La Chine est un pays à part, un pays de forts contrastes. Et c'est à Shanghai, une ville en plein essor, que j'ai vu ces différences impressionnantes. Des différences par rapport à notre mode de vie et notre culture, mais aussi des grandes inégalités régnant dans la ville.
À 12 heures de vol, on découvre un nouvel aspect du monde, une ville magnifique et misérable, dont on aimerait tout voir. Un voyage étant toujours trop court, je ne pourrais vous parler que de ce que j'ai vraiment eu le temps d'observer et de comprendre sur cet univers si déroutant mais si touchant. Pour oublier les vélos, le riz, la muraille et les JO ; et se concentrer sur une mégapole dont on a pas fini d'entendre parler.
"New York version Asie"
Arrivée à l'aéroport de Shanghai Je ne me suis jamais sentie autant... étrangère. Un grand aéroport où j'entends chinois, où je vois chinois, mais où je ne comprends pas grand-chose... Me voilà en Chine, ce grand pays dont on parle tant, mais qu'on ne connaît pas suffisamment. Décidée à profiter de la chance que j'ai d'être ici, je ne perds pas une miette de mon début de séjour. Alors, après une heure de route pour retrouver l'endroit où je serai logée, découvrant d'ailleurs une circulation plutôt dangereuse, direction le centre de la ville pour voir en vrai ce qu'on a l'habitude de voir en photos sur Shanghai La mégapole par excellence, d'immenses tours et buildings (habitations et bureaux), des publicités géantes, des gens partout, un bruit de fond permanent... et la pollution. Je me croirais presque à New York sans jamais y avoir été, mais version Asie.
Je me retrouve donc sur la promenade du Bund, un boulevard rempli de bâtiments historiques aux styles différents, datant de l'ancienne concession internationale, et qui est depuis largement devenue touristique. Cette promenade m'offre une vue imprenable sur le nouveau district de PuDong, séparé du Bund par le fleuve Huangpu qui traverse la ville, qui est considéré comme le nouveau quartier des affaires de la ville et connaît un essor économique très important. De nombreuses sociétés se sont maintenant installées, ainsi que de nombreux hôtels et des tours toutes plus hautes les unes que les autres, telles que la Shanghai World Financial Center actuellement en construction, qui devrait mesurer 492 mètres. Je n'en crois pas mes yeux, et je ne suis pas toute seule. Les flash d'appareil photo crépitent autour de moi, car cette promenade c'est un peu la Croisette ici, mais à une échelle plus grande, quand on sait qu'on compte environ 20 millions d'habitants à Shanghai pour 6340 km2.
Mais tout d'un coup, le spectacle devient encore plus extraordinaire : la nuit est tombée sur Shanghai, et les édifices s'allument tous, créant un formidable spectacle pour tous les touristes venus admirer. Le grand Shanghai, montrant une certaine puissance et une certaine richesse, comme si la ville était désireuse qu'on la regarde de toute part avec nos grands yeux ébahis.
Les Chinois prennent effectivement de plus en plus l'habitude de vouloir se montrer au monde, pour prouver qu'ils existent et qu'eux aussi peuvent faire de grandes choses (non, il n'y a pas que les Etats-Unis, l'Europe ou le Japon). Ainsi est justifiée la récente croissance fulgurante du pays, dont on parle en effet de plus en plus, et qui organise même les Jeux Olympiques cette année. Cependant ceux-ci font ressortir quelques problèmes concernant la Chine, puisqu'on attend d'elle un progrès sur la question des droits de l'homme et sur sa démocratisation. Vous me direz qu'on parle ici de Pékin et non de Shanghai, mais justement j'y viens. Ce spectacle qu'on admire sur le Bund, ne serait-ce pas une certaine manière de nous dire "regardez comme on peut faire de belles choses nous aussi!" ? C'est vraiment ce qu'on pourrait croire, car à voir cela, on oublierait presque que Shanghai rime aussi avec pauvreté. Dès le lendemain, j'y suis effectivement confrontée, car me voilà arrivée au coeur d'un marché de faux, un véritable commerce ici. Toutes ces contrefaçons, sans aucun prix affiché bien évidemment, sont disposées dans de minuscules boutiques, parfois un peu n'importe comment. En plein milieu, un seul vendeur en général, assis sur son tabouret, nous regarde attentivement ; de nous dépend en effet son salaire qui reviendrait environ à 150 euros par mois. Forcément si l'on veut quelque chose, il faut donc savoir marchander, mais bien sûr sans aucune fiabilité sur une quelconque qualité.
Fort contraste
L'après-midi, je découvre cela sous un autre jour : je débarque dans un vieux quartier de Shanghai, par derrière le Bund où j'ai mangé dans un des nombreux restaurants installés le midi même, et je redécouvre la Misère, avec un grand M. Il ne suffit pas d'aller bien loin pour voir des constructions en bambou qui ne paraissent pas bien solides, des petites constructions à la limite de la ruine qui servent pourtant de maison aux habitants, qui sont devant, sur leur tabouret en bambou également, à côté de leur dispositif d'eau qu'ils n'ont que dehors, de grosses poubelles, et parfois d'un vélo. Des fils, des tuyaux, tout est visible, et les "maisons" qui ne comportent souvent qu'une porte et une fenêtre se touchent toutes. Dans ces rues étroites et sales où les passants crachent par terre, des habits sont accrochés à des fils en hauteur. Souvent, des vélos ou cyclomoteurs passent à toute vitesse, manquant de nous écraser. Un peu plus loin, on retrouve les petits commerces qui servent à financer ces "habitations", ils se ressemblent tous et vendent pratiquement les mêmes choses, souvent des souvenirs pour les touristes, des jeux et des gadgets qu'on retrouverait chez nous dans les fêtes foraines. Mais le plus incroyable, c'est qu'il suffit de lever un peu la tête pour apercevoir quelques tours, dont la Jin Mao (l'actuelle plus haute de Shanghai).
Voilà un fort contraste à Shanghai : toute cette pauvreté cachée derrière ces grandes tours représentant la nouvelle modernité de la ville, c'est assez déroutant. J'ai également retrouvé cette modernité à Huaihai Road, où toutes les grandes firmes internationales s'étalent dans une avenue qui montrent une richesse plutôt surprenante, alors que le matin même à un petit marché de Shanghai où il est visiblement beaucoup plus difficile de gagner sa vie, j'ai aperçu une vendeuse qui attendait l'air désespéré en tenant son bébé dans les bras, tandis qu'un marchand avait installé sur son vélo les grillades qu'il vendait. A Nankin, ce sont plus simplement des vendeurs en solo qui nous ont accosté à chaque coin de rue pour une vente éclair de montres, de sacs ou de ceintures. Il suffit parfois de changer seulement de rue ou de quartier pour être vraiment surpris par les différences qui sont établies dans cette agglomération.
Préjugés
Mais il y a quelque chose d'autre qui m'a beaucoup surprise, c'est le trafic. Alors que les taxis représentent la majorité des automobiles qui circulent, on trouve aussi une quantité impressionnante de vélos et de scooters, tous plus dangereux les uns que les autres. Il est vrai qu'on pourrait se demander s'il existe un code de la route, surtout lorsqu'on voit ces automobilistes sans ceinture ou sans casque, et lorsqu'on entend ces klaxons partout comme si la ville entière se mariait. La plus grande ville de Chine paraît remplie de mystères et de contradictions, et j'aurais aimé rester bien plus longtemps pour percer d'autres secrets et me mêler davantage à cette culture si différente. Mais au moins, je ne serais pas restée sur un préjugé même s'il se confirme : oui il y a des Chinois, oui ils parlent Chinois, oui c'est une grande ville où on voit des vélos plein les trottoirs, et oui ils mangent du riz. Mais Shanghai c'est bien plus que ça, et ça vaut vraiment le coup d'oeil, je vous le garantis.
Commentaires
Visiteur
09H29 18 JUILLET 2008
Mademoiselle, quand vous aurez fait d'autres voyages , vous vous rendrez compte que Shanghai est comme toutes les grandes villes, le beau/le moche, le pauvre/le riche, l'ancien/le moderne........
Damien
09H53 14 JUILLET 2008
Votre description est très intéressante, et très vraie. Une précision tout de même : pour les gens sans casques en scooter, c'est normal, ce n'est pas obligatoire. (et un casque serait très cher par rapport au prix d'un scooter neuf (170€)).