Philippines: Cachez ces yeux que je ne saurais voir...
Dumaguete est une ville des Philippines avec beaucoup d’Allemands. Vraiment beaucoup. Anormalement. Une étrange diaspora de loisirs, menée essentiellement par des retraités fraîchement remariés à des jeunes filles du coin.
La terrasse du Coco Amigos, en plein après-midi, c’est un peu une plage de Californie. Pas celles avec des êtres humains, plutôt celles sur lesquelles viennent se dorer les otaries. Des otaries sur des chaises, avec des casquettes, qui boivent de la bière à l’heure où les Philippins travaillent.
Il s’est passé un truc ici, une agence immobilière allemande a dû vendre des résidences. Ou alors un type est venu et a invité tous ses amis à le rejoindre, puis ils ont fait de même, une colonisation virale. Ou peut-être qu'un bateau de croisière a fait naufrage. Je ne sais pas. La composition de la population est troublante. La jeunesse philippine s’agite, ponctuée d'une vieillesse venue d'ailleurs. Cinquante de ces Allemands, ce sont trois millénaires qui vous contemplent. Vertige.
J’ai un peu honte. Ils sont européens, ils sont comme moi, ils sont très différents, j’espère. On dirait qu’ils ne sont pas tout à fait venus chercher la même chose. Et surtout, je remarque qu’ils ont quelque chose en plus. Ils ont des lunettes de soleil. Un accessoire qui n'a rien d’anodin ici. Souvent la personne qui les porte les adopte jusqu’à en faire son plus simple appareil. Elles font corps avec elle, elle se fondent en lui, il devient ses lunettes, il y a des lunettes qui mangent au Mc Do, des lunettes qui roulent à moto, des lunettes qui me parlent, parfois, m’appellent Honey, Darling, ou Sweet heart. Elles s’adressent à moi comme si nous nous connaissions, parce que je suis blanche, nous sommes un peu de la même famille.
Et devant ces lunettes, je suis perplexe. J’ai peur d’elles, elles le sentent, elles n’insistent pas en général. Jusqu’au jour où j’ai parlé pour de vrai à des lunettes.
J’attends le bateau pour Siquijor, l’île d’en face. La salle d’attente du port, c’est un ventilo, un gosse qui rit beaucoup, des parents qui dorment et ont l’air très jeunes et très amoureux, une vieille qui s’évente, tout est normal. Tout respire les Philippines que je connais et que j’aime. On attend un bateau rouillé pendant des heures, on se regarde, on se parle un peu, on se fout la paix, la vie est belle. Une paire de lunettes de soleil débarque dans la salle sombre. Elle est blonde avec les bras poilus, elle a une quarantaine d’années. C’est jeune pour des lunettes ici. Un bébé lunettes de soleil. Une anomalie ? Ou ont-ils tous été jeunes ? C’est un mâle, elle me repère, elle vient me parler.
- Tu vas prendre le bateau ?
- Oui.
- Moi aussi.
- D’accord.
Un ange passe, un peu gênant, les lunettes me fixent toujours et ne se débinent pas.
- Tu es en vacances ?
- Oui.
- Moi je viens ici tous les ans et je reste 6 mois, 6 mois de vacances. Depuis 10 ans. Après je rentre en Allemagne, je travaille comme un con, puis je reviens.
- Wow, dis-je, et wow, pensé-je. Intéressant.
Il hausse les épaules. Il a une question.
- Tu es allée dans combien d’îles aux Philippines ?
Je n’ai jamais compté, ça fait beaucoup. J’énumère à voix haute, il voit que ça fait beaucoup, je les cite, il ne les connaît pas toutes. Ça l’ennuie. Il me coupe.
- Tu sais, j’ai fini par comprendre deux choses sur les Philippines.
Il est sûr de lui. Je suis tout ouïe.
- La première chose, c’est que les îles sont toutes les mêmes.
Merde. Je ne sais plus vraiment si je veux le faire parler ou le faire taire. Il poursuit.
- La deuxième, c’est que ça coûte cher de toutes les visiter. Ca ne sert à rien.
C’est pas possible, il le fait exprès. Mais j’ai décidé d’être positive à fond. Dernière cartouche.
- Et Siquijor, vous connaissez bien, vous pouvez m’indiquer les bons coins pour se baigner, voir du corail ?
- Se baigner ?
- Oui, avec un masque, pour regarder sous l’eau.
- Je ne fais pas ça, je suis en vacances ici.
- Vous ne vous baignez jamais ? La mer est belle.
- Bien sûr que non, je suis en VACANCES. Tu sais, boire de la bière tous les matins. J’ai une femme ici aussi.
Et là un ange passe, mais un ange bossu qui boîte, qui traîne la patte très longuement entre nous, ultime malaise, point de non-retour. Je cherche un peu de son humanité dans ces verres noirs aux reflets violets qui me renvoient mon image, je ne veux pas être un colon, je ne veux pas devenir lui, moi aussi je suis étrangère ici, moi aussi je dois louper plein de choses, passer à côté de l’essentiel, moi aussi je crois que je sais, mais je n’en sais peut-être pas beaucoup plus. Elles me font peur ces lunettes. Si les yeux sont le reflet de l’âme, les lunettes de soleil n’ont rien d’autre à offrir que le reflet de celui qui leur fait face. Comme s’il y avait un peu de moi en lui, comme si finalement, un blanc ici, c’était toujours la même chose au fond : un voleur de soleil, un suppôt de la mondialisation, un profiteur. Lui c’est la bière, moi c’est le corail, mais sommes-nous si différents ?
Le bateau arrive, délivrance. Fin du dialogue de sourds, chacun prend sa place sous la montagne de gilets de sauvetage orange en pièces détachées. Une heure de trajet, puis dispersion à Siquijor. Je ne l’ai plus recroisé.
Une rencontre brève. Qui a laissé des traces. Cette absence de regard, ces yeux planqués dans un bunker solaire, je me dis que j’ai rêvé, que les caricatures ça n'existe pas. Ou que si ça existe, il ne faut pas en tenir compte, les extrêmes ça ne compte pas. Aux Philippines, en Indonésie, en Malaisie, j’ai vu beaucoup trop d'exceptions pour que ce raisonnement tienne la route. La colonie du Coco Amigos en témoigne, sirotant sa vieillesse grasse, s’emmerdant paisiblement dans la moiteur plate d’une nouvelle vie comme sur la brochure. Des extrêmes qui comptent, qui marquent un pays, lui donnent une drôle d'idée de l'Occident, peut-être pas si fausse, mais certainement embarrassante.
Parfois je me rassure en me disant qu’un monde de curiosité nous sépare. J’espère. J’ai continué à visiter de nombreuses îles après cela. Je ne les ai pas comptées. Et une chose est sûre, elles ne se ressemblent pas.
Commentaires
Visiteur
16H51 26 OCTOBRE 2011
Bonjour Camille,
Je viens de lire ton article et j’aime assez ton style, tu as un don pour ecrire des vacheries et le faire de facon amusante et plutôt prenante. To style est fluide et agreable.
Par contre je pense que tu as la dent un peu dure avec ces pauvres otaries porteuses de lunettes de soleil.
Qu’est ce que tu leur reproches au juste ?
Ils sont gros et moches, s’habillent mal et osent passer toute la journée a la plage ? Est-ce que tu penses que les plages devraient être réservées aux gens jeunes et beaux ? «[ ils boivent] de la bière à l’heure où les Philippins travaillent », d’après ce que j’ai compris tu n’étais toi non plus pas en train de travailler.
« On dirait qu’ils ne sont pas tout à fait venus chercher la même chose [que toi] » je suppose que toi tu voyages pour découvrir de nouvelles choses, voire de beaux paysages et surtout pour t’ouvrir aux autres. Ça commence mal si tu n’es pas capable d’aller au delà des apparences et que sans rien savoir de ces gens tu en as déjà « un peu honte » et que tu les évites parce qu’ils ont des physiques d otaries et portent des lunettes de soleil.
Présumer comme beaucoup le font que ces gens ne s’intéressent pas aux Philippines est un procès d’intentions injuste : Ils sont maries a des philippines, ils vivent au quotidien avec des familles de philippines, ils peuvent difficilement le faire sans un minimum de connaissances de la culture du pays.
Je ne pense pas que les jeunes backpackers bobos qui, au sortir de leurs études supérieures décident d’aller voyager pendant un an en apprennent plus sur la culture des pays visites que ces vieux touristes avec lesquels tu es si dure. Eux aussi sont hyper-stéréotypes : tous tatoues avec des motifs ethniques ou tribaux (le tatouage triblal, c’est un peu les lunettes de soleil des moins de 30 ans), ils veulent (et c’est tout a fait louable) en voir le plus possible pendant le temps qui leur est imparti ce qui fait qu’ils ne restent généralement pas plus de 3 ou 4 jours au même endroit, pas vraiment les conditions idéales pour apprendre a connaitre les gens. On a l ’impression qu’ils ne voyagent que pour prendre de magnifiques photos qu’ils s’empressent de poster sur Facebook , faire de la plongée sous-marine et faire la fête sur des plages magnifiques en buvant de la bière pas chère . J’ai déjà eu envie de leur expliquer (mais je n’ai jamais osé, je n’aime pas briser les rêves des gens) que dormir dans une chambre sans la clim et se réveiller nez a nez avec un lézard ou une araignée c’est rigolo, ca fait un bon poste sur Twitter pour les amis restes en Europe mais ce n’est pas la même chose que d’enrichir sa connaissance de la culture philippine.
PS : je n’ai rien contre les backpackers j’ai voyage cpmme ca et recommencerai des que possible mais évitons de voire la paille dans l’œil du voisin en oubliant la poutre qui est dans le notre. Ces vieux allemands ne jugent personne, pourquoi venir les dénigrer ??
Par contre comme je l’ai dit plus haut j’aime bien ton écriture et je dois avouer que ton post m’a plus amuse que choque, bon voyage aux Philippines.
reivaxdub
14H14 26 OCTOBRE 2011
J'ai moi aussi voyage en Asie et j'y ai vu ces touristes qui sont depeints dans ce post et bien que je n'en sois pas fan je pense que cet article esr excessif.
Qu est ce qu'on reproche a ces touristes allemands en short?
D'etre moches: ils sont vieux, desole mais ca arrive. Ferais tu partie de ces gens qui pensent (mais ne l'admettent generalement pas) que les plages devraient etre reservees a des gens au coprs parfaits et que les gros, les chauves, les vieux qui lesardent au soleil sont une agressioin visuelle?
De se marier avec des femmes plus jeunes qu'eux: La plupart des jeunes femmes qui se marient avec ces vieux messieurs le font de plein gres, une fois en Thailande, j etais avec une amie francaise d'origine thai qui parlait donc la langue et nous avons discute avec une femme thai de 40 ans qui etait mariee a un homme de 60 et elle nou a explique qu apres toutes les galeres qu'elle avait au avec de beaux jeunes gens elle se trouvait tres bien avec ce monsieur qui sans etre un top model etait (en plus d etre riche selon les standards locaux je te le concede)tendre et attentionne avec elle.
De ne pas s'interesser a la culture du pays: Ils sont maries a des philippines, ils sont donc tous les jours en contact avec la famille de leur epouse, ils doivent cetainement partager de tres nombreux moments avec eux. Ils sont au contact des vrais philipins. De quel droit les juges-tu sur ce point? Est ce que tu les as deja entendu se moquer des petits backpackeurs (generalement des jeunes issus des milieux favorises qui apres avoir fait des etudes superieures le plus souvent payees par de gentils parents decident de faire un tour du monde avant de se lancer dans la vie active) qui ne restent pas plus de trois jours au meme endroit (difficile de lier des liens avec les locaux dans ces conditions), ne semblent interesses que par la possibilite de mettre des photos magnifiques sur leur facebook pour en mettre plein la vue a leurs amis restes en Europe, faire de la plongee et aller dans des fetes sur les plages ou ils sont entre eux (on ne laisse generalement pas entrer les locaux) qui ne rencontrent finalement que des gens qui sont guides, chauffeurs, receptionistes, qui admettent que ce pays est pauvre et que ce serait tellement bien d aider les gens mais qui essayent de negocier au maximum le prix de la moindre chambre d'hotel...
NB: Je ne jette en aucun cas aux backpackeurs, j'ai voyage comme ca et compte bien le refaire des que possible, mais je ne me permettrait jamais de juger quelqu'un de juger quelqu'un parceque ses priorites, ses envies et son mode de pensee sont differents des miens. J'essaie de ne pas oublier la poutre que j'ai dans l'oeil avant de m'occuper de la paille dans celui du voisin... (meme si je le sais certains des propose que j'ai tenu sur les bacpackeurs sont outranciers, j'ai volontairement exagere le trait)
ricky
16H28 19 OCTOBRE 2011
un bon moment à lire ce récit....
merci.
Jean Allemand
08H07 15 OCTOBRE 2011
Comme j'aimerais boire plus longuement de ce nectar issu des pensées de Camille en voyage et de son regard si pointu , même si convenu et estampillé "bobos" , qui effleure si intelligemment la surface des choses.
Un texte brillant , d'un parti pris qui n'aura certes pas le monopole de la pertinence mais qui a le mérite d'en susciter d'autres , tous aussi pertinents et de qualité , comme , entre autres , celui du " Mépris " ou de " Joel ". Voilà ce que j'appelle un vrai débat démocratique , un exercice des neurones jubilatoire qui fait honneur à mon Libé+ en cette époque morose du " tout SMS " .
Bien sûr on pourra débattre à l'infini des mérites comparés du voyage selon Camille , voyageuse compulsive avide de " tout voir" et qui , à peine arrivée quelque part ne pense qu'à en repartir ... ne laissant derriére elle que son égoïsme de voyeuse , une fausse idée - magnifiée ! - d'elle-même et le sentiment de son incapacité à "laisser qqch d'elle " .
Ou de celle de "lunette de soleil" , que je trouve aussi detestable à priori mais avec des mérites certains en seconde analyse . Et que je ne suis pas sûr , toutes réflexions faites , de devoir clouer sans discernement au pilori ...
Mérite de démystifier enfin la supériorité de cet homme blanc objet de tous les fantasmes , mythe qui remplit les épaves flottantes de ces " futurs sans-papiers " pathétiques , mouches fascinées et abusées par les mensonges sur cet "eldorado" que la mondialisation médiatique leur a instillé dans les neurones ...
Ces "otaries" qui n'attirent qu'un universel mépris en effet , sont aussi un excellent repoussoir qui raméne impitoyablement les fantasmes à leurs réalités , faisant du même coup économiser aux natifs de ces îles le voyage de tous les problémes .
Mérite d'apporter une solution économique locale de survie à des familles que le nombre affame et qui sans cela viendrait abonder la liste déjà bien fournie des candidats à l'exil .
Mérite , dans ces pays asiatiques où c'est la coutume du "proxénétisme parental " , de ne pas avoir à sacrifier la petite derniére à une multitude dans un " massage-bordel" , en la vendant à la place à un seul "client-pigeon blanc lunette de soleil" , " Carte Visa à pattes " , qui deviendra "soutien de famille élargie" , otage ravi et consentant de sa médiocrité , de son vide existenciel et de son propre desespoir ...
Mérite encore de ces pitoyables "otaries" de venir s'entasser en quelques lieux sacrifiés , qui sont autant d'abcés de fixation tenus par des compatriotes , et qui du coup n'iront jamais troubler comme vous les certitudes tranquilles des habitants de ces milliers d'iles que vous effleurez en arrivant un jour et repartant le lendemain , ne laissant derriére vous qu'un mythe fallacieux et frustrant dans les cervelles des jeunesses locales qui vous auront croisées .
Mérite d'apporter une réponse à la question de la baisse inéluctable des pensions en Europe et de limiter nos budgets de la dépendance des personnes agées en se transformant jusqu'à leur mort ( souvent par empoisonnement quand la pension de reversion est acquise à la veuve et que le capital initial de l'otarie est épuisé )en une "petite ONG individuelle" .
Mais bien sûr toutes les "otaries" ne sont pas aussi inoffensives . Ainsi en 1998 à Puerto Princessa City par exemple , une petite mafia légale de "lunettes de soleil" , elles aussi allemandes , décidément ! , a racheté pour quelques cents d'U$ une majorité des terrains habitables de cette improbable capitale de Bande Dessinées ( à l'époque le terrain d'aviation était au milieu des maisons en bambou en plein centre ville )... Et les a illico , mis en vente à 100 U$/m2 ... Une prédation bien plus dommageable que celle de ces pathétiques otaries !
JULIA
08H57 13 OCTOBRE 2011
Super texte, je me suis un peu reconnue dans tes propos, surtout dans le fait de douter d'être si différent de ces touristes immobiles ou des adeptes de tour organisé qui remplacent les lunettes de soleil par des appareils photos. Quand j'ai commencé à voyager il y a 10 ans, ça me gachait même la vie d'essayer de "voyager au plus responsable", de "voyager comme il faut". Qu'est-ce que ça veut dire: voyager comme il faut? Nous avons en effet tous un impact sur les pays que nous visitons, par notre simple présence. Loger chez l'habitant ou profiter d'une chambre d'hôtel? S'assoir dans le bus à côté d'un gars du coin ou à côté d'un occidental? Manger dans la rue ou se réfugier au McDo? Evidemment il y a des choix qui font évidemment plus preuve d'ouverture sur le monde, mais peut-être que même les participants aux tours organisés "clic-clac-kodak" reviennent chez eux avec l'esprit un peu transformé. D'avoir vu un autre coin du monde, d'avoir été impressionné par la tour Eiffel, d'avoir regardé passer des gens différents dans des rues différentes des siennes. Finalement pourquoi pas? Mais ce sont ceux qui ne rapportent rien d'autre à la maison que leur propre suffisance ethnocentrique qui sont en effet bien inquiétants à cotoyer.
Bref, beaucoup de blabla pour te remercier de ce texte fort juste qui a vraiment fait écho à mon expérience personnelle. Bonne continuation.
Lulu
08H33 13 OCTOBRE 2011
Bof, ce qui est gênant c'est que pas mal des commentaires (négatifs:) ont été supprimés rapidement.
Ce qui est également un peu gênant, c'est de critiquer tout en étant soi-même dans une situation identique, dont on profite aussi, bien entendu, et de vouloir ainsi en quelque sorte se dédouaner de tous les problèmes de conscience qu'elle peut engendrer : bref, on a à la fois le beurre et l'argent du beurre, le plaisir d'être condescendant et plus moral que ces mauvais expats qui profitent des prostituées locales, et néanmoins la situation de l'expat au bout du monde, mieux payé et mieux considéré que dans son pays d'origine, pouvant ainsi se faire croire (à peu de frais, au vu des prix locaux) qu'il fait partie des puissants de ce monde.
Et non, les Philippines n'ont pas le choix, pas réellement ; quand le choix se trouve entre crever de faim et laisser crever de faim sa famille, ou se taper un vieux, alors on se tape le vieux. C'est le vieux qui a lui réellement le choix : obliger ou non quelqu'un à satisfaire ses désirs et ses besoins quels que soit les désirs, ou plutôt les non-désirs et dégoûts de l'autre.
Bref, on en revient au choix de l'occidental (le seul être humain qui ait réellement des "choix" à effectuer, du moins pour la fraction bien diplômée et intégrée de la population) : la vie facile ailleurs en profitant du différentiel de niveau de vie et en exploitant, à plus ou moins grande échelle, la misère des tropiques, ou bien accepter d'être comme tout le monde parmi ses pairs et renoncer à l'esclave qui réchauffe son lit et fait chauffer le café du matin.
Camille Oger
17H37 12 OCTOBRE 2011
Merci à tous pour vos commentaires. Ce texte n'a pas vocation à être un article pointu. C'est un récit de voyage. On m'a demandé 6000 signes (c'est très court) sur une rencontre, j'ai décrit celle qui m'a le plus marquée lors de ce séjour.
Aujourd'hui je vis aux Philippines. Je n'ai rien contre les expatriés, j'en suis une. Toutefois, lorsqu'on habite ici, on prend conscience du fait que les Philippins ont tendance à avoir une idée assez floue de l'Occident, et à généraliser. Tout le monde crie "Hey Joe" sur mon passage, car je ne peux être qu'Américaine. Pour eux, les blancs tous un peu pareils. Peut-on qualifier cela de racisme ?
Il est évident que tout ce que nous faisons là-bas, tout ce que les locaux nous voient faire, a un impact sur leur perception d'un pays, voire d'un continent dont ils ne connaissent quasiment rien. Dès que je m'assois dans un café, on me propose de la bière. On a proposé souvent à l'un de mes amis, Français lui aussi, les services de prostitué(e)s. Parfois même, de jeunes enfants. Pour une simple raison : c'est ce qu'ils connaissent des blancs. C'est ce qui marche avec eux. Les Philippins ont besoin d'argent. Alors on vend tout ce que l'on peut. Et si on sait que le blanc (qui est nécessairement fortuné) est friand de quelque chose, alors on lui en sert encore et encore.
Je n'en veux pas à ces hommes et femmes pour cet amalgame. J'en veux à mes prédécesseurs, touristes et expatriés, d'avoir donné cette image de buveurs obsédés. Elle s'est incrustée.
Pour les mariages entre vieux messieurs occidentaux et jeunes Philippines, la réalité n'est pas toute blanche ou toute noire. C'est une question assez complexe car ces jeunes filles savent exactement ce qu'elles font et ce qu'elles veulent. Personne ne les force. Elles savent qu'en épousant un vieil homme argenté elles n'auront pas à travailler. Elles donnent également un toit et des ressources à toute leur famille en faisant cela. Epouser une Philippine, c'est épouser toute une famille. Qui viendra vivre avec vous, parents, grands-parents, oncles, tantes et cousins. Et surtout, il ne faut pas oublier qu'ici, le divorce n'existe pas.
Quant à Monsieur Mépris (pardon de vous appeler ainsi mais vous ne donnez pas votre nom), ne croyez pas que je déteste et méprise cet Allemand rencontré par hasard. Je ne le connais effectivement pas assez bien pour cela. Mais je pense qu'il participe à cette image bien triste.
En ce qui concerne les otaries, ce sont plutôt des animaux sympathiques. J'ai utilisé cette métaphore car les Allemands âgés passent leur journée sans bouger, en colonies. Ils ne se mélangent pas à la population locale. Bref, on peut effectivement se dire que c'est une vie plutôt chouette, chacun son truc. Ils font ce qu'ils veulent. Mais ce type de comportement n'est pas anodin.
Bon, et pour finir, dire que toutes les îles des Philippines se ressemblent, c'est là le véritable mépris. Je ne parle pas que des paysages - Batanes ressemble à l'Ecosse, Camiguin a du sable noir et un volcan inquiétant, Coron est un étrange bloc de calcaire - mais du fait que vivent ici des gens qui parlent plus d'une centaines de dialectes, dont certains sont musulmans, d'autres catholiques, ou animistes; des gens dont les origines sont polynésienne, malaise, espagnole ou chinoise; des gens qui ne mangent pas la même chose, qui ne vivent pas dans les mêmes maisons, bref, chaque île a sa population, parfois ses populations, son identité. Sortir de sa zone de confort pour regarder les autres ne fait parfois pas de mal...
julien
12H08 12 OCTOBRE 2011
ce texte et le point de vue qu'il dégage ne sont en rien méprisants ou condescendants, ils expriment tout simplement le malaise de se retrouver, à l'autre bout du monde, face à des "semblables" aux antipodes de soi. je suis allé aux philippines deux fois, et chaque fois que j'ai croisé un vieil occidental aux bras d'une jeune philippine, j'ai pu ressentir ce malaise, parce que ce vieil homme pourrait être mon père, mon oncle ou mon grand-père, et dans le regard des locaux, nous pourrions être la même personne...
A Dumaguete, justement, j'ai eu la surprise, alors que j'attendais ma compagne devant notre hôtel en fumant une cigarette, de voir arriver un jeune homme persuadé d'avoir rendez-vous avec moi pour me vendre du viagra. j'avais 28 ans, l'homme avec qui il avait affaire en avait 65... cela ne lui avait semble-t-il posé aucun problème.
certains touristes se rendent dans ce pays pour ses paysages, sa nourriture, la gaieté et la gentillesse de ses habitants, d'autres s'y installent parce qu'ils peuvent s'y acheter une femme, boire de la bière bon marché et faire de la moto en short et sans casque.
lorsque ces deux mondes se rencontrent, à l'autre bout du monde, le malaise est là. la honte aussi. mais certainement plus d'un côté que de l'autre...
Visiteur JMAJ
10H23 12 OCTOBRE 2011
bonjour,
très beau texte, en effet, mais celà n'existe-t-il pas aussi chez nous ? Regardez les côtes d'Espagne et du sud de la France. Je connais aussi des campings pleins "d'étrangers" qui vivent entre eux.
bon courage quand même !
Curieux
10H14 12 OCTOBRE 2011
De toute façon, on est aussi des colons quand on reste ici. Si le prix du quinoa s'envole en Bolivie, le pauvre qui ne peut plus s'en acheter apprend bien vite que c'est parce que le blanc, loin là-bas, s'en est entiché.
Visiteur
09H53 12 OCTOBRE 2011
C'est un peu comme chez nous, lorsque les gens "décalés" pour notre société arrivent avec leurs coutumes
C'est la mondialisation et elle ne fait que commencer
On ne peut qu'accepter ce qu'on ne peut changer
Mépris
09H05 12 OCTOBRE 2011
Je n'aime pas ce texte plein de mépris.
Que savez-vous sur cet homme ? RIEN : il est en vacances, il savoure une bière, il porte des lunettes, il n'aime pas se baigner et il pense que toutes les iles se ressemblent (ce qui soit dit en passant est plutôt vrai) donc il profite simplement de l'endroit où il EST sans penser que c'est toujours mieux AILLEURS et finalement être souvent DÉÇU (expérience vécue par tous je pense). Quel est son crime ? Ca ressemble plutôt de mon point de vue à une bonne définition des vacances.
De quel droit pensez-vous lui être supérieur ? Qui vous autorise à le qualifier d'otarie ?
Parce que oui, j'ai le regret de vous annoncer que, malgré tous vos efforts, vous êtes, comme lui, (plus que lui même par bien des points de vue) un produit de notre civilisation : vous bloggez et je suis sûr aussi que vous tweetez, vous facebookez, vous chattez, vous skypez etc.
Je n'aime pas les bobo-routards-jadorelapauvreté comme vous qui classent les gens (les mauvais touristes, les bon autochtones), obnubilés par une quête d'authenticité stérile.
La vraie vie est celle qu'on vit, pas celle qu'on poursuit sans fin. Cet homme a le droit de vivre la vie qu'il s'est choisie et se porte très bien sans votre mépris. Vivez vous aussi sans chercher à plaire ou à "bien faire" et vous vous en porterez mieux.
Vous avez raison, les caricatures existent : vous en êtes une.
JOEL
08H18 12 OCTOBRE 2011
Votre carnet de route m’a touché d’abord parce qu’à l ‘évidence il est sincère et parce que j’aime beaucoup les Philippines où je ne suis malheureusement allé que 2 fois et dont je n’ai pas visité beaucoup d’îles. Un souvenir pourtant en écho à votre trouble : au « Joly bee » de Davao (sorte de Mac Do local) j’ai moi aussi rencontré des lunettes : l’un des deux français immatriculés au consulat de France local. Un Creusois de La Souterraine, qui a monté un relais de routard sur l’île de Samal. Il n’est pas tout jeune contrairement à sa vraiment jeune épouse Philippine Ils ont un petit enfant qui s’amuse dans le bassin des balles en plastique de l’aire de jeu du restaurant. Il vit à plein temps là-bas.. Un colon ? un immigré ? Et s’il était simplement parvenu au terme de la quête d’une altérité culturelle, de l’acceptation de ce que nous sommes autant que de l’acceptation de ceux que nous allons « voir ». Et si c’était moi (ou vous…. et je vous apostrophe avec infiniment de respect) vrais routards et « faux touristes », et si c’était nous qui avions tout faux, en prétendant ne pas corrompre, respecter, aimer de façon « pure » puisque désintéressée. Et si c’était le voyage intrinsèquement par ce qu’il suppose de « non miscibilité » qui était l’erreur consubstantielle de notre tourisme « intelligent ». Aujourd’hui attiré par l’Irlande, demain par l’Asie, après demain par la terre de feu, ne sommes nous pas des yeux sans lunettes certes mais surtout sans peuple ou du moins sans lien réel avec un peuple.
Oui votre narration dérange parce qu’elle interpelle sur l’essentiel.. Bien à vous !
Romjpn
03H03 12 OCTOBRE 2011
Les Philippines sont un peu la nouvelle Thailande avec le Cambodge aussi.
Pour voir l'asie sans ces "otaries", faut aller plus vers le Nord, il y a plein d'endroits tres agreables aussi : Coree du Sud, Japon (Kyushu, Okinawa...), Taiwan. Ce sont des pays qui ont un meilleur niveau de vie donc forcement les europeens se sentent moins "colons". Ils sont aussi souvent plus difficile d'acces (utilisation de l'anglais plus marginale que plus au Sud).
Mo2dav
22H34 11 OCTOBRE 2011
Beau texte, vous décrivez très bien ce drole de sentiment qui a déjà encombré plusieurs de mes voyages, et qui me fait tellement honte...
Corto II
22H26 11 OCTOBRE 2011
Les Allemands aux Philippines. C'est vrai, je les ai vus aussi. Ils n'ont pas seulement les lunettes de soleil et le bide de buveurs de bière, mais aussi le portefeuille bien rempli. Ce qui leur octroie d'emblée la faculté de mouvoir leurs corps obèses en compagnie de jeunes créatures en âge d'être leurs filles, si ce n'est leurs petites filles. Elles ne s'agglutinent à eux qu'à cause de l'argent, et ils font semblant de ne pas le savoir, ce qui peut expliquer ces lunettes masquant la culpabilité de leurs regards. On en aperçoit parfois, vautrés dans des postures plus qu'indécentes à l'arrière d'un bus ou d'un Jeepney, la petite juchée sur leurs genoux poilus, agitant un éventail ou caressant maladroitement un crâne chauve boursouflé de coups de soleil. Ils gardent malgré tout cette arrogance de l'homme civilisé en territoire sauvage, c'est à dire qu'il ne daigneront jamais introduire le moindre grain de riz dans leur bouche, préférant apporter leur propre nourriture, sous forme de saucisses en conserves, ou bien devenir les piliers de comptoir du premier McDonalds qu'ils auront découvert à proximité de leur hôtel, un palace envahi de moustiques. Ils comptent sur ces gamines pour leur servir d'interprètes, car c'est à peine s'ils savent prononcer trois mots d'anglais, et encore moins de Tagalog, et lorsqu'elles vont leur acheter des bières ou des cigarettes, ils ne regardent pas la monnaie qu'elles leur rendent. les plus chanceuses arrivent à les convaincre de les épouser, les emmener avec eux au pays de l'Euro, et c'est vrai qu'en Allemagne, dans d'obscures villes de province grisâtres et sans histoire, il y a beaucoup de jeunes Philippines qui veillent sur la santé de gros vieux messieurs assoupis devant leur home-vidéo. Ils ne partiront plus jamais en vacances et leur argent est propulsé directement par Western-Union vers les familles affamées de ces demoiselles. Du côté de Cologne, on trouve même des boutiques de produits philippins, ils ont des nouilles Pancit et du Rhum Tanduhay, des mangues parfois, trop vertes, et des bananes qui n'ont pas le parfum de là-bas.
Katia
21H53 11 OCTOBRE 2011
J'aime beaucoup ton récit et ton regard mais il y a un point sur lequel nous divergeons. Parce qu'ils sont européens et blancs, tu t'identifies à eux. Pourquoi t'auto-stigmatiser ainsi ? Est-ce que tu le ferais aux autres, par exemple un dealer arabe à Paris, tu crois que tous les arabes devraient s'identifier à lui ? Moi je m'insurge un peu, voire je m'indigne (C tendance). Je suis une femme, dois-je endosser ce que les femmes font de pire ? Je ne crois pas. Ce phénomène dont tu fais le récit - que je trouve répugnant mais qui n'a rien de nouveau - n'a rien de commun avec toi. Ni avec moi d'ailleurs. De tous temps les hommes riches et puissants ont eu des femmes jeunes et belles, de gré ou de force. Voilà, c'est tout et pour le reste, bravo et merci.
soizic
21H01 11 OCTOBRE 2011
Il s'agit d'un homme rencontré au hasard d'un voyage, avec ... des lunettes de soleil, un homme marié à une Philippine qui travaille 6 mois en Allemagne et ... qui pense que les îles se ressemblent toutes. What else ? Est-ce vraiment suffisant pour en dresser un tel portrait ? Que sait-on de sa relation à cette femme ? Bref, j'en ai rencontré des touristes "bière en bandoulière" lors de mes voyages, j'ai aussi détesté leurs manières coloniales et leur ethnocentrisme exacerbé, ai toujours haï leurs comportements faces aux femmes aussi, but ... qui était vraiment celui-là ? à part un inconnu rencontré à la hâte. Je n'aimerais pas qu'on me dise qui je suis après 10mn de conversation. Des lunettes de soleil ... j'en ai aussi. Et franchement, si je pouvais vivre 6 mois ailleurs ... à 60 ans,une bière et la mer en face ... cela ferait de moi ce qui est décrit là ? Trève de clichés, les vrai colons ne sont pas forcément là où on les croit !
Soizic
Pan Ganh
18H41 11 OCTOBRE 2011
Salut,
Je trouve que tu écris bien : j'aime comme tu tires la substance d'un moment de vie comme il en arrive beaucoup en voyage. Je partage ton ressenti concernant le voyageur occidental qui est du bon côté de la mondialisation. Ce genre de rencontre fait peur, il montre le vide, le désarroi immense de nombre de nos "compatriotes" occidentaux plus ou moins riches de leurs eurodollars mais surtout très appauvris humainement par des années de vie dure et dégradante dans nos sociétés antisociales, mues par la recherche du profit. Humains de tous les pays, unissons-nous !
borilla
17H27 11 OCTOBRE 2011
Critique facile du voyageur qui n'arrive toujours pas a s'ouvrir aux autres.
helas beaucoup de francais voyagent ainsi avec des oeilleres et passent a cote du principal
ce billet nous apporte rien a nous lecteurs...
tres dommage car des blogs de voyage interessants on en trouve a la pelle sur le net!!!!!
editeurvoyage
16H33 11 OCTOBRE 2011
LYLA
Moi, j'ai bien aimé ton récit. Je ne pense absolument pas que tu as des préjugés ou que tu es arrogante,je voyage beaucoup pour mon travail et je sais très bien de quoi tu parles.
Bien sûr qu'on est des colons, d'une certaine manière malgré nous, nous avons les euros, les dolars, on peut se permettre avec de bosser six mois et de se partir six mois, eux non. Et nous en sommes victimes aussi, parce qu'on nous voit comme une machines dépenser des sous.
C'est pas facile et tu l'expliques si bien...on va essayer au moins de pas abîmer le corail...
martin
16H32 11 OCTOBRE 2011
Bonjour Camille, et merci pour ce beau texte, très personnel.
Il m'a rappelé des impressions déja vécues, lorsque j'étais moi aussi en voyage au long cours, en Amérique du Sud, en Inde ou en Afrique. Apprécier et profiter de moments simples ou s'offre le spectacle de la vie locale quotidienne (ex attendre le bateau), puis voir débarquer un occidental tellement décalé qu'on ne se sent aucune proximité, aucune affinité... On souhaiterait pouvoir faire comprendre que le voyage devrait une contemplation et un partage humble, à l'opposé de ce que font ce qui viennent y acheter une maison secondaire, voire une femme, pour y picoler et ne voir les paysages et les gens qu'a travers un prisme.... peine perdue ! Si je voyage beaucoup moins depuis quelques années, c'est en partie car ce constat (et plus généralement les conséquences néfastes du développement touristique) gachent une grande partie du plaisir du voyage. Je vois déja poindre la critique : tu aimes voyager tant que tu es presque tout seul, mais dés qu'il y a une masse critique de touristes, ce sont des cons. Mais ce n'est en fait pas tout à fait ca : je n'ai rien contre les voyageurs humbles, discrets et ouverts, au contraire, ce sont souvent de belles rencontres...
dude
16H30 11 OCTOBRE 2011
Ces lunettes de soleils sont si tristes au fond.
Ils viennent souvent en Asie pour s'acheter une femme (une esclave), c'est d'abord un objet pour ces messieurs qui cuisine qui repasse qui les conduits de bar en bar sur une mobylette.
C'est pathétique.
Martin
16H27 11 OCTOBRE 2011
Bonjour Camille, et merci pour ce beau texte, très personnel.
Il m'a rappelé des impressions déja vécues, lorsque j'étais moi aussi en voyage au long cours, en Amérique du Sud, en Inde ou en Afrique. Apprécier et profiter de moments simples ou s'offre le spectacle de la vie locale quotidienne (ex attendre le bateau), puis voir débarquer un occidental tellement décalé qu'on ne se sent aucune proximité, aucune affinité... On souhaiterait pouvoir faire comprendre que le voyage devrait une contemplation et un partage humble, à l'opposé de ce que font ce qui viennent y acheter une maison secondaire, voire une femme, pour y picoler et ne voir les paysages et les gens qu'a travers un prisme.... peine perdue ! Si je voyage beaucoup moins depuis quelques années, c'est en partie car ce constat (et plus généralement les conséquences néfastes du développement touristique) gachent une grande partie du plaisir du voyage. Je vois déja poindre la critique : tu aimes voyager tant que tu es presque tout seul, mais dés qu'il y a une masse critique de touristes, ce sont des cons. Mais ce n'est en fait pas tout à fait ca : je n'ai rien contre les voyageurs humbles, discrets et ouverts, au contraire, ce sont souvent de belles rencontres...
Lyla
16H25 11 OCTOBRE 2011
Moi, j'ai bien aimé ton récit. Je ne pense absolument pas que tu as des préjugés ou que tu es arrogante,je voyage beaucoup pour mon travail et je sais très bien de quoi tu parles.
Bien sûr qu'on est des colons, d'une certaine manière malgré nous, nous avons les euros, les dolars, on peut se permettre avec de bosser six mois et de se partir six mois, eux non. Et nous en sommes victimes aussi, parce qu'on nous voit comme une machines dépenser des sous.
C'est pas facile et tu l'expliques si bien...on va essayer au moins de pas abîmer le corail...
dude
13H44 11 OCTOBRE 2011
Ces lunettes de soleils sont si tristes au fond.
Ils viennent souvent en Asie pour s'acheter une femme (une esclave), c'est d'abord un objet pour ces messieurs qui cuisine qui repasse qui les conduits de bar en bar sur une mobylette.
C'est pathétique.
Guepi
12H44 11 OCTOBRE 2011
Je suis troublé par votre billet.
Je comprends votre point de vue et j'y adhère. J'ai du mal à imaginer des gens dans un pays lointain, vivre là comme des colons, à tout savoir sur tout et à même refuser de regarder le miracle qu'il y a sous leurs pieds.
Merci de cet éclairage agréablement bien écrit.