Hampi, ses temples, son site classé au Patrimoine de l'Unesco. C'est beau. Ca sent le propre, la préservation, les grandes causes...
Ca dégouline de bons sentiments, d'attention pour nos enfants, les générations futures qui nous remercieront d'avoir gardé intact ce lieu.
C'est un hommage à la grandeur d'âme humaine, une concession faite à la mère nature, à notre environnement.
Pour un peu, je me mettrais des hibiscus dans les cheveux et partirais en gambadant, les bras battant l'air, frôlant à peine le sol, d'un pas léger, à la découverte de la splendeur conservée de ce site.
Mais ça pue.
La promesse électorale
. Les pots de vin.
L'argent disparu on ne sait dans quelles poches de fonctionnaires haut placés....
Comme souvent en Inde.
Et comme partout en Inde, il me faut ruser pour prendre des photos.
Resserrer mes cadrages pour que n'apparaisse ce fléau de sacs plastiques jetés par centaines de tonnes sur la voie publique chaque jour.
Sans aucune vergogne.
Mais sans autre solution, à leur décharge, le gouvernement comme les régions manquent cruellement de budget pour organiser des déchetteries.
Pas de poubelles publiques, ou si peu.
Qui les ramasserait ?
S'en soucierait ?
Quand elles sont pleines...
Eh bien, elles sont pleines !
Alors il y a à côté, au pied de la poubelle.
Même celle du poste de police dégorge à l'indifférence de tous...
La Police !!!
Avec pour devise : "May I help ?" - Je peux vous aider ?
- Oui, ramasse tes poubelles, ça m'aiderait !
La Police qui ne s'est pas génée d'ailleurs pour annexer, comme beaucoup d'habitants, à coup de briques, de béton, de cloisons branlantes, les anciennes coursives menant à la cité royale et aux temples.
Celles protégées, vous savez, par le truc, là, Patrimoine Mondial.
Unesco.
Aujourd'hui, ces coursives, quand elles ne sont pas habitées, servent de toilettes publiques.
Une belle promenade... si l'on regarde où l'on met les pieds et qu'on ajoute à l'hibiscus planté dans les cheveux, des feuilles de menthe dans les narines.
En grimpant pour découvrir les ruines, on est accueilli, pour peu qu'on y mette du sien pour la dénicher, par une pancarte qui interdit de jeter quoi que ce soit, de fumer, de dégrader les lieux en aucune sorte.
Nul gardien pour faire appliquer les règles; il n'y a malheureusement pas de moyens pour cela.
Et nulle poubelle pour jeter sa bouteille d'eau, son mouchoir, les sacs d'emballage ayant contenu le pique-nique des flâneurs... qui s'entassent au pied des ruines classées.
Entre deux temples, pour le bien-être et les ablutions des fidèles, des bassins taillés à même le granit par les anciens qui ne connaissaient pas le plastique et ne pouvaient penser qu'un jour, y flotteraient à la surface, des bouteilles de sodas, des sacs....
Un peu déboussolé, j'ai laissé les rênes à mon sens de l'orientation défaillant et me suis perdu vers la rivière, le vert, l'eau, la pureté...
Jusqu'à devoir rebrousser chemin devant un mur de détritus balancés par-dessus le mur des restaurants qui souffrent eux aussi du manque de ramassage de poubelles mais ont résolu le problème à la manière indienne.
Déprimé, j'ai retrouvé le temple VIRUPAKSHA, le symbole de Hampi.
Aux abords de l'enceinte, côté extérieur, une fumée âcre m'a fait fâner l'hibiscus et la toux recracher mes feuilles de menthe : à mes pieds et à ceux du Temple, dans ces ruines protégées par l'UNESCO, des tas d'ordures se consumaient mollement, si faiblement que cela n'empêchait aucunement une vache de grapiller son repas, quelques feuilles de cartons, papiers gras et sacs plastiques.
Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes; j'ai été mauvaise langue, il n'y a pas de problème d'ordures en Inde et encore moins sur les sites classés au Patrimoine Mondial.