Grâce à Charles Vapereau (1847-1925), Tourangeau érudit, un diaporama aux franches couleurs révèle le Japon de l’ère Meiji.
Peu après la guerre sino-japonaise, Charles Vapereau (1847-1925) décide de rentrer en France après vingt-cinq années passées en Chine. C’est un sinologue réputé, longtemps titulaire de la chaire de langue, littérature et législation françaises à l’École des langues étrangères de Pékin. Comme ce Tourangeau est un authentique curieux, et sa femme Marie aussi, il décide de revenir en flânant par les Indes, Ceylan, la Birmanie et le Japon qu’il connaît
déjà.
Mais, cette fois-ci, conseillé par le fils Nadar, il a dans ses bagages des appareils photo qui vont lui permettre d’immortaliser le Japon sous l’ère Meiji. Mieux: ces positifs sur verre, destinés à être projetés dans la lanterne magique, seront coloriés à la main.
Plus d’une centaine de ces diapositives sont reproduites dans un livre très bien composé, enrichi de textes très informatifs et simples à lire. Charles Vapereau, lui aussi, aime la spontanéité et ses photographies retracent les bons moments de son périple, ses coups de cœur pour un Japon qui s’ouvre au monde extérieur. Dans son objectif, passent les petits métiers, les temples, les enfants se baignant nus dans la rivière, les cerisiers en fleurs, les paysans et leurs manteaux de paille, et toute une série désormais historique sur les Aïnous, bien avant que Leroi-Gourhan ne les observe à la loupe.
Le Japon dans la lanterne magique 1897,
photographies de Charles Vapereau, par Claude Malécot et Christian Fleury,
Editions du Patrimoine, 192 pp., 35 euros.
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