La pièce adaptée du roman de l’auteur algérien Azerki Mellal se joue actuellement au théâtre le Tarmac de la Villette jusqu’au 4 avril. Rencontre avec la metteure en scène, Maria Zachenska.
Un duo mère-fils arrive en Afrique avec leurs préjugés comme bagages. "En remontant le Niger" raconte sur un ton humoristique la découverte d’un continent par deux touristes plus bêtes que méchants. Flanqués d’un troisième larron, un guide africain, les deux "africanologues" vont s’embarquer dans des aventures rocambolesques.
Pourquoi avoir choisi d’adapter ce texte au théâtre ?
Valérie Baran, directrice du Tarmac de la Villette, me l’a proposé certainement parce que je n’ai ni le poids des remords ni les complexes des anciens colonisateurs. J’ai donc un regard plus libre sur les Africains.
Vous-même, avez-vous déjà été en Afrique ?
Oui, je suis allée à Ouagadougou en janvier 2008. C’était relativement inimaginable pour ceux qui ne connaissent pas. Certaines maisons sont faites de tôles et de planches. Mais il faut faire attention avec ce genre de jugement. Un homme m’a raconté qu’il s’était rendu en Tchécoslovaquie avant la chute du mur de Berlin. Il trouvait que l’extérieur des maisons était tellement moche qu’il a arrêté sa voiture et a pleuré. Mais cet homme-là ne savait pas ce qui se passait à l’intérieur de ces maisons. C’était peut-être moche à l’extérieur mais ce n’était pas le cas à l’intérieur. C’est pareil pour l’Afrique, les gens restent calmes et dignes dans tout ça.
Et vos préjugés à vous quand vous êtes venue en France ?
Pour les Slovaques, les Français sont tous charmants. Ils boivent du vin et ils sont tous riches. Ces lieux communs sont très tenaces car pendant le Rideau de fer, les gens pensaient que tous les occidentaux étaient riches. Ma mère m’a raconté que petite je voulais déjà vivre en France. Vers 8 ans, je relisais le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas et je connaissais des passages par cœur. De là à fantasmer sur Paris, il n’y avait qu’un pas.