En 1960, Robert-de-Paris débarque à Palm Springs, en Californie, au royaume du golf et des piscines.
C’est, comme d’habitude avec Robert Doisneau (1912-1994), un hasard malicieux qui redonne vie à des originaux archivés au magazine Fortune et retrouvés en 2007 par son directeur, Scott Thode. Lequel en parle à Jean-François Leroy, de Visa pour l’image de Perpignan, qui en parle aux demoiselles Doisneau, etc. Résultat: ce reportage du photographe, réalisé en novembre 1960 à Palm Springs (Californie), est aujourd’hui exposé à Paris (tirages modernes), doublé d’un livre extra avec un texte très inspiré de Jean-Paul Dubois.
Drôle de paradis que Palm Springs, royaume du golf (19 en 1960, 125 aujourd’hui), où le photographe de Montrouge débarque le 21 novembre 1960, avec un Rolleiflex, un Leica, un Hasselblad. C’est son premier séjour en Amérique, la veille, à New York, il a retrouvé son copain, Maurice Baquet. Sous le soleil de Palm Springs, dans le désert du Colorado, tout le laisse baba, il est selon ses propres mots, « enchanté », même s’il a l’impression d’être «d’un autre âge comme un fauteuil Louis XV sur un aérodrome».
Dans son objectif passent les milliardaires qui «s’ennuient doucement» malgré leurs jouets, piscines, voitures, chiens ou piscines, «sans plongeons ni éclaboussures», précise Robert-de-Paris. Qui se tient en retrait, jamais dans la caricature, ce n’est pas son genre, ou dans l’envie refoulée. Il a, au final, une façon toujours très tendre de s’approcher de cette espèce humaine presque inconnue (mais pour Vogue, de 1949 à 1951, il a fréquenté des gens bien nés).
Tous les portraits de ces étranges Américains, dignes figurants d’un épisode de Star Trek, sont en couleur, ce qui ajoute des grains de folie à l’exotisme de cette récréation californienne.
Exposition à la Galerie Claude Bernard, 7/9 rue des Beaux-Arts, 75006 Paris (01 43 26 97 07), jusqu’au 1er juin. Aussi un livre Palm Springs 1960, Flammarion, 156 pp., 30 euros. Texte de Jean-Paul Dubois.
http://www.best-regards.fr
Commentaires
mk
08H50 22 AVRIL 2010
Etonnantes photos aux couleurs vintage qui laissent entrevoir le regard malicieux de Doisneau, j'adore.