La plupart des tour-opérateurs français ont décidé de suspendre tous les départs. Entretien avec deux responsables dont les avis divergent sur la question.
Devant les risques de pandémie, les voyagistes membres du Ceto (Association des tour-opérateurs) ont décidé de suspendre tous les départs programmés jusqu'au 31 mai vers le Mexique. Les membres sont priés d'accepter le report sans frais sur la destination ou une autre destination du tour-opérateur, jusqu'au 31 octobre prochain. Les voyagistes "prennent toutes les dispositions pour assurer le retour dans les meilleurs délais" des touristes français sur place.
Les adhérents du Ceto vont par ailleurs se mettre en liaison avec les compagnies aériennes pour permettre aux touristes souhaitant reporter leur voyage de le faire dans les meilleures conditions. "Bien évidemment ces mesures pourront être modifiées à tout moment en fonction de l'évolution de la situation et dans un souci de l'intérêt de la clientèle, des tour opérateurs et des agents de voyages.", souligne l'association dans un communiqué.
Par ailleurs, près de la moitié des voyageurs d'affaires sont prêts à annuler leur voyage au Mexique suite à l'épidémie de grippe porcine, selon un sondage mené par l'éditeur français KDS, spécialisé dans le tourisme d'affaires. Cette enquête menée en ligne lundi 27 avril auprès de 140 entreprises montre que les sociétés prennent très au sérieux les risques liés à la grippe mexicaine. L'étude présentée hier souligne que pour l'heure, la majorité (52%) des touristes d'affaires n'annuleront pas leurs déplacements prévus pour le Mexique dans les semaines à venir. Toutefois, 44% se prononcent à l'affirmative. 12% annuleront leurs voyages pour les Etats-Unis et 9% vers l'Amérique latine.
L'avis de deux tour operateurs
Lydia Mélé, Directrice qualité de Kuoni
Quel est votre positionnement face au Ceto ?
On a suivi les indications. Nous arrêtons tous nos voyages au Mexique à partir du 1er jusqu’au 31 mai. Nous allons proposer aux clients de reporter leur voyage sur une autre date.
Certains voyagistes veulent pourtant poursuivre les voyages au Mexique...
Ça n’a pas de sens. C’est difficile de gérer les activités. Le gouvernement mexicain vient d’interdire les sites archéologiques, les musées et les églises pour éviter tout rassemblement. On ne peut pas proposer aux gens des activités alternatives.
Est ce que vous craignez pour l’avenir?
C’est sûr que ça ne va pas faire du bien à la destination. En plus, on a déjà une baisse générale des trafics. Tout le mois de mai, nous allons stocker les départs. On peut rouvrir cette destination, mais il va falloir un peu de temps avant que les gens n’oublient.
Qu’allez-vous faire pour les gens qui sont déjà sur place ?
On traite les clients à la demande. Dans certaines régions qui ne sont pas infectées, ils ne veulent pas forcément revenir. En plus, en France avec la médiatisation, les gens sont plus au courant qu’au Mexique. Là-bas, ils ne ressentent pas forcément l’inquiétude générale qu’on a ici.
Loïc Minvielle, Directeur général délégué de Comptoir des voyages
Quelle est la politique de Comptoir des voyages face à cette nouvelle épizootie?
La destination reste ouverte. On propose aux clients de changer ou reporter leur voyage. Ils peuvent également aller ailleurs s’ils le souhaitent.
Comptez-vous vous alignez sur la décision du Ceto ?
Le Ceto fait des recommandations, mais ils n’interdisent rien. Chaque tour-opérateur reste libre de sa décision. On peut soit annuler les voyages vers le Mexique, soit continuer.
Est-ce un coup dur pour les voyagistes ?
On a très peu d’annulation. Le mois de mai n’est pas une très grosse date de départ. La plupart de nos clients ont reporté ou maintenu leur voyage. Il existe très peu de psychose.
Quelles sont vos recommandations ?
Il faut voyager avec l’esprit libre. Ce n’est pas nous qui allons dire aux gens ce qu’ils doivent faire ou pas. Ils vont plutôt peut-être nous demander d’autres destinations. Ce qui se passe quand vous voyagez, c'est que vous avez du temps libre, vous prenez du bon temps sans appréhension. Faire un voyage, c’est d’abord un plaisir.
Commentaires
MiKE
19H56 29 AVRIL 2009
" On ne peut pas proposer aux gens des activités alternatives.
" ... Quoiii ?! Il n'y aurait donc que des églises, des pyramides et de grandes places remplies de monde à visiter dans ce beau pays ?? C'est justement ce genre de vision qui rend fragile cette destination : car les tour-operators ne cherchent aucunement à proposer d'autres activités que les plans "beaufs" du Yucatan ou Qunitana Roo.. combien on tle courage de proposer à leurs clients des circuits dans le Michoacan ou à la visite du Chihuahua, etc ?!