Avec un ancien cargo russe pour décor, une banquise pour le spectacle et des ours polaires pour assouvir un rêve d’enfant, les croisières dans le grand nord canadien ne ressemblent à aucune autre. Coup de cœur garanti.
Il y a des croisières qui marquent plus que d’autres. Loin des palaces flottants capables d’embarquer 2 à 3000 personnes, le cargo qui va nous transporter entre banquises et îlets rocheux est loin d’être le plus confortable des navires. Construit en 1976, pour franchir les glaces soviétiques, il est réaménagé en 2006 en un bateau d’expédition, capable d’affronter les tempêtes du grand nord canadien. Son nom même nous met dans l’ambiance : Lyubov Orlova, en hommage à une actrice du cinéma russe de la grande époque stalinienne. Le bateau, de fait, lui ressemble un peu. Pas de fioriture ni de décoration inutiles. Une vision un peu spartiate du confort et une gastronomie loin d’être évoluée. Qu’importe. Notre mission est de flirter avec le cercle polaire à la recherche des ours blancs, véritables vedettes des lieux. Sept jours pour rencontrer aussi oiseaux, morses, icebergs et baleines, dauphins et îlots où la végétation ne dépasse pas 10 cm de haut. Bienvenue en terres froides.
Rares sont les voyages qui débutent au milieu de nulle part et finissent de même ! Non pas que le Nunavik, au nord du Québec, ou le Nunavut, la province des Inuits, ne soient pas attractives. Mais pour les Européens que nous sommes, les très grands espaces, infinis et vierges restent de vrais sanctuaires qui surprennent encore et toujours. Avant de rejoindre le bout du monde glacial, le voyage débute à Montréal. Après huit heures de vol au départ de Paris, la première journée ressemble à toutes celles que proposent les grandes métropoles. Culture et musées pour les uns... Shopping pour les autres. Une nuit pour se remettre des 6 heures de décalage avant le vol de 3 heures de la compagnie First Air vers le Nunavut qui signifie "notre terre" en inuktitut. C’est la plus jeune région du Canada même si elle est habitée par les Inuits depuis des millénaires. Près de 30 000 âmes vivent sur un territoire de plus de 2 millions de km_. Quatre fois la France. Le Nunavut n’est pas une réserve : un gouvernement autonome en assure la gestion économique et la protection des espaces naturels. Une mission complexe quant on sait que 98% du territoire est inhabité et que les trois régions de la province (Baffin, Keewatin et Kitikmeot) n’abritent que 26 communautés en tout.
La capitale de l’Etat, Iqaluit (« poissons » en inuit) est une petite ville de 4600 habitants à l’architecture étonnante. Dès la descente de l’avion, voici la prise en charge par les équipes de North Cruise qui débarrasse notre petit groupe des valises et organise une visite de la ville. Premier contact avec le pays, juste à la sortie de l’aéroport, avec les premières boutiques d’art qui présentent sculptures en os de baleine et en pierre noire, la saponite. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce sont les moins chères du circuit voire même les plus intéressantes. Des maisons sur pilotis en fer illustrent le climat et l’impossibilité de creuser des fondations dans une terre constamment gelée. Principales originalités de la ville: l’église St. Jude’s, cathédrale anglicane en forme d’igloo et l’Assemblée législative, véritable musée d’art. Le petit tour en ville s’arrête naturellement au centre des visiteurs Unikkaarvik et au musée Nunatta Sunakkutaangit. C’est l’un des rares endroits du voyage qui commercialise des cartes postales...
Du siège de la compagnie de la Baie d’Hudson (connue pour ses magasins La Baie au Québec), il reste encore quelques hangars anciens, uniques traces du commerce de peaux au Nunavut. La population, très nombreuse dans les rues, semble plutôt jeune et désœuvrée. Le guide insiste beaucoup sur le taux de chômage ou encore la mortalité des adolescents, dont le taux de suicide est le plus élevé du Canada. Un drame lié au climat et à l’absence d’avenir professionnel. Les élèves plus doués iront à Toronto pour poursuivre leurs études. Les autres vivront le quotidien de leurs parents : bars, bières et sortie en quads.

Photo: http://www.flickr.com/photos/duloup/1337379309/
Commentaires
Alain Marand
09H06 24 JANVIER 2010
Bonjour à tous les grogneurs
On ne défend bien que ce que l'on connaît. Hurler avec les loups (ou les ours) demande un minimum de savoir.
Les voir, deloin, ne vient pas perturber prodondément leur habitat ! Faute de quoi... Anonymes, les ours disparaissent sous les balles des chasseurs.
Voir les baleines, les ours ou les fauves senisibilise le grand public. C'est le but.
Alain
Mapial
17H32 22 JANVIER 2010
D'accord avec Tartoche, foutez la paix aux ours ! Tous ces km en avion pour finir dans un bateau cheap qui marche lui aussi au fioul.. Laissons le sanctuaire en rester un ou alors partons voir nos ours dans les Pyrénées ou les Alpes (ou ce qu'il en reste..) ...à pied.
Ce tourisme qui se veut baba/écolo me laisse perplexe ..
Visiteur
16H53 22 JANVIER 2010
bizarre cette photo d'ours, il me semble reconnaître l'ours polaire "fou" du zoo de la Palmyre (d'ailleurs, on aperçoit les reflets sur la vitre)
Tartoche
13H48 22 JANVIER 2010
Foutez leur la paix aux ourses !