Prendre son temps. Voilà le mot d’ordre de ceux qui décident de voyager sur ces bateaux destinés aux transports de marchandises. Une autre façon de voguer sur la mer.
Voyager en cargo? Au départ, l’idée peut sembler saugrenue pour l’homme moderne habitués aux vitesses des avions gros-porteurs. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, les voyages intercontinentaux se faisaient exclusivement en bateau. "Aujourd’hui, les gens qui choisissent ce mode de transport sont avant tout, ceux qui aiment la mer", explique Françoise de Tailly, fondatrice de l’agence Mer et voyages. "Puis ils aiment aussi avoir la paix", poursuit-elle.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la formule n'est pas particulièrement économique. Une journée à bord d’un navire de marchandise coûte aux alentours de 100 euros. Mais ces voyageurs recherchent en premier lieu une autre idée du voyage. "Sur une croisière normale, on s’occupe de vous. Sur un cargo, on ne vous materne pas", ajoute Françoise de Tailly. De fait, les gens qui optent pour un cargo sont souvent des voyageurs solitaires -dont une majorité de femmes âgées de 50 à 60 ans. Tous ont un point commun, "une certaine vie intérieure", selon la fondatrice de Mer et voyages et la ferme intention de fuir le tourisme de masse pour se retrouver avec eux-mêmes. Sur ce type de bateau, les marchandises ont la priorité. Une escale peut être programmée ou annulée en fonction des ports.
La vie lors de ces traversées tourne autour de la mer, du bateau et de l’équipage. Vivre à bord d’un cargo, c’est d’abord une aventure humaine, une envie de coupure avec le quotidien. Car ce genre de voyage peut durer des semaines selon la distance. Peu importe, "ils n’ont pas envie de vivre la croisière s’amuse" conclut Françoise de Tailly.
Notre reportage: Cargo trip
De Singapour à Los Angeles, embarquement sur le «Punjab Senator», l’un des plus gros cargos du monde. Trois semaines à l’ombre des conteneurs et au rythme de la marine marchande.
Lire notre reportage.
Commentaires
Denis
18H18 12 MARS 2009
J'ai fait l'expérience d'un périple en bateau cargo de Salerne en Italie jusqu'à Limassol à Chypre durant l'été 2007. Un périple superbe. Mon intérêt premier sur cette liaison maritime était qu'elle me permettait d'embarquer mon véhicule personnel sur le navire (moyennant bien sûr des frais supplémentaires) alors qu'il n'existe aucun ferry reliant Chypre (République de Chypre) même de Grèce. Il existe par contre des liaisons régulières entre la Turquie (Tasucu) et la République Turque de Chypre Nord. Plusieurs points de passage pour véhicules permettent de passer facilement dans un sens ou l'autre de la "ligne verte" coupant l'île de Chypre en deux. Quant au périple donc sur le navire cargo de Salerne à Limassol de la compagnie Grimaldi, celui-ci fait escale au Pirée, à Izmir, à Alexandrie, à Ashdod. Les passagers ont le loisir lors de ces escales de descendre du navire ou de rester à bord (généralement la durée de l'escale est d'une demi-journée). A noter que l'entretien des autorités israéliennes en présence du commandant du navire est aussi rigoureux que lors de l'arrivée à l'aéroport de Tel-Aviv. Comme le dit l'article c'est une vraie aventure humaine loin du tourisme de masse. De tels navires cargo existent à ce que j'ai entendu dire au Canada, en Scandinavie. Les réglements internationaux permettent un maximum d'une douzaine de passagers à titre individuel sur de tels navires cargo.
Anita dos Bois
17H32 11 MARS 2009
Pour les parisiens,
Tous les premiers mercredis du mois, les voyageurs en cargo mais pas seulement se retrouvent au Cargo club, devant la librairie Ulysse, rue St Louis en l'île.
Echanges, histoires et bons plans, un chouette rendez-vous.
*bring your drink / club suspendu les jours de pluie.