Tout apparaît toujours plus beau en mai, mais à Londres peut-être encore plus qu’ailleurs, quand la grisaille fait place à une explosion de couleurs, du gazon des parcs aux cerisiers roses en fleurs des avenues et au blanc nacré des magnolias qui débordent des jardins particuliers.
Et nul endroit n’apparaît sans doute plus attirant que Notting Hill, avec ses façades pastel colorées, ses grands squares verdoyants et son marché de rue sur Portobello Road, qui demeure l’une des destinations de balades préférées des touristes comme des Londoniens. Pour autant, si les touristes affluent sur Portobello le samedi pour arpenter son célèbre marché d’antiquités et se faire prendre en photo devant le « Travel shop » ayant servi de modèle au film Notting Hill, les Londoniens branchés lui préfèrent les puces du vendredi. Situées sous le périphérique du Westway dans la partie Nord de Portbobello (qui marque la frontière entre Notting Hill et North Kensington, ou « North Ken »), après les antiquaires et les fruits et légumes, ce marché constitue the endroit où aller pour tous les amoureux de fringues Vintage, qui s’y précipitent pour y dénicher des tailleurs couture des années 50, des capes en fourrures des années 20 ou des pièces de collection du Swinging London signées Ossie Clarke ou Biba. Paul Smith, Jade Jagger et Sophie Ellis-Bextor font partie des célébrités aperçues régulièrement en train d’y chiner.
Un peu plus au nord, Golborne Road offre aussi une expérience plus authentique de cette partie de Londres avant sa colonisation par les banquiers. Bien que résolument branchée -en particulier depuis que Stella McCartney y a installé ses quartiers en 2002- cette rue, surnommée « Le petit Maroc » du fait de la prééminence de sa communauté maghrébine, conserve une atmosphère de souk animé résolument pittoresque et authentique, avec ses marchands de fruits et de bric-à-brac qui débordent dans tous les sens, et ses boutiques cultes, telles que le brocanteur les Couilles du Chien, le magasin vintage Rellik, adoré de Kate Moss, et la pâtisserie portugaise Lisboa, qui vend les meilleures « natas » de Londres. A noter aussi : la tour Trellik, qui surplombe Notting Hill de ses 31 étages. Construite à la fin des années 60 à partir des plans de l’architecte Ernö Goldfinger, cet ancienne HLM constitue aujourd’hui une adresse très recherchée parmi les créatifs, même si son aspect de monstre gris continue de laisser plus d’un observateur perplexe quant à son attrait. Mieux vaut cependant éviter le dimanche, quand tout est fermé (et donc bien moins drôle).
Si Paris a le Père Lachaise et Buenos Aires sa Recoleta, Londres peut se targuer d’avoir Highgate, peut-être le plus pittoresque et verdoyant de tous les cimetières urbains. Situé dans le charmant petit village de Highgate, près de Hampstead, ce cimetière classé monument historique de quinze hectares a été créé en 1839, et a depuis accueilli dans leur dernière demeure des personnalités aussi variées que Karl Marx - dont la tombe, située dans la partie Est, est surplombée d’un immense buste-, le romancier Douglas Adams, le peintre Henry Moore ou le « parrain du Punk » Malcolm McLaren, qui y a été récemment enterré. Au-delà de ses célèbres résidents, Highgate vaut le détour pour sa beauté sauvage mais aussi pour l’architecture hors norme de sa partie Ouest, une sorte de « Folie » funéraire faite de catacombes et de caveaux égyptiens et gothiques, construits autour d’un cèdre tricentenaire. A noter, le cimetière est géré par une association caritative et son entrée est payante. Des visites de groupes sont organisées dans la partie Ouest.
Si le temps se met à la pluie (après tout, Londres reste Londres), il peut être amusant de comparer les deux expositions actuelles consacrées l’une comme l’autre à des icônes de mode prénommées Grace : Grace Kelly au musée Victoria & Albert et Grace Jones à la galerie d’art Vinyl Factory de Soho. L’exposition du V&A, Grace Kelly : Style Icon, rassemble cinquante vêtements et accessoires portées par l’actrice hollywoodienne devenue princesse de Monaco, offrant ainsi aux visiteurs une leçon d’élégance classique intemporelle.
L’exposition Stillness at the Speend of Light, consacrée par la galerie Vinyl Factory à cette grande icône de mode qu’est la chanteuse, actrice et mannequin Grace Jones, propose par contraste une vision résolument plus alternative, à travers une série de portraits innovants en 3D réalisées par l’artiste Chris Levine, qui à travers l’utilisation de laser et la superposition d’images, propose une vision très futuriste de la photographie.
“Grace Kelly, Style Icon”: V&A, Cromwell Road, SW7 (South Kensington)
“Stillness at the Speed of Light”: The Vinyl Factory, 51 Poland Street, W1 (Oxford Circus)
Commentaires
HECTOR VIGO
11H57 14 MAI 2010
À Londres, jeter un coup d'oeil sur The Grampians, immeuble des années 20, dans Shepherds Bush Road, à 15 minutes à pied de Notting Hill.