Des églises comme s'il en pleuvait, hautes et imposantes à faire pâlir bien des cathédrales du vieux continent, des odes à la démesure dans lesquelles les fidèles participent à l'office jusque sur les parvis…
Où suis-je ?
Dans les rues, sur la route, plus de klaxons frénétiques, de vaches désorientées qu'il faut sans cesse éviter, plus de saris éclatants, d'hommes en longhis, de temples aux clochettes stridentes, de crachats rouges de bétel, de petites échoppes de chaï disséminées ça et là et si pratiques, plus de samousas pour les petits creux de la journée, de chapathi, de curry de légumes, d'ordures jonchant les rues, plus de dromadaires degingandés ou d'éléphants majestueux....
Descendu de mille deux cents kilomètres, au sud du Rajasthan, six cents au sud de Bombay : GOA, et sa capitale, PANJIM, un sud méridional.
Une enclave portugaise indépendante depuis preque cinquante ans mais si imprégnée encore de la présence lusitanienne.
Des églises comme s'il en pleuvait, hautes et imposantes à faire pâlir bien des cathédrales du vieux continent, des odes à la démesure dans lesquelles les fidèles participent à l'office jusque sur les parvis, dehors, tant elles réunissent de fervents croyants...
De l'excentricité de l'Hindouïsme, on a gardé le penchant pour les couleurs, les offrandes de fleurs, les lampes à huile, les petits autels disséminés partout dans les rues, sur les bords de route.
Rien n'est de trop pour dépasser l'austérité de nos lieux de culte européens.
A se demander en les voyant se signer à chaque calvaire, crucifix, autel ou église croisé sur leur chemin, qui est la véritable fille ainée de l'Eglise !
Tout me ramène à une vague culture méridionale, du Portugal bien sûr, mais aussi de l'Espagne, en passant par l'Italie ou la Grèce, voire par certains aspects à Cuba.
Les "mamas", cheveux coupés courts ou indéfrisable, jupes et chemisiers, discutent dans la rue, à l'ombre d'une ombrelle, les filles en T Shirt et jean moulant tenant leur fiancé par la main et n'hésitant pas l'embrasser en pleine rue, l'alcool qui coule à flot, les publicités pour la bière locale, la Kingfisher, fleurissant sur les murs...
Autant d'outrages aux bonnes moeurs indiennes.
Car je suis tout de même en Inde contrairement à ce que mes yeux me montrent.
Bien sûr, quelques rickshaws roulent ça et là et les échafaudages de bambous me rappellent d'autres façades indiennes.
Mais où est passée l'Inde ?
Celle que je connais, avec tous ses défauts.
Et que j'aime.
Commentaires
Daniel Thornton
11H05 01 AVRIL 2010
C'est l'immense dépit du fait que Goa n'a pas été colonisée par des Français qu'on voit s'étaler dans toute sa splendeur dans ce post. Ah cette Inde qu'on adore en France et qu'on dépeint aux plus affreux clichés depuis toujours dans les médias, les conversations entre amis.... ah l'amour universel des Français envers le monde, qu'il est tellement difficile d'être compris...
Libévoyages
10H52 01 AVRIL 2010
A Alexandre R.C.
"lusitanienne" veut bien dire portugaise mais l'inversion de lettres dans le texte nous avait échappé. Nous corrigeons. Merci
Alexandre R.C.
10H12 01 AVRIL 2010
"mais si imprégnée encore de la présence lisutanienne"...ça veut dire purtogaise?
Visiteur
16H08 31 MARS 2010
> Mais où est passée l'Inde ?
@pichenettes :
Tsss.
Je l'entends comme un ressenti, et pas comme une critique...
Au contraire, ça me donne envie d'y aller, de visiter. Aussi bien l'inde "stéréotypée" que celle de cette enclave portugaise.
Je ne comprend pas ce qui vous interpelle là dedans..
Olivier
15H50 31 MARS 2010
Intéressant et très paradoxal. L'espèce de masochisme bien français est puissant dans ce texte. Etant moi-même Français, mais chrétien, connaissant très bien Bombay, un peu Delhi, je fus émerveillé lorsque je suis allé à Goa, pour une seule journée et une seule fois. Pour les mêmes raisons que vous - cette touche chrétienne, catholique qui plus est, cette empreinte indélébile de ma civilisation, de ma façon de voir, a fait que alors que jusque-là je regardais l'Inde comme un monde impénétrable, tellement différent, tellement incohérent, tellement intrigant, à la fois exotique et intolérable, en tous cas radicalement Autre - tout à coup j'ai eu accès en prise directe avec les Indiens par le biais de notre culture et de notre civilisation communes. Tout à coup nous étions vraiment frères, il devenait possible de s'entendre et de se comprendre par-delà nos différences culturelles.
Goa fut un émerveillement.
A Bombay il y a aussi des traces de ce catholicisme, ça et là, quelques églises, une communauté peu nombreuse mais qui existe, que je cotoie régulièrement, au travail. J'adore cette communauté, c'est ma porte d'entrée en Inde, c'est le seul bout par lequel je peux communier. Je ne manque jamais d'aller prier, et lrosque je le peux communier, dans les églises de Bombay.
Merci à ce que firent les Portugais voici 5 siècles!
pichenettes
14H25 31 MARS 2010
> Mais où est passée l'Inde ?
Tsss. Elle est sous vos yeux. Pourquoi nier la realite d'un pays divers, mutant, ou les influences d'idees, de religions circulent et s'hybrident ; et vouloir, a la place, faire coller dessus une image ringarde et figee d'une inde-hindoue-rurale-exotique.
Vous avez la chance de voyager, ce que vous avez sous les yeux doit etre accepte comme realite et servir de point de depart d'une reflexion. Et non l'inverse.