Pourquoi voyager en train et bus sinon pour l'écologie? Beaucoup de ceux que nous croisons associent notre voyage à une croisade verte. Certes. Peut-être peut-on y voir quelque chose de cet ordre. A la marge mais là n'est pas toute l'essence de notre périple.
Dubrovnik, 30 jours, 2307 km
Nos 2307 km jusqu'aux confins de la Croatie ont été avalés par le train et l'autobus. Nous avons pu tenter un bilan d'émissions. Avec différents calculateurs, ademe (http://www.ademe.fr/eco-comparateur/) et ecopassenger (http://www.ecopassenger.org/), nous obtenons un chiffre moitié moindre qu'un aller direct pour Dubrovnik en avion. Cependant ces outils ne prennent pas en compte les cycles de vie ( http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2009/06/20/lavion-plus-vert-train) des infrastructures de transport -d'où la problématique des nouvelles constructions comme le Lyon-Turin (lien vers post 2)-, ils se limitent aux émissions liées aux trajets à proprement parler et à l'énergie nécessaire à la production d'électricité ou de carburant.
Nous serait-il donc possible de vraiment conclure quant à notre éventuelle sobriété ? Faut-il même l'envisager alors que nous avons rejeté l'idée d'un trajet direct, la valeur « efficacité » ?
Le luxe de la lenteur
Dubrovnik, 30 jours, 2307km, 212 euros, 13 escales. Nous nous sommes offert comme postulat de voyage que le déplacement était aussi une affaire d'hommes et de rencontres inopinées. Nous voulions y trouver du collectif pour ce que les frôlements qu'il ne manque de provoquer dégagent d'humanité. Le métro parisien a beau n'être qu'un infâme cloaque pour qui y est assujetti, pour celui qui garde la curiosité et l'émerveillement du voyageur, il reste un formidable laboratoire humain. Nous espérions partager un peu de la vie des hommes en empruntant ces véhicules qu'ils investissent chez eux pour travailler, échanger, se rencontrer, aimer. Le transport collectif terrestre, c'est une véritable expérience de communication. Bien souvent il nous aura permis de vivre ces petits instants à la fois délicieux et déstabilisants où, seuls étrangers dans un bus bondé de locaux, nous nous sommes remis à la bienveillance du groupe.
Terrestre et par tout petits bonds - nous n'avons tout au plus voyagé en moyenne qu'une heure par jour, comme tous les européens (http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/spipwwwmedad/pdf/Etudes_documentsN3_cle519651.pdf) pour leurs déplacements ordinaires-, le voyage offre le luxe de l'errance. Pour le même prix qu'un aller Paris-Dubrovnik acheté quelques jours avant départ, nous avons rêvé de revivre la dérive heureuse de Nicolas Bouvier en 1953.
Printemps dalmate
Nous avons écouté les opposants au Lyon-Turin à Chambéry, nous nous sommes entassés dans les trains bondés de la plaine du Pô à l'heure de débauche. Nous avons souri d'apprendre que l'architecture palladienne de Vicenza avait nourri la non moins palladienne architecture du Liberia (http://www.cca.qc.ca/fr/le-cca-propose/1899-genealogie), passant par l'Angleterre et les demeures du Sud américain, avant de quitter les champs de coton avec les esclaves libérés. Nous avons conditionné du yaourt (http://rupa.petkovec.com/) dans une verte campagne slovène alors que le pays tentait de s'extirper d'une inextricable situation de banqueroute bancaire et que le peuple grondait. Nous avons déploré avec Damian, né à Zadar, le vieille inimitié serbo-croate qui tue toute tentative de bilinguisme en Slavonie. Nous avons emporté avec nous les haiku croates de Branimir de Split et goûté un Prosek familial bien vert sur l'île de Bisevo... Partout en Dalmatie, un parfum nous a enivré, les orangers étaient en fleurs.
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