Politiques 26/04/2010 à 11h36

Le nouveau dérapage de Jean-Marie Le Pen

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Jean-Marie Le Pen sort du bureau de vote, le 21 mars 2010 à Saint-Cloud. (© AFP Miguel Medina)

Le président du FN, Jean-Marie Le Pen, a déclaré dimanche soir que «feindre de croire que le maréchal Pétain était responsable de la persécution des juifs pendant la guerre était une pensée scandaleuse», car «les juifs français ont bénéficié (…) de l’action de (son) gouvernement». Invité du Grand jury RTL-LCI-Le Figaro, M. Le Pen était interrogé sur la venue dimanche pour la journée de commémoration du 65e anniversaire de la libération des camps de concentration de Gilles Bernheim, premier grand rabbin de France à faire un tel déplacement.

«Il l’a peut-être fait aussi en remerciement de l’action du gouvernement de Vichy», a avancé le président du Front national avant d’ajouter: «Ce qui est assez remarquable dans l’histoire des juifs d’Europe -il est mort hélas trop de juifs mais 29.000 juifs français et au total 80.000 morts ou disparus résidents- c’est que si on compare cela au traitement infligé aux communautés juives de Belgique, Hollande, Danemark… on s’aperçoit que les juifs français ont bénéficié, somme toute, d’une indulgence que leur a valu l’action du gouvernement français».

«Feindre de croire que le maréchal Pétain était responsable de la persécution des juifs pendant la guerre, c’est une pensée scandaleuse. Adolphe Hitler ne demandait pas l’autorisation à Philippe Pétain de faire ce qu’il voulait faire (…) nous étions occupés et cette occupation faisait des troupes allemandes les responsables de la vie des Français», a-t-il poursuivi.

«Indécence sans limites»

Comme on lui rappelait «les lois antijuives» du gouvernement de Vichy, il a rétorqué: «Les lois antijuives n’allaient pas jusqu’à la déportation».

Quant à la rafle du Vel d’Hiv, il a répondu qu’elle n’avait «pas été d’initiative française». Alors qu’on lui soulignait que la police française avait participé à cette rafle, Le Pen a répliqué: «Alors pourquoi a-t-on donné la fourragère de la Légion d’honneur à la police parisienne si elle était aussi indigne que cela?» Il a relevé que des juifs qu’il avait rencontrés avaient «réussi à échapper à l’arrestation» car «des policiers et gendarmes les avertissaient».

Lundi matin, l’ancien ministre et président d’honneur du PRG, Roger-Gérard Schwartzenberg, s’est insurgé contre ces déclarations. «L’indécence de Jean-Marie Le Pen serait-elle sans limites, demande M. Schwartzenberg dans un communiqué. Le jour même où notre pays honore le souvenir des déportés, le président du FN (…) fait l’éloge de Pétain, évoque sans aucunement le condamner le statut des juifs édicté par celui-ci et semble vouloir ignorer que la rafle du Vel d’hiv a été organisée par René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy, et exécutée par 4.500 policiers aux ordres de l’Etat français», poursuit l’ancien ministre.

(Source AFP)

 

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