D'un côté de la route: des maisons blanches à terrasses ou à toits à quatre pentes qui se massent autour d'un minaret ou qui ondulent à flanc de colline au gré des mouvements du terrain...
Et qui prennent leurs marques le long de petits murets dessinant les escaliers des terres cultivées. De l'autre côté: des cubes blancs plantés en cercle au sommet d'un mont ceinturé en plusieurs rangs concentriques par d'autres bâtisses identiques aux toitures rouges qui paraissent au garde-à-vous.
D'un côté, la ville palestinienne; de l'autre, la colonie israélienne en Cisjordanie. Une architecture militaire qui martyrise le paysage comme l'occupation maltraite les populations. On l'a lu et relu, bien sûr, mais il faut le voir pour en prendre toute la mesure. Certains chercheurs parlent d'un maillage de colonies sur les points dominants pour tenir le territoire qu'une démographie juive insuffisante ne permet pas de peupler totalement. Les toits rouges et les structures si identifiables seraient des indicateurs de vol pour les avions de la chasse israélienne. Au sol, en tout cas, l'œil perd vite sa naïveté et identifie aussitôt la différence.
On a du mal à comprendre comment ceux qui assurent que Dieu lui-même leur a confié cette terre peuvent à ce point lui manquer de respect. Moïse aurait-il tant souffert pour n'offrir à son peuple qu'une vaste carrière où l’on étête les montagnes, on tranche des voies rapides à vif dans les vallons, on écrase les terrasses d'oliviers pour dresser un mur de béton?
Ramallah, le 24 novembre 2004
Prix : 15 €
ISBN : 978-2-914214-41-4
Riveneuve editions
75, rue Gergovie
75014 Paris
Commentaires
Visiteur du matin
08H49 05 AOUT 2008
J'y étais cet été. Vous avez raison : d'un coté c'est moderne, de l'autre c'est le Moyen-Âge, dans l'architecture mais aussi dans les têtes. Vous devriez relire Rousseau et vous réveiller du mythe du "bon sauvage".
Perso je préfère la civilisation, mais chacun son choix ...