Politiques 15/11/2009 à 14h18 (mise à jour à 18h46)

Pour Peillon, Royal s'est «disqualifiée» pour 2012

L'eurodéputé a déploré la venue de la socialiste, samedi à Dijon, aux rencontres du Rassemblement qu'il organisait avec des représentants du PS, du PRG, du Modem et d'Europe Ecologie. Royal avait fustigé son «dérapage verbal».

727 réactions

Libération.fr

Vincent Peillon, à l'université d'été du PS à la Rochelle, le 29 août (Stephane Mahe / Reuters)

Un week-end de petits tacles entre anciens amis. Très agacé par la venue surprise de Ségolène Royal aux Rencontres du rassemblement qu’il organisait samedi à Dijon - voulue sans présidentiables -, Vincent Peillon (PS) a tenté d’avoir le dernier mot, ce dimanche sur Canal +. Estimant que la présidente (PS) de la région Poitou-Charentes en s’auto-invitant, samedi, est «venue, d'une certaine façon, abîmer un événement politique majeur», l’eurodéputé considère qu’elle s’est «disqualifiée»: selon lui, Royal «ne pourra pas faire gagner» la gauche en 2012.

«Tous les opposants à Nicolas Sarkozy veulent gagner ensemble en 2012 et de quoi parle-t-on ce matin? On parle de Ségolène Royal et de la bisbille entre socialistes, c’est lamentable», a-t-il déploré.

Rétorquant à son ex-lieutenant qui, mis devant le fait accompli, avait déclaré sa présence à cette rencontre d’anciens communistes, de socialistes, d’écologistes et de centristes du Modem, «pas désirée», Royal l’avait accusé de «dérapage verbal».

Réponse tout aussi cinglante de l’intéressé: «J'entends Ségolène Royal dire "je vais recadrer". Mais il faut qu'elle se recadre elle-même.» «Je crois qu'elle voulait se recadrer dans un mouvement qui lui échappe», a asséné le chef de file du courant l’Espoir à gauche qui avait soutenu Royal au Congrès de Reims, en rappelant l'absence de celle-ci à la première rencontre organisée le 22 août à Marseille.

«La politique c'est rassembler, pas exclure»

Quasi au même moment, Royal a fait mine de jouer l’apaisement: «L'incident est clos. La politique c'est de rassembler et de ne pas exclure et que chacun se comporte respectueusement, paisiblement sereinement», a-t-elle affirmé, lors d’un meeting pour lancer sa campagne régionale à La Crèche (Deux-Sèvres).

Interrogée, de nouveau, après son discours, sur les déclarations de Peillon, elle a éludé: «Je ne veux pas polémiquer.» Mais y est tout de même allée de sa petite leçon de politique à l’adresse de l’eurodéputé: «Personne ne peut parler au nom des militants et des électeurs. Il ne faut pas oublier ces règles de base», a-t-elle conclu, manifestement décidée à reprendre la main sur le principal courant du PS, issu de sa motion au congrès de Reims.

Porte-parole de Ségolène Royal, Guillaume Garot a demandé à Peillon de baisser d’un ton: «Il faut que ça cesse. De très nombreux militants sont choqués par ces agressions verbales répétées» contre l’ex-candidate à la présidentielle. «Mieux vaudrait aujourd'hui parler du fond, des propositions qui ont émergé hier à Dijon durant ce beau week-end politique», s’est-il radouci.

Vos commentaires

727 commentaires affichés.

À la une de libération.fr