Et que celui qui ne s'est jamais fait arnaquer me jette la première pierre…
Pushkar, Rajahsthan, Inde. 21 Janvier 2009.
12 heures de bus depuis Jaisalmer (480 kms) afin d'atteindre la ville sacrée de Pushkar, 500 temples lovés autour du lac ou Brahma aurait laissé tomber une fleur de lotus.
Depuis, toute l'Inde passe un jour ici, en pèlerinage.
Pour la retrouver ?
Ils ont même sorti les pelleteuses, des fois qu'elle serait enterrée dans la vase.
Alors voilà, le Brahma, tête en l'air comme pas deux perd une fleur et depuis c'est un défilé permanent.
Ferveur indienne, mysticisme et croyance indétronable en tant de divinités.
Si l'on croise autant de touristes indiens dans les gares, dans les bus, sur les routes, il ne faut en chercher la raison que dans leur foi.
Qui les fait aller de temple en temple, d'une région l'autre, du sud au nord, d'est en ouest, les pieds nus, le crâne rasé.
Partout, une trace d'un dieu, une empreinte, une dent, une relique quelconque que l'on vénère et pour laquelle on a sacrifié une grande partie des économies afin de payer les ticket de bus, de train.
Partout une raison pour édifier un temple.
Le lac, totalement entouré de Ghats, ces escaliers descendant vers l'eau où les fidèles viennent accomplir les puja, les prières, les ablutions, boire l'eau sacrée, se baigner....
Ce qui implique quelques règles : arriver pieds nus pour tout le monde, adopter une tenue correcte par pour ne pas choquer les indiens en slip et les indiennes seins nus, pas de marque d'affection si l'on est en couple, pas de nourriture autre que végétarienne, pas d'alcool (comme soit disant partout en Inde)
En bref : respecter les fidèles, les temples, notamment en ne faisant aucune photo (ça tombe bien, j'étais venu pour ça, j'adore...!!!), faire une prière et une offrande...
Et c'est là que nous, occidentaux, contribuons grandement à la prolifération et à l'enrichissement des centaines d'escrocs soit disant prêtres de la ville qui attendent les gogos en haut des escaliers pour leur donner une fleur (un oeillet d'Inde) « C'est gratuit, tu as juste à le jeter dans le lac en faisant un voeu »
Comment les reconnaître ?
Tout d'abord, ils parlent anglais correctement, ou espagnol, français, ce qui est toujours mauvais signe.
Signe de leur trop grande fréquentation des touristes pour la simple raison qu'ils ont quelque chose à vendre.
Ensuite, ils n'abordent que les étrangers : les Indiens auraient vite fait de les démasquer et n'ont pas besoin de leurs services pour prier et accomplir les rituels sacrés.
Mais c'est sympa Pushkar, accueillant, avec tous ces G.O. à gogos, on se croirait au Club Med, les filles en bikini en moins, limite si on nous met pas un collier de fleurs autour du cou.
7H00 du matin, comme tous les matins, je déambulais dans les rues, un oeil encore fermé par un réveil trop matinal pour moi, l'autre oeil aux aguets, par habitude, afin d'éviter les différents obstacles de la rue, chiens, vaches, bouses, égouts à ciel ouvert.
Et le troisième oeil, celui qui voit tout, à la recherche d'un cliché à faire tout en repérant les lieux...
7H10 : Résolu à ne pas me faire arnaquer par le premier faux prêtre de passage; je descendais le Ghat vers l'eau pour quelques photos au soleil levant, n'ayant pas remarqué dans mon brouillard matinal que le temps était gris et sans lumière.
«Tiens, prends cette fleur, va faire un voeu et jette là dans le lac».
On ne refuse pas un cadeau sacré !
Le type m'a baigné les mains, nous avons récité les prières en hindi, nous avons invoqué tout le monde : Brhama, Vishnu, Civa, Parvathi, Laxmi et bien d'autres encore dont j'ai du écorcher les noms, il voulait me dessiner un beau tylak sur le front, rouge mais j'ai refusé, faut pas abuser quand on ne croit pas à ce qu'on fait, y'a des limites à la profanation...
Et évidemment, il a fallu faire une offrande, qui s'est limitée, malgré les sommes astronomiques qu'il prétendait me faire débourser, à ce que j'avais en poche : 100 roupies (à peu près deux euros) passés de ma poche à la sienne et qui, selon moi, ne contribueront guère à la réfection d'un temple.
Malgré tout, j'ai prié pour vous tous et j'ai jeté l'oeillet à l'eau.
Alors, si 2009 ne vous rapporte que des roupies à a place des euros convoités, ne m'en veuillez pas, j'ai été pris au piège !!!
7H25 : Il ne m'aura même pas fallu une demi-heure, le premier matin de mon arrivée dans ce haut lieu de l'arnaque à touristes pour me faire avoir.
Avec une consolation : pour mes deux euros, j'ai eu droit à un bracelet, un « passeport » pour le reste de mon séjour, il suffit de le montrer aux autres qui cherchent à m'emmener au bord du lac pour une « prière gratuite » et ils laissent tomber l'affaire !!!
Un peu déçus, limite désagréables d'avoir été devancés par un concurrent, les uns comme les autres m'ont interdit de faire des photos des ghats et des fidèles par respect.
Et mon respect à moi ?
On me met de force une fleur dans la main de bon matin alors que j'ai horreur qu'on m'adresse la parole avant 15H00, on me fait réciter des mantras alors que je ne pense qu'à aller boire un litre de thé, on me fait invoquer des divinités dont je ne connais même pas les noms alors que ce n'est pas ma religion.
D'accord, je ne crois en rien !
Mais et si c'était le cas, si j'étais pratiquant tendance messe en latin, juif orthodoxe, musulman intégriste ?
Tout le monde s'en cogne, ici, du moment que les roupies changent de poche...
Est ce que je leur fait chanter les louanges du Seigneur, le Kadish la tête couverte d'une kipa ou réciter des sourates la tête vers l'ouest, le nez dans une bouse de vache ?
Et avec un peu de chance, ils m'ont fait chanté une chanson paillarde ou réciter des passages du Kama Sutra sans que je m'en aperçoive...
Attendez que je vous croise en France, je vais vous faire faire la tournée des églises, mosquées et synagogues en chantant « La digue du cul », vous verrez que vous n'aurez pas l'air bien malin non plus !
Et après avoir bafoué mes croyances, on voudrait que je range mon appareil photo ?
Hé ! Oh ! Les gars, je me suis pas tapé le cul durant douze heures dans un bus pourri pour ne pas faire quelques photos !!!
Alors, il a fallu que je ruse.
C'est pas joli joli de tricher comme ça.
Mais je sais que Brahma me pardonnera car je suis sur qu'il s'en tamponne, ce sont les hommes qui ont édicté cette loi, pas lui.
Xavier VIALA
Trotteur Global
Plus d'informations sur l'Inde avec Easyvoyage.
Commentaires
TZ
15H48 17 FEVRIER 2009
Comme dit plus haut, l'incroyable condescendance des touristes occidentaux, qui ne croient en rien et ne respectent donc pas les croyances des autres (c'est bien connu, la religion, c'est pour les incultes analphabètes, sauf qu'on oublie un peu l'histoire de l'occident...) et pensent qu'une photo résume assez bien une expérience.
Un conseil, balancez votre technologie quelques jours ou semaines et VIVEZ l'expérience. Même si vous détestez, au moins vous aurez fait l'effort de sortir de la superficialité qui caractérise si bien notre société moderne.
la gata
12H17 17 FEVRIER 2009
si les curés catholiques et autres se font payer pour l'aumone et en allemagne pire on est prelevé cash direct a la source ..
pour quoi pas les prétres indiens ??
tout le monde a droit a faire son bussiness depuis a chaq'un de se laisser faire arnaquer sur fond de religion ou pas ..
Pushkarattitude
10H33 17 FEVRIER 2009
D'où se taper le cul pendant 12 heures donne le droit de prendre des photos ? Elle est bien jolie ton histoire mais on peut aussi la voir différemment. Moi je t'imagine très bien déambulant l'appareil photo autour du cou dans les rues de Pushkar, sûr de ton bon droit. Mais outre que personne ne t'a forçé à venir et que cela ne te donne donc le droit à rien, si tu veux le calme et la tranquillité, pourquoi venir pendant la saison touristique ? Et pourquoi reprocher aux habitants de profiter de ces touristes qui ne respectent rien ni personne, croient tout savoir et qui regardent l'autre, avec ses rites religieux abscons d'un air condescendant ?
Apprécier pleinement Pushkar, ça ce mérite. D'abord laisser ses certitudes au vestiaire, ensuite y aller quand il fait chaud et que les hordes de touristes sont parties vers les montagnes du nord. Et là, tu pourras faire de belles rencontres, avec les "vrais" brahmanes, les érudits, les gardiens du lac. Et si tu poses un peu ton appareil, peut-être qu'ils t'inviteront non pas à participer mais simplement à assister à une cérémonie.
Au fait, tu n'irais pas ensuite dans le nord par hasard?