimes. Ces portiques de sécurité ont été développés pour identifier des produits non-repérables par palpation, ou dans les portiques classiques, comme les produits liquides.
L'identification des passagers se révèle être un point particulièrement épineux pour la commission. Pour elle, il est impératif de "restreindre la visualisation des images à des personnes habilitées, dans des locaux non ouverts au public" et de "prévoir un passage dans le sas, sans autre contrôle, afin de ne pas permettre l'identification du voyageur".
Autre écueil : la conservation des images numérisées. Selon la Cnil, il faudrait "conserver les images uniquement la durée requise pour les contrôles" et "sécuriser la transmission informatique des images".
La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) présentera le scanner corporel de Roissy lundi. Selon les premières informations qui circulent, le passage par le portique ne sera pas obligatoire. Seules les personnes volontaires entreront dans le sas de la cabine. Installé au terminal 2E de l'aéroport, il ne concernera que les passagers en partance pour les Etats-Unis.
Ces nouveaux appareils à ondes millimétriques sont déjà testés dans d'autres aéroports dans le monde, en Hollande, en Suisse, à Moscou, à Jeddah (Arabie Saoudite) ou même à Londres à l'aéroport de Luton. Les dix plus grands aéroports américains disposent également de scanners corporels.
"Aucune évaluation scientifique précise sur les conséquences sur la santé des personnes soumises au scanner n'a été effectuée", rappelle la Cnil, qui soulève là, une autre inquiétude évoquée préalablement par les autorités de santé.
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