Dans le Kachchh, au milieu de ce rien aride, de ce désert qui nous sépare du Pakistan, des îlots...
Oh, pas de verdure, non !
D'activité humaine, de labeur plus que de travail par ces 45° sans ombre.
De loin, un peu avant les buissons qui flottent au dessus du sol, on peut apercevoir des collines blanches, sortes de congères enneigées autour desquelles s'affairent de laborieuses fourmis.
De près, les fourmis se matérialisent en ouvriers, hommes ou femmes, qu'importe !
Mais tous jeunes...
Nous sommes dans un champs de sel...
Les lacs, les parcelles inondées durant la mousson s'évaporent depuis décembre, laissant un dépôt de sel dont le sol regorge.
Gratté, raclé, décollé de la terre, il a été entassé et il ne reste plus qu'à le récolter.
Et charger les camions, à la vitesse d'une remorque en 45 minutes...
A mains de femmes, d'hommes, avec des récipients de vingt litres environ.
Une chaleur suffocante et elles trottinent plus que ne marchent, portant, portant, sans discontinuer, chaîne sans cesse en mouvement.
Seul le chauffeur du camion, assis sur un tas de sel, attend que ça se passe.
Ils travaillent neuf heures par jour.
Pour 100 roupies.
1,50 euro.
Il y a des virgules qui comptent.
Et des pincées de sel parfois non nécessaires que je regrette.
Moi aussi, j'ai envie de me cacher.
De honte de laisser faire.

