Voyage à la fin du monde et un peu plus...
Arrivée en Argentine, je monte dans un taxi pour rejoindre mon hôtel réservé depuis la France. Tous les préjugés, idées reçues, clichés vont bientôt s’effondrer. Ils sont pour l’instant bien tenaces pendant mon arrivée. Ils façonnent une certaine nervosité mais aussi une expectative exotique. À plus de 13 000 Kms de ma douce France sans connaître un mot d’espagnol, cette langue chantante.
Je traverse en voiture la banlieue de Buenos Aires. Des vieux immeubles en ruine s’imbriquent le long de l’autoroute. La pollution les a repeints en gris. Je vois de loin une manifestation des piqueterros dans ce quartier populaire: ils tapent sur des tambours, et agitent des banderoles en réclamant au gouvernement du travail, une reconnaissance de leur situation, une assistance.
D ailleurs la ville est inondée de tags, banderoles sur la crise de 2001 : on peut ainsi lire des inscriptions tels que "Non au FMI" ou encore " Mort pour penser. Plus jamais ca!".
Sur la plaza de Mayo, place centrale du pouvoir exécutif a Buenos Aires, des barricades sont installées en face de la Casa Rosada. Elles sont toujours en place depuis la faillite financière et politique de 2001, et la présence policière a Buenos Aires est impressionnante. Depuis la crise, la classe moyenne s’est paupérisée et la pauvreté présente aux alentour de la ville s’est rapprochée du centre ville. Il faut dire qu’en Argentine la classe politique n’est pas très appréciée et une bonne partie de la population la considère comme responsable de l’appauvrissement massif du pays.
Les banderoles de protestations trônent en plein milieu de la plus importante place du pays. C’est assez surprenant de voir ça. Une des étrangetés de la ville est sans aucun doute "les Cartoneros" qui peuplent le soir tous les coins de rue de la capitale. À la levée de la nuit, "les Cartoneros" éclatent toutes les poubelles sorties sur les trottoirs pour récupérer le plastique et le papier. Un cheval poussant une charrette, ils opèrent un tri des détritus de la ville pour ensuite revendre ces matières recyclables.
Tout cela donne vraiment l’impression d’être dans un autre monde. Qui plus est, on trouve encore quelques spécificités argentines : des cireurs de chaussures au coin des rues, des bus bondés des années 60. Pour signaler qu’une voiture est à vendre, on dépose un bidon, ou une bouteille d’eau sur son toit. Enfin l’excentricité la plus cocasse revient au Dog sitter, ces personnes chargées de balader et de s’occuper des chiens d’autrui. On les croise souvent dans les parcs avec parfois huit ou neuf chiens autour d’eux...
Des clébards et des 2 roues :
L’Amérique du Sud est une vraie niche à chiens : on en croise partout, dans tous le recoins, a tous les coins de rues, dans les endroits les plus saugrenus. Devant un hôtel 4 étoiles ou dans les lugubres gares routières, les chiens ont envahi tous les espaces. Il arrive souvent qu’ils vous suivent et fassent un petit bout de chemin avec vous. Parfois, on peut aussi avoir de mauvaises surprises et se retrouver seule face a un chien agressif.
La cuisine Française : la meilleure du monde?
Voilà a quoi ressemble la spécialité d'un restaurant de Buenos Aires, l un des plus fameux de la ville. Ce plat est un pavé de boeuf grillé au poivre avec des patates en accompagnement.
La première fois que l’on goûte la viande d Argentine, on se demande bien ce qu'elle peut avoir de différent. On coupe la viande, on l'enfourche et hop, dans la bouche. Et soudain, on comprend : moelleuse, fondante,vous n'avez pas besoin de mâcher. C'est comme si vous dégustiez un chamallow! Avec ceci, un verre de vin rouge de type Malbec de la région de Mendoza... C'est exquis, vous serez comble et n’hésiterez pas à offrir un généreux pourboire au serveur tellement vos sens ont été conquis...
Traditions sud-américaines :
J’ai goûté au Mate fait par des locaux.Cette boisson chaude est fréquemment bue en Argentine, mais aussi en Uruguay et en Bolivie. Le Mate est une boisson chaude qui se prépare avec une plante (Yerbal Mate) et de l’eau chaude. Après avoir mis l’herbe dans un récipient ( généralement un fruit creux sèche), on verse l’eau chaude dans le Mate et boit la préparation avec une bombilla, sorte de paille en acier.
Sur les coups de 17-19h, quand la nuit tombe, sur les bancs, tout le monde boit son Mate. J’en vois même qui conduisent en voiture avec leur tasse ou sur des scooters. C’est très populaire et aussi très convivial.
Des quartiers de toutes les couleurs : la Boca.
Voilà l’un des quartiers les plus jolis de la ville et par conséquent le plus touristique aussi... La Boca! Toutes les maisons sont peintes avec une multitudes de couleurs : cette tradition a été initie par la population immigrée du quartier qui travaillait dans le port de Buenos Aires.
En ramenant le fond des pots de peintures pour les bateaux chez eux, ils ont eu l’idée de peindre leur façade : voilà pourquoi les façades ont de nombreuses couleurs... Ce quartier est aussi très connu puisqu il abrite l’une des meilleures et plus appréciées équipes du championnat argentin : La Boca Junior. La Bombonnera est l’endroit où aller pour assister a l’une des plus folles ambiances sportives de l’Amérique du Sud.
Punta del diablo : Uruguay
Heureusement que je ne suis pas arrivée une heure plus tard puisqu ici, l’électricité publique n’existe pas encore. Idem pour le nom des rues. Quelques panneaux sont jonchés au carrefour de celle-ci pour indiquer vaguement les quelques commerces saupoudrés un peu partout dans la le village.
Les routes sont en sablées, et le coin est tranquille, encore préservé du tourisme. La plupart des maisons ressemblent à ces cabanes de pêcheurs parfois peintes, avec un toit en paille, parfois sur pilotis.
Cabo polonio:
Je suis allée voir les bateaux de pêcheurs qui rentrait. Il pêchent très souvent des mini-requins. Je prends le bus pour partir a Cabo Polonio, un village dont on m‘a beaucoup parlé. C est à environ une heure de route de Punta del Diablo.
Le car s’arrête environ un quart d heure : une moto a quitte la route en plein milieu des champs. Le conducteur est dans le pré, il saigne beaucoup... On arrive à l’entrée de Cabo Polonio : ici on doit prendre un ticket pour monter dans un camion. Le village est classe, c’est une réserve naturelle et aucune voiture ne peut rentrer dans le village. D’autant plus qu’il faut traverser plusieurs kilomètres dans le sable avant de pouvoir y accéder et que c’est impossible d’y rentrer ( hormis avec un 4X4 ou une 2CV) .
Le voyage en camion est déroutant : l impression qu’on va versera chaque coup de volant. D ailleurs, vous pourrez être amené à pousser le camion embourbé dans le sable. Le village est dispersé et les habitations sont des petites cabanes. Ici, il n y a pas d’électricité du tout. Pas d’Internet ou de téléphone portable. Au milieu du village, on trouve un petit marche. Comme d habitude, il y a presque plus de chiens que d habitants. Il paraîtrait qu il y aurait 80 habitants a l’année. On se croirait dans un film de Kusturica ici.
Argentine/ Mendoza :
Mendoza est située dans une vallée très aride : Les habitants de Mendoza ont planté des arbres un peu partout dans la ville afin de pouvoir vivre dans ce climat hostile. Tout comme il existe de nombreuses places avec des points d eau afin que les habitants puissent trouver de la fraîcheur. En effet, sans les places et les arbres, la chaleur serait plus qu’étouffante ici.
Mendoza est célèbre pour ses vins et ses asados (barbecue). En particulier le malbec, l’un des vin d’Argentine les plus renommés.
Ushuaia
Arrivée hier soir a Ushuaia, la ville la plus au sud du monde à la pointe du continent sud américain. Ce n'est pas tout a fait exact mais pour la légende on dira que oui ( il y a un village au Chili plus au sud Puerto William, et une base militaire). La température a fait le yoyo : passée d'environ 30 à 5 degrés et l’arrivée à Ushuaia s’est soldée par un vent glacial et de la pluie...
La ville, la nuit, un hôtel atypique avec une salle commune ou il y a une bibliothèque, Internet, et des matelas pour se reposer. C’est aussi une pièce qui sert de chambre au proprio des lieux. Une cuisine en bois vernis avec une table ressemblant fortement a un tronc. J’ai rencontré des gens sympathiques hier soir. Nous sommes environ dix à voyager en solo venant d un peu partout d Europe. Après nous sommes partis dans un pub irlandais ou se réunissent les expatriés. La ville ressemble à une station de ski francaise.
À Ushuaia, il pleut. Parfois. Et parfois il fait beau. Le changement de temps varie plusieurs fois dans une journée. On a donc souvent des arcs en ciel, et ce mélange donne l’impression de vivre plusieurs journées en une seule.
Puis le lendemain, direction le Parc national de la Terre de Feu pour un trekking épuisant de huit kilomètres . C'est le seul Parc côtier d Argentine. Le mélange d arbres surnaturels, d arbres blancs et mort ainsi que la mer et les sommets enneigé sont assez éblouissants...
Aujourd’hui enfin, la visite de la prison d Ushuaia célèbre pour ses conditions extrêmes de détention. Il ne devait pas être agréable d’être emprisonné ici... On peut voir les cellules un peu rafraîchies (elles datent de 1908), les photos des détenus, leur condition de travail et de vie a l’intérieur, ainsi que les outils fabriqués pour agresser le personnel pénitencier et s’évader...
Juste a côté, visite du musée maritime avec l’histoire de la région et des pirates qui la peuplaient.
Changement de décor : Du Sud au Nord : Iguazu
La terre est rouge et tout est très vert. Il fait un climat tropical, très humide et chaud. Le degré d’humidité dans l air atteint les 90 %. Après avoir déniché un hôtel correct, nous essayons le Surubi, un poisson d’eau douce que l on trouve presque exclusivement dans cette région.
Le lendemain, nous partons voir les chutes du côté brésilien où le point de vue est panoramique. Les Brésiliens sont chaleureux, l’accent est très sympa à entendre...
Le lendemain, nous les voyons du côté argentin. Nous passerons plusieurs fois la frontière car Iguazu est situe a la limite de trois pays : Argentine, Brésil et Paraguay.
Les chutes s’étendent sur 2.7km de long avec une hauteur pouvant atteindre 700 mètres. Tout autour des chutes, le parc national recense une quantité impressionnante de plantes et d’animaux (400 espèces d oiseaux, 2000 espèces de plantes, des milliers d’espèces d insectes, des reptiles...).
Ciudad Del Este:
On fera une escapade à Ciudad del Este, une ville assez instable, qui a été incriminée au départ a propos des attentats du 11 septembre. On peut tout trouver a Ciudad del Este. Une chose est sûre, je ne risque pas de perdre ma carte bleue de ma poche : tout le monde a les yeux rivés sur nous... Bref, j’achèterai avec une certaine nervosité des lunettes et des CD... Un voleur s’enfuit en courant dans la rue échappant à tous ceux qui s’exclament. Les personnes chargés de la sécurité me rappellent par leur armement, des fusils a pompe, l’Uruguay : visiblement pas le même gibier que chez nous. Toutes les deux secondes, on tente de nous vendre quelque chose et c’est très désagréable. Quand on refuse d’acheter quelque chose comme on peut le faire ailleurs, les vendeurs s’agitent et hurlent avec véhémence. C’est assez choquant ce genre de réaction.
Une place rend hommage à Tchang Kai Tcheck et à la Chine : monument assez atypique dont je ne connais pas l’explication. Les bus sont complètement en ruine et très colorés. Beaucoup de personnes passent ou sous, ou au-dessus du tourniquet d’entrée pour éviter de payer le bus. Les billets de banques ressemblent a des bouts de papiers ayant servi a vidanger une voiture. La ville est sale et dégradée et la population souffre visiblement. Une ville assez glauque mais aventureuse.
Commentaires
G.nedrise
22H23 30 OCTOBRE 2008
Bonjour, je suis l'auteur de ce journal... Pour répondre aux différents commentaires, je souhaitais préciser qu'il s'agit de mes premières impressions dans le pays.
Cela ne reflète en rien la réalité ni du voyage ni de l'Argentine, c'est une impression de ce que j'ai personnellement ressenti et des différences qui m'ont marqué notamment lors de mon arrivée.
Par ailleurs, bien que partiel, ce que je décris est vrai et l'on ne peut nier la pauvreté, les problèmes politiques et sociaux qui secoue l'Argentine. Mon but n'était pas de proposer une image d'Epinal et éronné du pays. Je conviens tout à fait que ce n'est pas la réalité unique de l'Argentine. Si vous vivez en Argentine depuis 5 ans, il va de soi à mon avis que vous ne voyez pas les même choses que le dernier venu et que vous n'êtes pas choqué par les mêmes choses également.
Merci de RESPECTER des visions différentes, avec tolérance...
Visiteur
17H08 18 JUILLET 2008
Residant francais en Argentine depuis 5 ans,le commentaire de ce jeune est totalement errone.C'est bien dommage que Le Monde publie des articles aussi mal documentes.C'est la pire version de description du cone sud.je conseille vivement a ce jeune de passer ces prochaines vacances en Suisse et en Autriche!!!
Voyager c'est savoir s'integrer a une culture et etre tolerant.
La prochaine fois je vous organise une visite de Paris qui passe par les cabanes en carton sous le perif',les rues glauques du 19eme,une file d'attente en hiver devant les restaus du coeur et les mendiants de Beaubourg..jeune homme,bon vent.
spicyhotpot
12H19 18 JUILLET 2008
D'apres la page Wikipedia sur Ciudad del Este:
"The city has a large Asian-born population, specifically Taiwanese, Arabs and Iranians, evident in the city's mosque and pagodas. The Taiwanese government paid for the construction of the city's town hall in exchange for Paraguayan support in the United Nations, hence the Taiwanese flag that flies on the building."
pat
08H19 18 JUILLET 2008
Je trouve absolument navrant et quasi-diffamatoire pour les Argentins la description réductrice de Buenos Aires contenue en introduction de ce carnet de voyage dont la nullité devrait faire honte à la rédaction de Libération. Un enfant de 10 ans atteint de cécité aurait surement mieux appréhendé la réalité de ce pays. Je suis français et habite Buenos Aires depuis 2 ans.
J'avais déjà remarqué dans la presse française une fixation très hip sur le tango argentin, mais la réalité argentine ne se résume pas à ce côté anecdotique ou au quartier de la Boca aux couleurs vives soigneusement entretenues pour satisfaire l'oeil émerveillé des hordes de touristes à l'affut de leur tee-shirt souvenir.
La réalité c'est un peuple chaleureux et philosophe, totalement européen, qui a souffert les affres de la dictature militaire, de dirigeants corrompus qui ont mené le pays à la faillite en 2001. C'est aussi un pays de culture où le taux de diplômés universitaires est l'un des plus fort du monde et où le dynamisme et la créativité ont permis un redressement spectaculaire avec des taux de croissance économique de l'ordre de 10% ces 6 dernières années.
Des inégalités il y en a bien sur comme partout malgré un gouvernement de gauche depuis 7 ans mais je ne m'aventurerai pas sur le terrain de la politique.
Au fait hier, j'ai vu une famille qui remplissait le coffre de sa voiture en fouillant les poubelles d'un Prisunic. C'était en France dans une petite ville de province.