Tendances écolo et branchées pour des sports d’hiver dans les stations alpines. Et tout notre dossier neige.
L’hiver dernier a été marqué par un enneigement très bon partout, voire excellent sur certains massifs. Une divine surprise pour les professionnels du tourisme blanc qui redoutaient autant les effets attendus de la crise économique mondiale que ceux, avérés, du réchauffement climatique. Ce bel enneigement a profité en particulier aux stations de moyenne altitude, notamment celle des massifs méridionaux ou pyrénéens, qui ont pu sortir la tête de l’eau. Elles ont repris quelques parts de marché aux grandes stations d’altitude, en général hors de prix… Cet hiver, ces grands domaines skiables sont contraints, face à la volatilité et la réactivité de la clientèle, à multiplier les opérations de promotion. A surveiller et saisir donc, si l’on est inconditionnel de ces grands complexes. Pour les autres vacanciers, sensibles à la qualité des vacances et à la sauvegarde de l’environnement montagnard, les villages et les petites stations sont toujours au rendez-vous.
Neige et spa
Associer les activités sportives de montagne hivernale et les séances de spa, bains d’eau chaude, massage et autres déclinaisons «détente» de la balnéothérapie est une formule qui séduit de plus en plus et se développe à vue d’œil dans tous les massifs. L’offre en jacuzzi et autres hammams des hôtels et résidences touristiques se généralise face à la demande. Viennent ensuite les stations thermales historiques, globalement en perte de vitesse et souvent situées en montagne, qui ont bien compris que cette vague du spa pouvait leur amener une nouvelle clientèle : elles sont nombreuses à proposer des soins courts à la clientèle des sports d’hiver. Enfin, des centres de spa uniquement dédiés au loisir sortent de terre, comme par exemple au cœur de la station de Serre Chevallier (Hautes-Alpes), où un établissement de 4500 m2 a été construit sur des sources d’eau chaudes naturelles. Le tarif d’entrée est élevé, mais c’est un vrai plus pour les vacanciers, souligne Nicolas Brun, moniteur et responsable d’un gîte. «C’est un plaisir énorme dans un cadre superbe. On en ressort totalement relaxé, et parfois bien fatigué… C’est un très bon complément aux activités nordiques, que ce soit après une journée dehors, ou comme activité alternative un jour de mauvais temps».
Sans surprise, les offres de séjour «randonnée et balnéo» se multiplient donc, notamment dans les Pyrénées, associant randonnées en raquette ou à ski et séances de bains chauds. «Ce sont des formules très appréciées, qui nous permettent de gagner une clientèle peu attirée par nos séjours classiques de randonnée, souvent très sportifs, souligne Mélanie Ferron, gérante de l’agence la Burle. Nous combinons de la randonnée tranquille, à la journée et des séances de spa en fin d’après midi…»
Le Snowkite, neige et vent
Venue tout droit de l’océan et du Kitesurf, cette nouvelle glisse écologique a débarqué il y a quelques années dans les Alpes et connaît un bel engouement. La neige remplace l’eau, mais le principe reste le même : les skieurs ou snowboarders se font tracter par une «aile», c’est-à-dire un immense cerf-volant. Ces sportifs reliés à leur voile grâce à un harnais jouent avec le relief et remontent les pentes avec une facilité (apparente) et une vitesse déconcertantes… A l’instar de sa grande sœur maritime, cette pratique nécessite qu’il y ait du vent bien sûr, mais aussi un sérieux niveau technique, en conduite de cerf-volant comme en maîtrise des skis et des conditions de neige. Alors, même si la neige permet l’initiation au kite, plus facilement que l’eau, grâce à des stages notamment, la grande majorité des vacanciers se contentera de savourer le spectacle offert par ces fous volants : les plus aguerris parviennent, en jouant avec les courants d’air et les accidents de terrain, à réussir des sauts époustouflants.
Ski de randonnée, écolo et montagnard
Cette pratique sportive de pleine nature, écolo et contemplative autant qu’historique, permet comme nulle autre de goûter au silence et à la beauté hivernale des montagnes… loin des remontées mécaniques. Le principe est simple : il s’agit de grimper par ses propres moyens, avec des skis munis de bandes de tissu autocollantes aux propriétés anti-recul (les fameuses «peaux de phoque») et des fixations spéciales aux pieds, jusqu’au sommet d’une montagne ou d’une pente, avant de s’offrir une descente en neige non damée. Une seule descente… mais au goût incomparable !
Bien sûr, il ne faut pas être débutant en ski pour se lancer, mais il n’est pas non plus besoin d’avoir un niveau technique hors du commun. Tout dépend de l’objectif choisi. C’est d’ailleurs là que réside la grande originalité de la «rando» comme la surnomment ses adeptes : c’est une pratique montagnarde qui implique avant le départ de choisir un itinéraire adapté, de le repérer grâce aux cartes et topos, de s’informer sur les conditions de neige… Il faut acquérir un minimum de connaissances, de matériel et de savoir-faire liés au risque d’avalanche. Le bon moyen de s’initier, outre les clubs de pratiquants qui organisent des sorties, reste donc de prendre un guide ou un moniteur de ski à la journée : il saura assurer votre sécurité, mais aussi choisir la randonnée où les conditions de neige seront les meilleures à la descente. Autre solution: offrez-vous un petit séjour d’initiation ou de perfectionnement avec un guide par le biais d’une agence spécialisée comme Terres d’Aventure, Allibert ou l’UCPA.
Monostalgie
Le monoski, vous vous rappelez ? C’était dans les années 80, on portait de chouettes combinaisons fluo et on faisait gicler la poudreuse, les deux pieds joints sur la même planche large et les abdos en feu. Classés ringards, puis «en voie de disparition», les adeptes du mono ont affûté leurs carres et contre-attaquent : ils ont créé leur circuit de rassemblements, le Monoski Test Tour, qui passera cet hiver dans onze stations et remplace leur rassemblement annuel, jusque-là unique, crânement baptisé la Monopride. Grâce à une poignée de constructeurs, le monoski a profité des évolutions technologiques du ski et du snowboard : planches plus larges, lignes de cotes paraboliques, carving, double spatule… «Le monoski en un mot ? La glisse radicale!» clame l’association française de monoski, organisatrice de l’événement… Des initiations avec le matériel récent, des compétitions, des animations sont prévues à chaque étape (infos : http://monoski.free.fr).