Proche de Cartier-Bresson, le photographe toujours inspiré par l'Asie, saisit le quotidien des hommes du Tibet pour révéler le portrait sensible d'un peuple.
«Mon voyage au Tibet n’a rien eu d’héroïque. Je n’ai pas marché dans les neiges de l’Himalaya déguisé en pèlerin mendiant comme Alexandra David-Neel et pourtant j’ai pu vérifier que l’entrée au Tibet était un grand bond dans un autre monde».
Marc Riboud détaille ce «grand bond» en 103 photographies prises «au plaisir de l’œil». Il fixe la vie quotidienne des Tibétains, s’attardant dans les rues, où le dentiste agit au grand air, sans façon. Où les pèlerins se prosternent à même le sol, comme s’ils voulaient s’y engloutir. Où les paysans nomades affichent leurs colliers de turquoise, pièces de monnaie utiles pour séjourner à Lhassa. «Ils gardent sur leur poitrine leur coffre-fort, comme nous portons, tous, notre portefeuille», commente Riboud, étonné par ces Tibétains, leurs drapeaux de prières, leurs esprits résistants, la Chine paraît encore bien loin : nous sommes en 1985.
Les Tibétains est un livre joyeux et attentionné. Aux visages comme aux paysages. L’altitude a toujours porté bonheur à Marc Riboud, l’homme qui préfère les brumes. De son peintre sur la Tour Eiffel aux pics de granit du Huang Shan, et ici, face à l’Everest au petit matin, il a toujours son regard d’enfant radieux.
Les Tibétains de Marc Riboud,
Texte de André Velter.
166 pp., 49 euros.
Imprimerie Nationale Editions
www.best-regards.fr